L'ANIMAL SOUS LE SIGNE DU TAUREAU !...
PARLONS-EN
L'Homme dans ses rapports à l'animal demeure et se maintient aussi bas que l'autorisent la tradition, les us et coutumes, les artefacts des sociétés primitives ou bloquées. Il s'affiche et se dresse toujours plus cruellement face au monde animal, du moins à travers son genre et son mode de vie. Il évolue ainsi du statut d'acteur à celui d'affidé malgré lui dans le sombre tableau de la réalité et d'une subsistance empêtrée d'idées reçues.
On se demande si la souffrance animale n'exacerbe pas les bourreaux dans leurs menées ignominieuses et barbares. D'autre part, à l'inverse et pour le compte des humains, l'animal ne pourrait plus ne pas être, soumis qu'ils sont aux instincts sordides et dominateurs. Là, à ses pieds, disséminé sur terre, il veille à la survie, au confort, à l'opulence de l'humain comme s'il eût été conçu pour cela, pour lui, aux seules fins d'être décimé, élevé pour périr ou souffrir jeune. Quels Chapitres des Livres saints consacrent au " règne inférieur " tous les égards et les attentions qui leur seraient dûs afin que l'on respectât la Vie dans son ensemble ? Référons-nous à Genèse, c'est édifiant, le sort des animaux aura été scellé, voué aux gémonies !
Mais la Souffrance ?
Le Créateur se serait évertué à concevoir la diversité, tant de différences, l'extrême beauté et l'innocence, la brutalité et la férocité de la sélection naturelle par le plus fort afin que le Prédateur suprême ait à choisir et à cibler ses proies, ses victimes à l'instar même d'un modèle immuable, génétiquement programmé ? L'animal, un caprice, un jeu, l'exutoire planétaire capable d'endiguer le mal social, le coût civilisationnel, du progrès, de la décadence, de transporter les guerres ...! L'animal vécu comme ces biens culturels accommodés selons les modes, les tendances, les rigidités des groupes socio-culturels emplis de vérités et de sectarismes condescendants, enclavés, juchés entre la sensiblerie et le rôti bien tendre ...
Sont- ce là aussi des arguments qui l'auraient poussé à partir en chasse contre le gibier noble et puissant muni d'armes de plus en plus sophistiquées, disposé ainsi à faire valoir cette volonté de la puissance dévoyée des empires en guerre contre la bête immonde à travers le monde ?
L'animal et l'homme selon la Pensée Occidentale, en certaines contrées étaient si proches que le Colon ne les différençiait pas avec l'absolution des Eglises.
Car il existe l'Art du bien tuer, proprement !... Et l'animal aurait ainsi été la proie des fantasmagories d'une littérature prolixe, de cet art majeur érigé en contes et légendes venus soutendre, ourdir les desseins meurtriers et belliqueux de l'homme en lutte contre la bête, pour dominer, se faire valoir " bêtement " !
Non, cela ne tient pas debout. Et l'on aura vu les civilisations florissantes juchées entre la poésie, la philosophie, les grands monothéismes naissants, les idéologies et les célèbres précurseurs de nos Institutions modernes, le faste de la Renaissances, le Positivisme des Lumières associer le sang, le spectacle du combat et de la lutte, éradiquer ou asservir l'Animal à très grande échelle pour le meilleur des hommes et pour le pire de la créature inférieure.
Mais il est un des faits majeurs de la Civilisation capable d'exploiter odieusement les atavismes fondamentaux inhérents à l'espèce noble et de les confronter afin qu'ils n'en deviennent que plus virulants, arborant et défendant à corps et à cris les expressions paradigmnatiques des racines, de la culture, du patrimoine et des grands sentiments qui meuvent et nouent les générations et les acquis distinctifs entre elles ! et en cela, l'Animal est devenu la victime perpétuelle susceptible d'assouvir vilement les instincts, d'aiguiser les comportements d'agression et les penchants à la catharsis, intrônisants ces exutoires sanguinaires. La violence sublimée que le Patrimoine entretient religieusement sous la bannière des acquis majeurs et de la mémoire imprescriptibles de l'humanité perdure, s'arrime et passionne plus que jamais.
Je pense très sincèrement que bien des passions humaines totalement dévouées à l'homme, à l'animal, à la vie, non lucratives et sans la souffrance devraient concourir face à de telles engeances séculaires perpétrées contre les animaux. Et non contents de se repaître au quotidien, l'homme se perd, se trahit, se complait dans le spectacle affligeant et infamant du sang versé par l'épée, le couperet, le merlin d'antan, les paris hideux lancés lors des combats d'animaux ignobles, ces chasses à courre et leurs sbires en livrées qui ont la vie dure encore de nos jours, l'expérimentation animale dépourvue des garanties incontournables du respevt de la vie, de l'exécration même de toute idée de souffrance, fût-il à des fins sanitaires, humanitaires et de survie de populations à risques.
Oui, la Culture, le Patrimoine, ces prétendues richesses élevées au rang solennels de l'imprescribilité, de la légitimité historique et culturelle nous ramènent aux Calendes Grecques, à Spartes, aux jeux du stade et aux Colisées, à la quintessence de la lutte et du combat où seule la mort départage les protagonistes de l'assaut, lorsque l'homme aime à voir surgir le dominant entaché de sang, adulé par une foule en délire qui crie : " à mort ". Curiosité impressionnante, incomprise, rebutante à qui observe de loin la foule face à la sentence fatale d'un seul être, d'une bête, d'un animal qui ne demande qu'à paître dans le champ et à se reproduire...
Il n'y a pas de rites, de fondements cultuels sérieux qui présideraient à de telles manifestations de masse où l'appréhension de la mort bravée, l'abnégation, le courage, l'art même de toiser la bête à cornes dans toutes ses férocités prévaudraient et justifieraient de telles mises en scènes, une telle fantasmagorie à ciels ouverts mêlées de bave, de sang et de poussière.
Le Défi, le risque extrême au péril de la vie, ce geste incalculable précis et fluide que les cornent esquissent et travaillent dès le plus jeune âge, ces gestes sertis par les siècles et l'amour. L'amour éperdu dans le combat des titans et des demi-dieux, pantomime macabre et festive où l'homme accepte le combat et l'hypothèse aussi de la mort, détenteur désormais du pouvoir que seul Dieu était en mesure d'accorder à son fils, commuée en sanction, en punition, l'animal vaincu et sacrifié devant les foules en délires venues exulter face à de pareils défis transcendants parce qu'ils consacrent l'infériorité animale, la sublimation pathologique de l'instinct de dominance partagé qui rend davantage compte des troubles de l'homme livré à lui-même, à ses déraisonnables dérisions...
Non, ce n'est pas un sacrifice, encore moins une offrande, la perpétuelle question de la Mort adressée à Dieu que viennent chercher dans les arènes les foules en situations de dérélictions.
Serait-ce peut être le sentiment rassurant de vivre et de ressentir, d'éprouver par procuration, dans l'antichambre de la mort déplacée, le grand questionnement et l'éclair de vérité que nous devrons tous affronter un jour ? Qui sait ...! Mais ce partage morbide grevé de douleurs et inondé du fluide vital, que l'arme blanche honore au seuil du faste et de la sophistication du geste, du geste guerrier fouillant la chair au-delà du verbe incapable et vaincu, croyant honorer l'esprit ou l'immanence de la mort inexpliquée, insoutenable, instant auquel on se prépare peut-être lentement !
L'enjeu n'en devient que plus gratifiant et qui justifie un univers d'idoles, d'histoires et de récits des valeureux tombés, à venger toujours ; idôlatrie, iconostase vivante du passé au coeur même de ces mornes arènes, où la vie fermée, les hommes emprisonnés dans leur prison d'un rêve, les hommes et les bêtes, au nom brutal d'un jeu inégal exorcisent ensemble la peur de rendre l'âme ; conjuration hautement inégale, sentence sacrificielle d'un autre temps, le plus souvent aux dépends de l'animal qui tarde à expirer sans se cacher et qui doit passer par les Actes armés d'une mise en scène hautement étudiée, aux intrigues les plus sombres et les plus torturées et torturantes.
Il est vrai que tout en se gavant de viande, l'humanité acceptera mieux le spectacle de la bête mise à mort ; on la veut faite pour cela, apte au combat et capable de tuer, pour l'attaque que l'on souhaite la plus féroce qui soit. Mais l'animal au préalable travaillé au corps, affaibli, désorienté, enragé, apeuré. Et c'est à ce moment, après avoir été mille fois trompé, pénétré dans sa chair sanguinolente, que la mise à mort trouvera l'opportunité de la précision, que le courage et le verdict fatals s'enfonceront dans le garrot de la bête mugissante de douleur.
On ne dit pas assez souvent que la Danse Flamenca serait profondément ancrée et rivée à la Tauromachie dont elle tirerait à la fois son inspiration, la scénographie, les formes de corps et l'inépuisable pantomime d'une gestuelle empreinte de l'expression de la douleur, du sentiment, de la mort, de la dominance et de la passion, enfin tout un univers propice à l'émergence d'un contexte dont l'Art et l'imaginaire débordants en constitueraient le puissant ferment ?
Mais ne trouve-t-on pas aussi et plus reculées dans l'histoire et vers l'Orient les racines du Flamenco, ces prémices de la danse gitane qui exaltaient les peuples du voyage avant que ces biens culturels ne fussent repris et codifiés plus récemment en Europe et notamment en Castille, en Andalousie où ils se seraient établis et enrichis, diversifiés...
De tels spectacles ne sont pas de nature à élever le siècle, à le blanchir, à le servir. D'ailleurs, l'immense holocauste journalier qui s'opère dans les abattoirs du monde entier pour nourrir l'humanité de chairs absolument inutiles et hautement toxiques demeure autant inepte et insipide.
Quant à la Chasse amateur ou professionnelle, ces pratiques d'une autre ère catapulte ses détenteurs aux rangs des premiers hommes à la seule différence que ces derniers se nourrissaient pour survivre alors que notre temps, on chasse et on tue pour le plaisir aux profits d'une industrie ; ce n'est pas la même donne !
Spectacles payants, véritables manifestations populaires, jeux du Cirque, industries et commerces, affiches et vedettes, idoles comme champions se hissent au hit parade des valeurs humaines à côté d'une mort injuste, inégale, préméditée, lucrative, ludique à des fins dont ont peut douter qu'elles soient saines.
J'abhorre cette indifférence in-humaine face au spectacle de la souffrance et de la mort inégale, la bête sur la route qui pourrit des jours durant sur le chemin du devoir, ces safaris de la bêtise, le vaste pogrom de la vie sur l'autel de la suffisance de l'animal le plus vile sur terre.
Le faste, l'art pour l'art à de telles fins, la tradition, le peuple, les racines, la mémoire et son corollaire le patrimoine ne sont plus rien, ne veulent plus rien dire quand ils exhibent dans la liesse le trépas et les vomissures de sang de l'animal défiguré. Et je ne pense pas qu'il parvienne à la transfiguration par l'épé, les passementeries maculées de caillots carmins, l'image de ces chevaux soulevés de terre et encornées par le chantre sauvage de la force bravée.
Oui, l'homme se devait d'être le plus fort, l'animal doué de raison, le génie de la terre, le Fils de l'Homme élevé au rang des anges rachetés...
Il aura été cette créature capable de générer et d'orchestrer ces sociétés ignobles dont les coûts s'élèvent à des centaines de millions de morts. L'art de la guerre, de si mal vivre en communauté, de festoyer entre Dionysos ou Bacchus et Dieu, l'auront hissé, aveugle, aux rangs de bourreaux et d'exécutants des multiples et mortelles mascarades de notre temps. L'Art aurait ses limites dans les seules sphères de l'humain. Mais ouvert sur le Ciel, l'Art le transcende et le purifie. Le sang versé ne participe pas de la purification ni du rachat mais d'un crachat à la face de la vie...
A SUIVRE ET EN COURS D'ECRITURE
EN CE TEMPS LA ...
J'enchâsse ce texte entre les jambages d'une porte de chapelle comme l'existence qui bat de la naissance à la mort ; comme l'on peut être aussi après avoir traversé les vantaux de la conscience, en Esprit
La pierre figera encore les pas
L’empreinte des terroirs
Accompagne languissante
Le ruisseau mélodieux des fissures
Une treille ombreuse cache
La source et son calice
Qui chuintent et qui nous appellent
Entre le ciste et le myrte
Et j’entends l’écho des époques
Lisse comme une marche
Innombrable et silencieuse
Le peuple vénérable des arbres
Sur le parvis des siècles
Au frontispice des masures
Ces linteaux en corbeaux
Gravés de sigles hiératiques
Qui ourdissent encore
La veille et le sommeil
Le labeur et le repos solennels
De la longue et fidèle lignée
La vaste remembrance
De ce flot d’absences amènes
L’attente fébrile des saisons
Quelque songe une larme lointaine
Voyagent au cœur d’une pensée
Le regard de la vallée esquisse
L’exil et l’azur fabule l’Orient
Que les passereaux ravissent
Du chant multiple des amours
L’horloge s’est arrêté au cadran
Des étoiles Vertige solaire
En la tendre lumière de mai
Lorsque tintent les sonnailles
Et l’estive dont je demeure
L’hôte joyeux et le pèlerin
Le foyer renaissait chaque aurore
L’angélus conviait à Vêpres
Tandis que l’âtre religieusement
Exhalait les champs mûrs
Et l'orge grillé
Les fruits lourds et abondants
Des jardins et des vergers
En ce temps là on veillait
Auprès du feu et de l'hiver
Les contes chamarraient D’argent
L’indigent comme le pieu
Promis aux richesses éblouissantes
De la terre et des monts
Mes yeux ont décelé les gonds
Sur la dalle de granit blanc
Une profonde échancrure
Béante
La chapelle aux yeux hagards
Et sans ses paupières de chêne
Entonne la longue litanie
Des vents et des marées
Qui vont et naufragent
Au large de la nuit perpétuelle
Ils ensemençaient ensemble
Le cours sacré des rêves
Comme le ciel et ses nuages
Fécondent l’antre prodigue
Des noms qui se rappellent
Au sacre immuable des racines
§
VIOLETE MAURICE
PRIERE AU CREATEUR
Si tu pouvais, parfois, ouvrir ta paupière
Toi que nous invoquons depuis la nuit des temps
Dans le matin qui saigne et l’ombre qui s’étend
Ne peux-tu t’éveiller de ton sommeil de pierre ?
[…]
Il suffirait d’un rien pour changer toute chose.
S’il est vrai que c’est toi qui créa la lumière,
Toi qui créa le ciel et qui créa la rose,
Qu’attends-tu pour sortir de ton sommeil de pierre ?
Incandescence
Éd. Encre Marine.
Guerre du Viet Nam
P.ELUARD -
LES VENDEURS D'INDULGENCE
Ceux qui ont oublié le mal au nom du bien
Ceux qui n'ont pas de coeur nous prêchent le pardon
Les criminels leur sont indispensables
Ils croient qu'il faut de tout pour faire un monde.
*
Écoutez-les ils prêchent haut
Nul n'ose plus les faire taire
Ils ont des droits écoutez-les
Écoutez cet écho d'hier
Qu'il résiste ou qu'il capitule
Un général en vaut un autre
Des Français habillés de vert
Sont quand même de fiers soldats
De bons canons pour l'ennemi
Sont quand même de bons canons
Et plus il possède d'esclaves
Plus le maître a de raisons d'être.
*
Les femmes d'Auschwitz les petits enfants juifs
Les terroristes à l'oeil juste les otages
Ne pouvaient pas savoir par quel hideux miracle
La clémence serait ardemment invoquée.
*
Il n'y a pas de pierre plus précieuse
Que le désir de venger l'innocent
Il n'y a pas e ciel plus éclatant
Que le matin où les traîtres succombent
Il n'y a pas de salut sur la terre
Tant que l'on peut pardonner aux bourreaux.
***
Paul ELUARD
Au Rendez-Vous Allemand
Pages - 52 / 53
Édition : Minuit
Déportés à AUSCHWITZ
MILEMA_ARTE ...?
SANS FRONTIERES
A travers la Poésie, la Musique, la Danse, la Prose, les grands Littérateurs, la Diversité Culturelle, des références à l'Histoire rapportées par le Roman, l'Art, la Religion, la Pensée, l'Actualité, la Société ; voici un petit bout de chemin qui espère et attend la Civilisation... Et puis de temps à autre, du moins je le voudrai, quelques fantaisies, Peintures et Bois flottés, ces humbles délires ouvrés par des mains usées ...!
Bien des Chapitres sont encore à ouvrir, à rouvrir parfois et Hélas !
MILEMA_ARTE
A suivre tant qu'il subsiste un brin d'espérance dans le ciel sombre d'une histoire à écrire un jour peut-être ensemble au présent et non des Décennies après. Milema_Arte affectionne tout particulièrement les Grands Classiques de la Littérature ; la quête est infinie, aurions-nous le temps de Lire à la lumière apaisante des Siècles passés afin que lentement le Génie immense qui habite l'humain soude la multitude et anime les voies de l'Esprit et de la Sagesse universelle dans son ascension vers le point Oméga
!
Les Créations présentées sur le Site ne font l'objet d'aucun commerce... Il s'agit d'un simple partage d'idées, n'en déplaise aux médisants !
CIVILISATION ... PINK FLOYD
BRAIN DAMMGE
ECHOES - INTERVIEWS - LE GROUPE - EXTRAITS - IMAGES DE POMPEII
Une interprêtation magistrale " Echoes " lors du Live de Pompeii en 1972 ! Inoubliable, transcendant, révélant le merveilleux et le rêve, mille songes qui explosent dans la tête, cette quête d'amour lancinante projetée à la face des constellations et des supernovas, de la création, de Dieu, ce cri qui déchire : Pourquoi, pourquoi le Vietnam, le Biafra, l'horreur, la guerre, la souffrance sur la terre, la planète bleue ?
Pourquoi l'opprobre, ces masacres, la spoliation de la beauté, la négation de la Culture, de la pensée et de la prière, de toutes les Prières ...
La Musique comme un Art mageur, la transcendance vers l'Esprit perpétuel que la danse et la transe du geste transmuent aux confins de l'âme, au-delà des mots pour dire tous les maux infectes d'une réalité aux abois, désespérée, désespérante, condamnée à saigner.
Non, ils ne sont pas morts pour avoir passé et traversée la Terre, le Ciel. On eut cru, un moment rêvé avec ces fusées, ces vaisseaux lancés à la recherche du Ciel, de Dieu, flèches tirées pour percer le secret de l'Univers, de l'Amour, de la Vie, de cette Déréliction que tout un chacun visite un moment à ses dépends.
Une oeuvre étonnante, emplie des mystères de l'Existence, des humanismes ... Vouloir briser le mur, l'enclave des mots avec les notes étranges de l'Inconscient, de la Révélation, de l'imaginaire au seuil de la Vérité.
La Voix transfigurée, défiant le Vésuve, les siècles, l'Atome pour rayonner dans le Concert des étoiles et des champs de fleurs ...
Ils jouent de la guitarre sur les rais des étoiles familières et le voile diaphane des cascades ; leur chant est un cri à la vie, au baiser, à la louange d'Omega !
La lave coule et ce n'est pas le sang de la terre versé en vain ; retiens cela Homme de demain...
Oui, une oeuvre qui visite déjà l'avenir des arènes sordides du passé... Ils réveillent les regards hagards des idôles, rassemblent la mosaïque des années, ces larmes de carthage polies qui affolent toutes les questions des petits enfants au bord de la Grande Bleue.
Et les astres scintillent, miroitent, éclatent dans leurs splendeurs comme l'Apothéose d'une conscience érigée en Vaisseau sidéral dont toutes les voiles pousent vers le même port ...!
Faut-il encore que l'Homme s'acharne sur l'homme quand le destin frappe aux vantaux de la Terre en vie, en ébulition, quand l'oeuvre inachevée de Genèse balbutie toujours à tarvers l'immensurable épanchement de l'Univers, les forces aveugles et dévorantes du destin ?
J'avais 22 Ans et je rêvais de l'Univers, je m'endormais en écoutant en sourdine " Us and Them ", j'aimais aussi pour la première fois ! Les rivages du Gabon dansaient sur fonds de baisers les vagues à l'âme de la Vie, d'une vie...
Mais la batterie reprend, le monde bascule, les dunes des déserts s'étiolent comme le vent de sable, le simoun, c'est le chaos, l'infiniment grand que la Musique mime, pantomime des mondes révulsés qui témoigne du souffle abyssal de l'univers ex-pensé !
Vous verrez ici un chien interprêter avec le groupe Pink Floyd un Blues splendide !
Marin
THE DARK SIDE OF THE MOON
SHINE ON YOU CRAZY DIAMOND
THE WALL
LIVE ECHOES IN GDANSK
GEANT LE FINAL APOTHEOSE
§
LANGAGE - MAURICE BEJART ET JACQUES BREL ...
Immenses Artistes et Poètes
§
LES MONDES QUI ME FONDENT ...
§
_ Mais dis-moi toi qui portes et emmènes ce corps
Là où mes sens reçoivent l’absolution du jour
La sanctification sans fin de la nuit des étoiles
Errant - à la recherche du long cours des choses
_ Es-tu bien réelle Toi aussi Hirondelle qui traverse
Ce bras de mer et le chœur délié des vents
_ Perçois-tu alors ce que uniment L’Au-delà noue
A nos yeux et qu’une prunelle si profonde
Et si petite suffit à confondre et embrasser
En l’instant insigne d’un seul regard
Comme un sourire à l'immensité
Je ne sais si du Tout je puis enfin t’annoncer
Tu te récries toujours enclin à révéler la Voie
Et pourtant ne te réclames-tu pas de la beauté
De la diversité en leur vaste candeur
Tout cela ne procède-t-il pas
De la Vérité quand du fleuve montent
Toujours cruelles les créatures les plus fortes
S’abattant sur l’innocence des anges
Et c’est ainsi que je vais au fil des chemins
De terre des sillages et des vents
Jucher l'existence entre les figements de la terre
Et l’universelle fluidité des océans penser
Oser la délirante margelle qui ceint le puits des mondes
Souffrir la fracture des compositions éblouissantes
Dont tu revendiques éternellement l’harmonie
Les visages convulsés de la pierre et des statues
Tels les os de la terre et ses métamorphoses sans âges
Retiennent immobiles et innombrables
Le flot rouge sang et bleu marine des poètes
Tandis que la mer à leurs pieds s’épanche et s’émeut
Du vacillement perpétuel des astres et de la lune
Je sens qu’il manque à ce théâtre l’essentiel
L’impalpable et unitive scansion divine
Le calice universel où un moment
Comme l’éclair l’humanité cristallise
De ces actes que tout oppose et sépare
Entre osmose et tragédie
Dans l’immanence convenue de la matière accomplie
Modelée et pétrie aux tours magiciens du temps
A l’instar du réel ou du néant de l’inanimé
D’une larme à la paupière du verrier
Du bien et du mal dont l’étant à jamais empreint
Ne saurait hélas se déprendre et oublier
Je marche et je respire aux confins de l’invisible azur
Le Ciel a réveillé en moi l’incommensurable
Dont je sens les délicieuses caresses l’haleine
Les ineffables senteurs et les douceurs des saisons
Et Sagesse pour un songe aura cru
En l'argile des mots
Oui cet antre sidéral aurait repoussé le vide
Vers les étoiles sans nombres et lointaines
Né des noces indéfinies et fécondes
De la terre et de l’eau qui vont prodiguer
A l’écharpe à l’écheveau virginal des nuages
Les fruits mûrs les semences d’une bonté céleste
Où la destinée le hasard et la nécessité
Ne sauraient à eux seuls éclairer durablement
La solennelle alchimie et la soif d’existence
Que les nimbes ou les vagues du Ciel esquissent
Au nom de la brise des tempêtes et de la pluie
L'enceinte éthérée dont je suis enfin
Miraculeusement abreuvé
Qu’un seul instant se rompt la noria de l’azur
Et c’est le défilé de l’être qui s’effondre
Une onde l’horloge imperceptiblement brisées
Et l’archet des vents sur les voiles de l’âme
Réduit la Voix et le Cap au silence à la nuit
_ Parle-moi de celui qui hante et fonde le souffle
Le pouls de la mer le rêve blanc les limbes
La migration des fleurs et des déserts
Serait-ce l’énergie la lumière l’éternité
Et la Connaissance dans tout cela !...
Le regard en conscience ou l’Esprit qui d’en haut
Verse les larmes de l’émerveillement et de l’émoi
Et que la chaleur de l’amour transcende
Dans la paix de ces havres perdus à jamais encensés
Des hommes ont évoqué et loué
Sans le nommer le Grand Esprit
Saurions-nous un jour pourquoi
Le mal
Un si long décours
?
1 ère Ecriture : perpétuité
ROMEO ET JULIETTE - EXTRAIT -
Ballet Maurice BEJART
ACTE III - SCENE III
LAURENCE à ROMEO
Retiens ta main désespérée ! Es-tu un homme ? ta forme crie que tu en es un ; mais tes larmes sont d'une femme, et ta sauvage action dénonce la furie déraisonnable d'une bête brute. Ô femme disgracieuse qu'on croirait un homme, bête monstrueuse qu'on croirait homme et femme, tu m'as étonné !... Par notre saint ordre, je croyais ton caractère mieux trempé. Tu as tué Tybalt et tu veux te tuer ! tu veux tuer la femme qui ne respire que par toi, en assouvissant sur toi-même une âme damnée ! Pourquoi insultes-tu la vie, au ciel et à la terre ? La vie, le ciel et la terre se sont tous trois réunis pour ton existence ; et tu veux renoncer à tous trois ! Fi ! fi ! tu fais honte à ta beauté, à ton amour, à ton esprit. Usurier, tu regorges de tous les biens, et tu ne les emploies pas à ce légitime usage qui ferait honneur à ta beauté, à ton amour, à ton esprit. Ta noble beauté n'est qu'une image de cire, dépourvue d'énergie virile ; ton amour, ce tendre engagement, n'est qu'un misérable parjure, qui tue celle que tu avais fait voeu de chérir ; ton esprit, cet ornement de la beauté et de l'amour, n'est est chez toi que le guide égaré : comme la poudre dans la calebasse d'un soldat maladroit, il prend feu par ta propre ignorance et te mutile au lieu de te défendre. Allons, relève-toi, l'homme ! Elle vit, ta Juliette, cette chère Juliette pour qui tu mourais tout à l'heure : n'es-tu pas heureux ? Tybalt voulait t'égorger, mais tu as tué Tybalt : n'est-ce pas heureux encore ?
La loi que tu menaçais de la mort devient ton amie et change la sentence en exil : n'es-tu pas heureux toujours ? Les bénédictions pleuvent sur ta tête, la fortune te courtise sous ses plus beaux atours ; mais toi, maussade comme une fille mal élevée, tu fais la moue au bonheur et à l'amour. Prends garde, prends garde, c'est ainsi qu'on meurt misérable. Allons, rends-toi près de ta bien aimée, comme il a été convenu : monte dans sa chambre et va la consoler, mais surtout quitte-la avant la fin de la nuit, car alors tu ne pourrais plus gagner Mantoue ; et c'est là que tu dois vivre jusqu'à ce que nous trouvions le moment favorable pour proclamer ton mariage, réconcilier vos familles, obtenir le pardon du prince et te rappeler ici. Tu reviendras alors plus heureux un million de fois que tu tu n'auras été désolé au départ...
Va en avant, nourrice, recommande-moi à ta maîtresse, et dis-lui de faire coucher son monde de bonne heure ; le chagrin dont tous sont accablés les disposera vite au repos
( ... )
William SCHAKESPEARE
Édition Pocket - Pages 89 - 90
ARTHUR SCHOPENHAUER - MENSONGE ...
" L'Etat n'est que la muselière dont le but est de rendre inoffensive cette bête carnassière, l'homme, et de faire en sorte qu'il ait l'aspect d'un herbivore " .
Parerga
A. Schopenhauer
EXTRAITS / APHORISMES ET INSULTES
Oh, donnez-moi une Asmodée de la moralité qui rende transparent pour son favori non seulement les toits et les muraille, mais le voile de dissimilation, de fausseté, d'hypocrisie, de grimaces, de mensonges et d'illusion étendu sur toutes choses, et lui fasse voir combien peu de véritable honnêteté on trouve dans le monde, et combien fréquemment, même là où on le soupçonne le moins, derrière tous les extérieurs vertueux, secrètement et au fond le plus reculé, la malhonnêteté est assise au gouvernail.
C'est de là que viennent les amitiés à quatre pattes de tant d'hommes des meilleurs ; car, en vérité, où trouverait-on une consolation contre la dissimulation, la fausseté et la ruse infinies de l'espèce humaine, s'il n'y avait pas de chiens dont l'honnête figure peut être regardée sans méfiance ?
Notre monde civilisé n'est donc en réalité qu'une grande mascarade. On y trouve des chevaliers, des curés, des soldats, des docteurs, des avocats, des prêtres, des philosophes, et tout le reste ; mais ils ne sont pas ce qu'ils représentent ; ils ne sont que des masques sous lesquels, en règle générale, se cachent des spéculateurs. L'un revêt le masque du droit qu'il a emprunté à son avocat uniquement pour pouvoir fourrer un autre dedans. Un second a choisi dans le même but celui du bien public et du patriotisme ; un troisième celui de la religion, de la pureté de la foi. Beaucoup, déjà, se sont affublés, à toutes sortes de fins, du masque de la philosophie, etc . Les femmes ont moins de choix : la plupart emploient le masque de la pureté, de la décence, des occupations domestiques et de la modestie. Il y a aussi des masques généraux, sans caractère particulier, comme qui dirait les dominos* que l'on rencontre partout .
Parmi eux se rangent la sévère intégrité, la politesse, la sympathie sincère et l'amabilité ricaneuse. Sous tous ces masques se cachent, comme nous venons de le dire, à peu près uniquement des industriels, des commerçants et des spéculateurs.
Les marchands constituent sous ce rapport la seule classe honnête. Seuls ils se donnent pour ce qu'ils sont, vont en conséquence sans masque et occupent pour cette raison un rang peu élevé. Il est très important d'apprendre de bonne heure, dès la jeunesse, qu'on se trouve au milieu d'une mascarade ( ... ). Il faut donc enseigner aux jeunes gens que, dans cette mascarade, les pommes sont en cire, les fleurs en soie, les poissons en carton, et que tout n'est que farce et plaisanterie ; et que de ces deux hommes qu'ils voient si sérieusement aux prises ensemble, l'un ne vend que de la fausse marchandise, que l'autre paie avec des jetons à compter.
* Déguisement de bal masqué composé d'une longue robe et d'une enveloppante capuche pour masquer le visage.
A . SCHOPENHAUER
Parerga
Aphorismes et Insultes
Balzac et les personnages de la Comédie humaine. Dessin à la plume pour un projet d'éventail, par Grandville. (Maison de Balzac, Paris.)
LA MORT DE PRES - Maurice GENEVOIX
( ... )
" Attention !... Vous me faites mal... Des brutes, oui, vous êtes des brutes ! "
Les trépidations du moteur faisaient hoqueter la vieille camionnette. Le vantail relevé claqua, le pan de nuit étoilé disparut. Combien étions-nous là-dedans ?
Six ? Huit ? Trois ou quatre brancards superposés de chaque côté, de grands blessés anonymes, sans visage, chacun muré dans ce noir poisseux, cette odeur fade de chairs qui saignaient. Vers l'avant, le chauffeur et le convoyeur causaient, paisiblement, comme deux veilleurs assis au coin de l'âtre :
" Tu crois qu'on f'ra un troisième voyage ?
_ C'est couru. Au train qu'les amochés rappliquent, on est bons pour toute la nuit.
_ Tu files tout droit, au Rattencourt ?
_ J'aime mieux prendre par Dieue et Dugny. "
Entre eux et nous, un rideau claquait faiblement. Je vis qu'il s'entrouvait, découvrant un pertuis allongé, triangulaire, où brillait une seule étoile. Elle avait un éclat merveilleux. Je ne la quittai plus des yeux.
Loin d'avoir émoussé mes sens, ma lassitude extrême les avaient aiguisés davantage. Loin aussi qu'elle eût assoupi ma souffrance, elle l'avait exacerbée. Autour de moi, à chaque cahot sur la route défoncée, des cris montaient, parfois intolérables. Je regardais cette mince fente entrouverte où la nuit était la nuit, et cette étoile, si radieusement clignotante, lumière de mes yeux, de ma vie. Une immense gratitude se mêlait à mon épuisement. Il arrivait qu'un battement du rideau me la dérobât une seconde, mais aussitôt elle reparaissait, et j'avais envie de pleurer.
Peu à peu, la douleur s'estompait, refluait comme une vague se retire, d'un glissement doux, avec une lenteur solennelle. Tout mon corps devenait léger, suspendu. J'imagine aujourd'hui, après tout ce que nous avons lu des voyages interplanétaires, que ce doit être un peu cela, l'apesanteur. Il me semblait flotter à la surface d'un lac sans bords, ou sur une nuée dense et tiède, juste sur leur surface, presque irréelle et pourtant perceptible, et tout autour de moi, grâce à cette petite lueur limpide, le monde immense et beau, son silence, son repos nocturne, en attente de l'aube qui viendrait.
Je flottais, je ne souffrais plus. Il n'était plus que de m'abandonner, confiant, à jamais rassuré, même si je m'enfonçais ainsi, très doucement, un peu au-dessous de cette surface, de cette frange presque caressante qui achevait de me séparer, d'abolir ces ténèbres closes, étouffantes, ce murmure de deux voix qui chuchotaient tout près, ailleurs ... Plus de souvenirs, de regrets. Qui étais-je ? Une plongée lente et douce, un repos gagné, le repos...
Un cri ! J'ai entendu un cri. Terrible.
Qui a crié ? Que signifie cette douleur qui m'assaille, qui me broie le bras et l'épaule ? Qui chuchote là, derrière ce rideau entrouvert ? C'a été comme un coup de ressac, énorme, brutal. Ce voyage est trop long, trop dur. Souffrir de la sorte, c'est trop. Ces hommes qui crient dans les ténèbres souffrent-ils plus que moi ? A ma gauche, au-dessous de moi, il y en a un qui râle... De nouveau il faut tout sentir, que rien ne me soit épargner dans le noir de l'affreuse boîte close, balancée, dont chaque rebond déchaîne d'autres cris ( ... )
Maurice GENEVOIX
La Mort de près
Pages 126 à 129
Edition : La Table Rode - 2011 -
RENDEZ-VOUS ... BORIS PASTERNAK
La neige enfouit les routes
Et pèse aux flancs des toits.
Je franchirai la porte
Et t'aurai devant moi.
Seule, en manteau d'automne,
Nu-tête et en chaussons,
Luttant avec ton trouble
Et mâchant des flocons.
Les arbres, les clôtures
Fuyant au loin dans l'ombre ...
Debout au coin du mur
Sous la neige qui tombe.
De ton fichu ruisselle
De l'eau dans tes revers.
Des gouttes étincellent,
Rosée dans tes cheveux.
Seule une blonde mèche
Éclaire tous tes traits ;
Ton fichu, ta silhouette,
Ton pauvre mantelet.
Neige sur tes paupières,
Et dans tes yeux tourment.
Tu parais tout entière
Faite d'un seul tenant.
On dirait qu'un tranchet
Trempé dans l'antimoine
A gravé ton portrait
Dans mon coeur d'une intaille.
Et pour toujours j'y porte
Ces traits pleins de douceur.
Ainsi que nous importe
Si le monde est sans coeur.
Aussi ce soir de neige
Se double sous mes yeux,
Aussi ne tracerais-je
De trait entre nous deux.
D'où venons-nous, qui sommes-
Nous, de ce monde absents,
Où seuls des commérages
Sont restés de ces ans
?
Boris PASTERNAK
Le Docteur Jivago
Ed : Gallimard 1958
SANS BRISURE NI CESURE ...
La rupture comme un cri
En ses abrupts de falaises
L'élan d'une jetée
Epuisent l'adieu
Les Bouches déchaînées
Transcendent le silence ...
L'iris pers du Ciel perle
Un sillage Impavide bordée
Aux champs profus de lin bleu
Engravent l'écho dolent
De la nuit perpétuelle
Le vertige rêve de voiles ivres
Que l'albâtre tourbillonnant
Indéfiniment reflète
Je le sais par trop Sagesse
L'absence est un amer
Qui jamais ne se perd
L'absoluité de la mer
Le vol et la migration
M'en feraient-ils accroire ...
Marin concède au hasard
Le verdict inattendu des flots
Un port la vérité !
Entre ces Îles que l'azur ceint
Les vents fous l'ont abandonné
Une empreinte à jamais ondoyée
De ses liens profondément déliée
Dévoile quelques âmes orphelines
Une lumineuse Alliance
Aura passé
Délinée le vaste Océan
Amour
Il lui suffit de te croiser
De vagabonder Sagesse
De La nommer Mon Dieu !
Et ces regards convolent
Leurs ailes palpitent
A la rose des vents
Accourez donc jeunes amants
Et je n'aurais dit à toujours
Qu'une seule et vaine étreinte
Eût sacré le printemps
Si du plus haut des Cieux
Elle eût été contremandée
Et de cela je vous rends grâce
Anges sans nombre de la mer
§
1 ère Ecriture : perpétuité
R. DOISNEAU
L'Enfant et la Colombe
§
SONGE ...
Mes pas foulent la terre
L'écho tribal de la houle
Transcende le frisson
La foule m'atterre
J'ai enfin rejoint
Le Peuple migrateur
Et le printemps rêve
Inonde le chant de la mer
Milles fleurs butinent
S'abreuvent de brise
A la source des ciels
Nouent leur flamme
Perpétuelle
L'azur effile le vent
Comme l'âme ses pensers
A l'unisson des mondes
D'un corps à réméré
J'éclos aux champs
Des saisons
Lointainement
On dit que la beauté
L'amour Une vie
S'effane à la corolle des yeux
Quand l'iris et la pensée
Convolent aux clartés
D'un jeune sourire
1 ère Ecriture le 02.2012
SA PREMIERE PENSEE ...
Sa première pensée appelle son amour
Elsa L'aurore a brui du ressac des marées
Elsa Je tombe Où suis-je Et comme un galet lourd
L'homme roule après l'eau sur les sables du jour manteau lourd
Donc une fois de plus la mort s'est retirée
Abandonnant ici ce corps à réméré
Ce coeur qui me meurtrit est-ce encore moi-même
Quel archet sur ma tempe accorde un violon
Elsa Tout reprend souffle à dire que je t'aime
Chaque aube qui se lève est un nouveau baptême
Et te remet vivante à ma lèvre de plomb
Elsa Tout reprend souffle à murmurer ton nom
Le monde auprès de toi recommence une enfance
Déchirant les lambeaux d'un songe mal éteint
Et je sors du sommeil et je sors de l'absence
Sans avoir jamais su trouver accoutumance
A rouvrir près de toi mes yeux tous les matins
A revenir vers toi de mes déserts lointains
Tout ce qui fut sera pour peu qu'on s'en souvienne
En dormant mon passé que ne l'ai-je perdu
Mais voilà je gardais une main dans les miennes
Il suffit d'une main que l'univers vous tienne
Toi que j'ai dans mes bras dis où m'entraînes-tu
Douleur et douceur d'être ensemble confondues
Louis ARAGON
Le Roman Inachevé
John CONSTABLE
L'ENFANT - JULES VALLES - EXTRAIT
LE MALHEUR EST ARRIVE
Je sors quelques fois, le soir _ bien rarement. Que dirais-je aux gens que je rencontrerais ? Je n'ai pas le sou pour aller au café où les collégiens vont. Je ne veux pas me laisser offrir et ne pas payer : je suis trop pauvre pour cela. C'est quand j'ai de l'argent dans ma poche que j'accepte, parce que je sens que l'on ne me fait pas l'aumône et qu'à mon tour je puis régaler.
Mais il y a longtemps que je n'ai plus rien - même un sou.
J'avais fait un peu d'argent avec mes livres de prix. La poésie au seizième siècle, par Sainte-Beuve, un Bossuet, et les oeuvres de M. Victor Cousin.
Ma mère trouvant cinq francs dans ma poche m'avait demandé où je les avais pris. Elle avait l'air de croire que c'était le produit d'un vol ou d'un assassinat. " Il se serait laisser entraîner par les mauvais conseils. Ce sont les mauvais conseils qui perdent les jeunes gens. "
Qui me donnerait des conseils ? _ Des copains ? Je suis plus vieux qu'eux, même s'ils ont mon âge. On ne les a pas battus tant que moi. Il n'ont pas connu Legnagna et la maison muette. - Des vieux ? Les collègues de mon père ? Ils ont bien assez à faire de nouer les deux bouts, et puis ils ne savent que ce qui se passait chez les anciens, et n'ont pas le temps, - à cause des répétitions, - de juger ce qui se passe autour d'eux.
J'avais dit à ma mère d'où me venaient ces cinq francs.
Elle avait levé les mains au ciel.
" Tu as vendu tes livres de prix, Jacques !... "
Pourquoi pas ? Si quelque chose est à moi, c'est bien ces bouquins, il me semble ! Je les aurais gardés, si j'avais trouvé dedans ce que coûte le pain et comment on le gagne. Je n'y ai rien trouvé que des choses de l'autre monde ! - tandis qu'avec l'argent, j'ai pu acheter une cravate qui n'était pas ridicule et aller aussi prendre un gloria aux Mille-Colonnes. J'y lis la feuille de Paris, qui sent encore l'imprimerie, quand le facteur l'apporte.
Mais je me suis trouvé un soir face avec mon père qui passait. Il m'a insulté, d'un mot, d'un geste.
" Te voilà, fainéant ? "
Et il a continué son chemin.
Fainéant ? - Ah ! j'avais envie de courir après lui et de lui demander pourquoi il m'avait jeté entre les dents, et sans me regarder en face, ce mot qui me faisait mal !
Fainéant ! Parce que, dans le silence glacial de la maison, ce travail de bachot et cet acharnement sur les morts m'ennuient, parce que je trouve les batailles des Romains moins dures que les miennes, et que je me sens plus triste que Coriolan ! Oh ! il ne faut pas qu'il m'appelle fainéant !
Fainéant !
Si mon père était un autre homme, j'irais à lui, et je lui dirais :
" Je te jure que je vais travailler, bien travailler, mais n'aie plus vis-à-vis de moi cette attitude cruelle ! "
Il me renverrait comme un menteur. J'ai bien vu cela, quand j'étais plus jeune.
Jules VALLES
L'ENFANT,
1879



















































