MILEMA ARTE

MON TERROIR C'EST LES GALAXIES !...

 

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§

Mon terroir c'est les galaxies
La vie est courte, compagnon
L'ici-bas n'est pas notre vraie maison
Notre corps est outil et véhicule
Sitôt qu'il sera à la ferraille, ne restera vivant que notre esprit

En attendant, mortel mon frère, soigne ton corps
Afin qu'il te conduise au plus loin qu'il est impossible
Au bout de cette galaxie que tu es sans le savoir
Ô ignare, mortellement ignorant du sens du courant de ton fleuve intérieur

 

§ 

Julos BEAUCARNE

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LA SOUFFRANCE ANIMALE ...!

 

ATTEINT DES SOMMETS 

LIRE   & DIFFUSER

 

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C’est pire qu’un film d’horreur : des centaines de juments gestantes harnachées à des machines qui leur pompent le sang, parfois même jusqu’à la mort ! Tout ça pour que de grandes compagnies pharmaceutiques puissent vendre des hormones aux éleveurs de porcs industriels ! Les ministres de l’UE se réunissent dans deux semaines et pourraient interdire cette pratique immonde. Obligeons-les à agir avec un immense tollé -- signez la pétition ci-dessous en un clic, et parlez-en tout autour de vous ! 

 

SIGNER 

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" BIAISEUX ET HONTEUX " PAUVRES ONUSIENS !...

 

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Cette nue rouge, carmine en guise d'oracle, de mauvais augure pour l'avenir ! Ainsi, Messieurs, de votre aura très  commune. Nous ne pensons pas que l'Histoire se  doit d'être écrite par la mégalomanie, une volonté de puissance qui n'a rien à voir avec  les envolées de Zarathoustra... La Divine Comédie, Messieurs, est dépuis longtemps reléguée dans les rayons poussièreux, les arcanes dolentes de l'oubli. Et pourtant.

 

Ces poignées de mains pèsent lourd ! Le sourire du Tyran effraie, domine, méprise les démocraties ; le regard du Colon finit d'incruster l'acier des bombes sur Gaza... 400.000 morts, 3 fois plus de victimes meurtries dans leur âme et leur  chair,  pour la seule Syrie ; Pierre ROSSI, spécialiste à l'Institut du Monde Arabe le disait en son temps ; ne pas déclencher la guerre en Orient, enclencher les rouages huilés de la discorde, les leviers du fanatisme, le processus humiliant serait  une catastrophe pour la Région ; nous y sommes, avec les dommages collatéraux incalculables, intemporels.

Le Tyran de Damas réussit un pari dantesque. Il  se voit réhabilité à la tête d'une Syrie dévastée mais qui est la sienne. Combien d'exilés, quels exodes à travers les mers et les terres, combien de naufragés de l'espoir noyés ? Regardons-les, ici, pavoiser, enfoncer le couteau dans les chairs des nations dont ils auront allumé les brasiers de la guerre civile, de religion, entre états-nations ligués et déterminés à servir le plus offrant des grands. Piètre consolation du vaincu. Tout pacte, alliance, stratégie commune désormais empeste une immense tuerie vallant des centaines de milliers  de morts. L'obligation de prescription achève d'enterrer, sans deuil possible, le chagrin, la déchirure, la mémoire, la paix.

Chrétiens d'Orient, Chiites et Sunnites, toutes et tous auront payé les patentes du crime organisé à l'échelle de la Planète. Pendant ce temps, l'ennemi de Gaza, son  ex-ami US comptent parmi les grands absents des fronts actifs au Moyen-Orient. Il aura fallu la défaite amère du camps démocrate, de périlleuses promesses de dé-localisation de la capitale sioniste pour sortir  enfin Mr Obama de sa réserve ! Un Mr Obama qui aurait pu parachever tant de grandes choses, lui qui eut durant 8 ans le vent en poupe. Farouchement muselé, à la solde des puissants  financiers malgré lui  et des inflexibles  Lobbies, contraint  en définitive au je t'aime moi non plus qui semblait  tenir depuis les six jours de 1967, Mr Obama sème enfin ces derniers jours un ferment de polémique et de désaccord diplomatique international dont on se prend à espérer qu'il fût des plus contraignant et virulent  à l'encontre d' Israël Sioniste. 

Quant à la nouvelle alliance Assad-Poutine, qui entre dans leur jeu dès aujourd'hui, cautionne à jamais  les hideux holocaustes armés,  perpétrés contre des civils, des innocents, des enfants. Ils seront du sacre de la violence, aux antipodes de la pensée et du  dialogue, technocrates et stratèges  de la guerre civile. Entre la Tchétchénie et la Crimée, que de chemins parcourus, Mr Poutine !  Combien félons seront celles et ceux qui fouleront vos tapis rouges déroulés sur les tarmacs de la honte étouffant le cri des enfants par milliers, des enfants périssant sous vos bombes et vos obus...

 

LA RANÇON DE LA FORCE

!

 

Vous dites camouflet Onusien pour un bourreau ? Il s'en moque et riposte avec les armes de la barbarie, de la toute puissance, en ploutocrate zélé, sanguinaire, en colon qui soigne sur la droite de la droite les vues d'un sionisme dépassé, dangereux, meurtrier, jugé tel par le " huitième roi ", ( ONU ) ...!

 « biaisé et honteux » lâche t-il à la face du monde qui le réprouve et le rappelle à l'humanité ! Sans doute préfère t-il en découdre, tout en générant d'autres bordures protectrices, en érigeant d'autres murs de la honte, en fomentant d'autres crimes contre  toute humanité. Et le voilà, virant l'Ambassadeur du Sénégal, refusant  des Millions d'Euro d'aides aux pays signataires, invoquant çà et là le jeu  antisémite des donneurs d'ordres, quand il ne méprise pas ses cireurs de pompes. Il crie à la tahison de lèse-majesté. Le pauvre !

 

Non seulement les bourreaux ont la vie dure mais ils tiennent le haut de l'affiche ! Sur les ondes et les plateaux de télévision, on convoque l'intelligentsia, les politologues, le savoir livresque. Tout ce monde policé déblatère ses fadaises et analyses pompeuses. La mine ampoulée, jamais contrite des  doctes analystes caracole toujours au premier rang de la classe et règne sur l'auditoire très comme il faut ... Ainsi de tergiverser, de poser le propos le plus tendance, politiquement correct, qui ne blessera pas l'ombre funeste de ces dominants qui sèment à tout va et qui exportent la mort ciblée...

Ce fut Gaza, à plusieurs reprises, dévastée, meurtrie dans les chairs les plus jeunes et tendres de l'enfance. Et puis vint le tour de la  Syrie, d'Alep, une tragique leçon qu'applique le géant rouge très intéressé par un vaste et riche pays dévasté, à reconstruire, un pied déjà ancré dans le Région, après le chaos généré dans tout le Moyen_Orient embrasé, condamné à vivre les horreurs de l'après-guerre. Les USA  désormais absents assistent et ont passé  la main depuis longtemps. Ils forment d'autres tueurs que des attentats viseront encore et toujours. C'est la rançon de Rambo !

L'échiquier est à la hauteur des protagonistes d'un impérialisme odieux. Ils avancent leurs pions. Le grand ami de la France, des USA, de la grande Finance mondialement exportée n'est pourtant pas présent sur les fronts des guerres Irak- Afghanistan- Syrie. Il s'en garde bien préférant mâter, humilier, assassiner le pauvre petit Palestinien sur ses terres, frapper aux pieds des trois Temples sans  se lamenter, arracher les oliviers sur les monts qui lui échappent, détourner l'eau, pérenniser  l'exode.

Tout autour du grand échiquier et du nouvel ordre Oriental qui se profile,  séides et affidés commentent, se positionnent face aux satrapes de l'évènement historique majeur qui reproduit  39/45. La reconstruction, les partages  seront à la hauteur  des destructions massives instillées à petits feux, tapis de bombes après déluges de missiles depuis les airs et la mer. Les marchés seront juteux et le discours politique ménagera de toutes part les alliances infectes.

Prudents, circonspects, les relayeurs de la désinformation, des informations tronquées ne se risquent pas à l'outrage de circonstances que méritent ces furieux caciques. On passe sous les maintes expressions du silence toutes les exactions de la guerre sous le prétexte fallacieux de l'inaccessibilité et de la censure des témoignages. Le transfuge est aisé, presque opportun, qui confine au défaut de données essentielles et qui eût permis la vindicte de la  haute cours internationale à l'encontre des crimes de guerres.

L'état d'âme est proscrit, l'impartialité reste  de mise et repose sur le  tapis rouge sang des morts innocentes ! L'empathie, la compassion n'habitent pas le plateau très con-descendant et coloré, entre deux publicités et my million. La 2 réserve à l'homme fort et tyrannique, au  sauveur d'Alep, un portrait digne d'Alexandre Le Grand porté au grands écran de la super-production hollywoodienne... Où sommes-nous, que vivons-nous, où allons-nous avec de tels guides ?  Accepterions-nous pareil sort chez nous ? 

Et tandis que le bourreau de GAZA se voit humilié, rabroué, ramené à la raison onusienne très tardive désapprouvant les menées de la colonisation systématique de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, les sanctions sionistes  commencent de pleuvoir et de frapper les co-signataires de la résolution ! Drôle d'ami de l'Occident et de tous les pays engagés vers un processus de paix respectueux du droit international, des valeurs humaines, du siècle que nous vivons, des leçons de l'histoire ...

Attendons que le tyran syrien regagne son poste d'oligarque à vie et, nous verrons combien cet homme fustigera  et ridiculisera la diplomatie internationale, à l'instar du donneur de leçons sioniste ! Il n'y a qu'un pas, celui de l'insolence, de la méchanceté, de la cruauté, de l'intransigeane cynique et cruelle à ne rien concéder qui s'opposerait  aux desseins de la négation que le peuple Juif connu  pourtant durant toute la Shoah ! C'est odieux, un comble, un paradoxe anachronique de l'histoire... 

Il y avait pourtant  de la place pour rassembler en Terres Saintes, aux pays des anciennes civilisations florissantes les grands dogmes et les temples qui fascinèrent le monde entier. Mais entre le temporel et l'intemporel, seuls les dictateurs osent choisir et imposent !

La guerre et ses ignominies sont expressions diaboliques que l'inconscience et l'obscurité cultivent. Voici donc l'échec de la Pensée, de l'Ethique, du Civisme élémentaire.

L'avenir est sombre qui laisse des hommes de cette TRUMP déplacer des capitales à leurs guises, selon leurs caprices et vues de l'esprit. Arbitraire mégalomane. On se frotte les mains, certes, on pense avoir vaincu le chancre en terre de Palestine mais je vois l'avenir enténébré, le chaos, la guerre, encore la guerre perpétrée par la force des armes et l'horreur à dominer.

Les deux nouvelles alliances qui semblent voir le jour promettent des années insupportables. Les maîtres exerceront sur leurs valets une influence nauséabonde, défiant tout code moral international, toute institution pléthorique, largement au-dessus des lois et des traités, des résolutions dès lors sans le poids ni la conviction d'éradiquer de telles options politiques. Un bourreau reste un exécutant, il ne pense plus dans la mesure où il porte des oeillères, où il se flanque comme le poisson pilote contre le grand prédateur.

Ces calculs et cet opportunisme signent des décennies de malheurs, des millions de victimes que la guerre traditionnelle fait, tandis que les donneurs d'ordre visant le désordre, prétextent la détention d'armes de destructions massives, s'immiscent, tuent ; un comble ! 

Mais ce qu'il faut retenir de ces conflits et des  interventions sionistes abjectes contre les  palestiniens, c'est l'état latent, patent d'insécurité  qu'ils  font peser sur tous les Mondes, du moins du poutour et des  environs du Bassin Méditerranéen ! C'est aussi un type de guerre et de combat qui siéent parfaitement aux  armements en vogues et  éminemment coûteux qui sont testés. C'est l'assurance, à tort, de diffuser ainsi, l'atrocité des images aidant, l'exemple, l'exemple funeste, destructeur, sorte de dissuasion qui condamne en définitive l'échec des moyens mis en oeuvre. On ne rase pas un pays, une histoire, une culture multiconfessionnelle de la sorte tout en sortant vainqueur et triomphant, avec force poignée de main, la superbe galvanisée, un sourire d'acier.

Nos armes sont dans le Boycott systémaique, la condamnation sans appel de ces bourreaux qui s'absentent  des conférences, qui usent du  droit de veto comme un tribunal prononcerait la sentence de mort d'un innocent. Ce n'est pas possible, la communauté internationale et les politiques perdraient-ils leur crédibilité en laissant ces ploutocrates imposer leurs visées, coloniser à tout va, torturer, enfermer arbitrairement, consommer le plus vil des Apartheid, tuant des innocents, des enfants par centaines, les enlevant livrés à on ne sait quels desseins ? 

L'Europe aura payé un lourd tribut en vies innocentes, victimes d'un terrorisme dont les racines sont à rechercher aux tréfonds de stratégies et d'interventions dont les causes restent douteuses, sales, sciemment orchestrées aux plus hauts de tous les niveaux de l'intelligence secrète.

Quant au  Fait Palestinien, irrévocable, indubitable, légitime, il doit être l'objet de toutes les attentions de la part de la Communauté Internationale. Non seulement la Colonisation des Territoires occupés doit cesser mais les conditions de vies du Peuple Palestinien ne doivent plus confiner aux ghettos, aux injustices flagrantes, aux sévisses quotidiennes injustifiées, systématiques.

Seul un État Palestinien pleinement recouvré sera en mesure d'apaiser durablement la conscience du  Monde et bien des causes de conflits, de dérapages et de transgressions pourront être évitées.

Mais de tout cela, on n'en parle pas ! On se ménage, autour des plateaux TV quelques espaces de dialogues prudents, des analyses et des approches évinçant l'acuité et la grande souffrance du terrain. Sous nos latitudes, avant les repas, sur le petit écran, on discute, le foie gras plein la bouche, on sabre le champagne ; là-bas, des centaines d'enfants sont massacrés et on affiche l'outrecuidance de ménager, d'euphémiser le propos à la TV ! C'est à gerber...

Nous verrons, qui sait, des grattes

-ciels à Alep en lieux et place des monuments historiques, des Souks jadis féeriques. Comble de l'histoire, le Capital de Marx enterré, la Russie de Tchernobyl   élèvera, à la gloire d'un capitalisme cynique, les faire-valoirs de ces  royautés telles que l'or noir les fit mûrir  au coeur du désert d'Arabie... Mondialisation par les armes de destructions massives, cela existe bel et bien.

MILEMA_ARTE

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LA PIROGUE ET L'AMULETTE !...

 

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NOS ANNÉES GABON AVEC JEAN-PIERRE // EXTRAITS PLUS BAS

 

 

A  Joss et à Jean - Pierre, mon Ami 

Voici l'esquisse
d'une nouvelle, très gabonaise, à l'orée de la vie authentique,
d'une seconde naissance, depuis les brumes d'un songe exilé ...
Un balcon, une vire qui se méritent entre fugues et bac philosophie. 
Des heures de sèches mémorables, toujours punies de travaux
d'intérêt collectif ; et quelles corvées innommables, 
dans les bas-fonds d'un lycée africain, dont je tais les détails,
juché entre la brousse Librevilloise et l' Estuaire glauque des crues !
Enfance particulière, brinquebalée d'un pays à l'autre.
Alors, à l'enfance qui sommeille de plus en plus en nous,
au souvenir qui toise et se moque du temps pressé
d'en découdre avec la matière et l'éphémère !...
Assez de digressions, rejoignons les champs ivres de chants
ces années fleuries, enfouies quelque part, que la silve
primaire comble de  poésie. Aux adolescents de toujours !

 


LA PIROGUE ET LA PETITE AMULETTE

 

L'amulette aura été fabriquée alors que nous parcourions,
l'Ami et moi,
les pistes et les rivages somptueux du Gabon,
il y a si peu de temps, quelques quarante cinq années !...
Signes d'un poisson qui se retrouve enfin,  après tant
de cauchemars, de péripéties, d'écueils, avec lui-même  ?

Je vous réponds donc depuis ma deuxième naissance,
très africaine ; la toute première fut marocaine.
Là-bas, vers l'Equateur géographique, le Gabon !
Qui l'eût un jour imaginé, entrevu ? Hasard ou nécessité ?
Une pièce rare de l'immense puzzle continental africain ;
j'y vécus autant d'aventures extrêmes que de folies
éminemment justifiées, incontournables. Paris sur l'existence !
Âme oscillant entre deux hémisphères,
qui planerait encore volontiers
vers la terrible ligne de convergence intertropicale
où naissent les tempêtes. Les  grains interpellent
l'histoire, la Traite infâme, l'esclavage en route
vers les Amériques qui bâtit le nouveau monde
en saignant, en versant toutes les larmes
du chant noir de la désespérance, des racines tranchées...
Et le Vendée Globe fuse, sans se retourner sur les forfaitures 
 qui jalonnent la douleur des mondes vrais  à jamais séparés  !

Les vents tirent fort au large. Les pirogues évitent
sur leurs amarres, pointent une dernière fois
le rivage perpétuel de leur étrave colorée.
Craintes sur les petits bancs de l'esquif ancestral
redoutant toujours le Pot au Noir dont on tait
le funeste sort réservé aux captifs rebelles
que l'on embarquait de gré ou de force,
à fond de cales, enchaînés puis malades ou de trop,
jetés par-dessus bord suivant les conditions du périple
à destination des îles du Golfe du Mexique.
L'Océan garde, insondable mémoire, le goût amer
des inhumanités  et du parjure, de toutes les trahisons.

Et pourtant !  Étranges appels que ceux des grands espaces, du sacré. 
A la rencontre des peuples de l'eau, du feu 
et de la forêt, d'une nature subjuguant l'illusion,
le mirage. Par les étendues infinies de la côte et des bois dérivants,
nous allions à perdre haleine, confondus, tandis que  nous
longions, l'Ami Jean-Pierre et moi,
une infime partie des rivages africains, tant de splendeurs
ainsi révélées, à bout de bras, de détermination ...!

Je demeurais à Libreville de l'âge de 14 à 19 ans,
grandissant entre l'émerveillement et la découverte.
C'est aussi sous ces latitudes que je devins citoyen
des Mondes, auxquels je voue un profond respect.
Je fus  conquis par une diversité qui
n'aurait d'égales que la vérité et la liberté réunies
autour d'un noble et même dessein de vie, de faits
remarquables, là-bas,
tellement prégnants, vitaux, parfaitement aboutis ...

Plus encore qu'une pensée, la vôtre, comme un geste
qui côtoie et ravive ce quelque chose réfugié en moi,
il y aurait déjà si longtemps,  qui demeure, tout autant immédiat.
Une attention qui inspire cette prose, pour un exil
un tantinet poétique, un tout tourmenté
bien souvent par ces questions sans âge
qui éclairent en définitive les chemins de l'existence.
Du fond des solitudes azurées
qu'il m'arrive d'emprunter avec émois,
tout en prenant de l'âge, renouer avec le passé
importe peu. Mais de recouvrer
les dimensions de l'instant numineux dont je fis
vers ces contrées d'exceptions,
le seul credo qui vaille nos détours et les risques
encourus de l'oser mettre en pratique...
Aucunement nostalgique, j'écris ce texte, comme il importe
de s'abreuver à la source du réel faisceau de la récompense,
non évaluable, juste tangible,
jamais quantifiable ou éphémère, qui nous gratifiait !

Quête d'inconnu, rejet du conformisme, du dressage primaire,
fascination de l’imprévu,
goût de l'improvisation maîtrisée, toujours est-il que ces élans
bien ancrés me définissent. Ils me ramènent
sur les berges lointaines de l'estuaire, du fleuve Kango,
vers la pointe Pongara et, plus au sud, le phare de Gombé.
Une pointe, un cap mythique où nous nous affranchissions,
l'Ami et moi entre audaces et aventures
initiatiques totalement irraisonnées .
Terres de désolation ou de dive complétude qui nous eussent
tellement fascinés et rapprochés de l'essentiel,
des habitants de ces contrées uniques et merveilleuseusement adaptés.

Vers le Nord - Ouest de Libreville, les Caps Esterias
et Santa-Clara. Destinations vers lesquelles deux intrépides
faisaient leurs armes d'apprentis-marins-pêcheurs. Ils y
délimitaient un terrain de jeux résolument dangereux,
dont les dérives relevaient de l'insolence et de l'impudence
juvéniles ... Mais aujourd'hui, je sais combien tout ce qui
échappait à la conscience se réfugiait à l'intime inexpugnable
de soi, en esprit, unitivement ...

Une pirogue gabonaise taillée à l'herminette, dans la masse,
naissait sous les badamiers et les filaos du bord de mer.
Issue d'un seul tronc, comme par magie,
la sculpture prenait forme sous nos yeux ébahis.
C'était là l'ouvrage habituel d'un un vieil homme, mené
dans la parfaite égalité des heures du jour et de la nuit .
Un sage, le visage bistre foncé, buriné, véritable icône
des latitudes équatoriales, de l'Afrique dite Noire,
s'affairait, inspiré par le chant des vagues et des oiseaux !
Il tenait, pour son très jeune ami blanc, la promesse
qu'il lui avait faite, avec une touchante application.
Telle était l'expression de ces richesses que l'on aune pas
aux vues de l'éphémère, à l'argent, aux besoins futiles
d'une adolescence expatriée, plus soucieuse
de se cramponner aux modes, aux clichés en cours
et prisés de la lointaine métropole.
Aussi avions-nous accepté ce viatique avec une joie
indéfinissable !
Griller nos premières cigarettes près de lui,
s'émerveiller de la précision de ses coups portés
au bois tendre, le vol des copeaux d'okoumé sur fonds
de grandes marées, de chasses, le chant fredonné
des piroguiers valaient alors gages d'un savoir
ancestral immuable.
Voilà qui exaltait l'existence des deux " petits
blancs d'Afrique ", dès lors investis à bord
d'une embarcation très couleurs locales !

Mue par un très vieux moteur, révisé pièce par pièce
en présence de l'Ami Jean-Pierre, la pirogue devint
un merveilleux outil d'exploration du pays et de randonnées.
Nous découvrions les rivages d'une terre livrée
aux barrissements des éléphants, à l'errance bruyante des phacochères.
La litanie de la longue houle, l'Atlantique Sud
berçaient nos folies nocturnes, à quelques
milles de la côte sauvage plongée dans l'obscurité. 
Les animaux de la brousse entonnaient le chant de la canopée.
Le choc des billes de bois qui s'éperonnaient, soulevées
par les épisodes de marées, tonnait, emplissait les lointains.
Et la pêche à la daurade commençait, une fois à l'ancre,
immobilisés, suspendus que nous nous trouvions
au-dessus d'un imposant plateau sous-marin...
Quelle trace infime dans le ciel
des créatures marines se mettait alors à danser
parmi les étoiles, au clair de lune bienfaisant !
Comment l'imaginer sans craindre le pire,
lorsqu'en dessous croisaient de très gros poissons ?

Et quand  le moteur ne s'imposait pas,
les jours sans le sou, il fallait descendre l'Estuaire,
au rythme du jusant pour revenir avec le flot,
à la force d'une simple pagaie mouvant sur de longs bords
la lourde pirogue et son chargement de fortune.
Les ampoules s'en prenaient aux doigts, à la paume
des mains rendue à vif, quand ce n'était pas une crise
de paludisme ou de " Dingue " qui terrassait les braves,
tapis sous le roof, au fond de la pirogue, baignant dans le jus
d'aloses, ( grosses sardines des estuaires ),
la mèche de cheveux naturellement laquée et collée
au front par les baves poisseuses du butin,
la tête reposant entre la raie pastenague et le rouge
du Gabon dont il ne convenait pas de croiser le regard vitreux !

Une fois en mer, le vent de terre sollicitait fortement l'unique
amarre que nous observions avec inquiétude. Le filin
plongeait profondément en emportant le faisceau phosphorescent
du plancton qui l'entourait. Vertiges ondés de la cécité  !
Allait-il se rompre, allions-nous chasser et ainsi
nous perdre au large ?
L'émergence de la vie sous-marine,  
dans toute sa splendeur irradiait le monde du silence.
Soudainement, des bruits étranges
surgissaient ; nos regards se croisaient, à peine visibles,
d'une extrémité à l'autre de la pirogue,
dans la pâle lueur tremblée de la lampe à pétrole. Une masse
mouvante se signalait à la surface en abandonnant un
imposant remou, un bruissement qui écorchait la nuit.
Nous prenions conscience des profondeurs
qui distançaient du rivage, comme des dangers de la barre
qui nous eût définitivement absentés en cas de retournement...
Une redoutable zone de rencontre entre les eaux limoneuses
de l'estuaire et le flot des vagues de l'océan ; Il reprenait ses droits,
sur une mer hérissée, fantomatique, au gré des courants,
lorsque la pirogue volait et ne tenait l'équilibre et son cap
qu' en fusant de crêtes en crêtes d'écume. Elle s'appuyait  
en sautant  d'une  vague à l'autre,  souvent invisible...

Au petit jour, il fallait rentrer, naviguer au diapason
des coups de pagaies redoublés de nos compagnons
pêcheurs togolais et guinéens. Des marins aguerris
qui glissaient entre lames et rouleaux, au ras de la dune.
Nous les regardions manier avec art leur coque effilée,
pour ne pas chavirer. Leçons de choses,
sciences appliquées, dynamique des fluides !
Une joie intense allait l'amble des vagues qui
déroulaient en soulignant un épais cordon lagunaire,
au sable de lune étincelant de clarté, immaculé !
La nuit avait été vaincue, devenait un intervalle
désormais palpable,
dépossédée de toutes les peurs de l'enfant.
Mais de l'Océan, à la fois craint et fascinant,
indéfinissable, immensurable, maître de tout,
seul référent à considérer à l'orée du sacré,
qui octroyait et rendait à chaque fois la vie !
Qu'en était-il vraiment, comment, pourquoi ?

Nous en étions certes revenus, depuis la veille
au soir, après tant d' heures passées à bord, sans étoile.
L'orage équatorial accourait de si loin, avait une fois
de plus épargné le frêle esquif qui roulait.
Chaque échappée revêtait son lot d'insouciances !
Mais nous demeurions au-delà de tout, Un, unis
d'un bout à l'autre de ces aventures extrêmes,
acteurs autonomes, choisissant de n'avoir gardé à bord
que quelques paquets de biscuits ; frugal repas !
Ainsi d'opter en définitive pour le crin de pêche,
le mélange énergétique qui menaient tout droit
à la concrétisation de riches projets, réussis et
formateurs à souhait.
Concevoir dès lors le cours de nos évasions, indéfiniment,
hors du cadre et de l'habitude, devenait l'unique
possible qui eût valu autant de préparatifs et
d'engagements.
Évoquer la survie eût été impossible, gênant,
une entrave ; nous nous oubliions, impliqués
dans les méandres de l'action,
une action rétive à toutes les formes de l'angoisse...

Il importait de progresser ; dépasser l'épreuve,
tendre vers quelques harmonies que nous sentions
à portée de la main, là où la mer rejoint le ciel,
où le temps fluctue ainsi que toutes hypothétiques
visions de la naissance de l'univers, des exoplanètes.
Certes, le nôtre était comme circonscrit,
soigneusement marqué sur la carte marine de l'époque !
Un cercle d'actions qui valait tremplin
pour une acception, une interprétation des mondes
qui ne souffrait plus d'artifices. Limites et marges de
manoeuvres qui abandonnaient une profonde empreinte
au plus intime de l'âme, douloureuse et apaisante
à la fois. Voie certainement initiatique.
Une empreinte à qui je dois bien souvent le fil
de ces mots, errant, comme éperdu
par le filigrane des pensées abandonnées au sillage,
tel un corps mort qui vous rive au port de fortune,
en cours de route, un dernier accord !
Nous laissions tant de joies à la dérive,
par-devers toute appartenance, tout modèle
qui un jour allaient brider, grimer l'horizon,
grevant durablement notre imaginaire audacieux ;
Des horizons dont on se dit qu'il peuvent être devant,
derrière soi, mais jamais figés, intemporels,
à la semblance immémoriale de la mer, de l'océan.
Un océan de souvenirs, d'images, de sourires
bons et joyeux, ceux de l'Ami, des hôtes
qui nous abritaient lors des pluies
diluviennes, à la saison humide, dans leur petit village
de huttes, de toits de tôles ondulées qui défiaient
la tornade et qui exaltaient le tumulte des averses
zébrées d'éclairs.

 

Lors de toute évasion, à court d'eau potable,
l'instinct guidait ses ouailles vers les tonneaux
de fers rouillés qui avaient recueilli les déluges,
les averses de la nuit équatoriale.
La chaleur était mordante et la soif obsédait, 
lancinant les papilles, gerçant déjà les lèvres.
Nous chassions alors les insectes qui nageaient
à la surface du gros fût pour y plonger la tête
toute entière, pareils à l'assoiffé au désert !
Quelle délectation que cette eau juste buvable,
un peu saumâtre, régulièrement renouvelée,
sur fond de liquides suris ! Instant de bonheur,
tourment étanché, nécessité enfin dépassée !
Vers la mer, allongée sur le banc de sable,
la pirogue rassurait, resplendissait.
Elle reposait sur deux billots de bois ;
la lumière était aveuglante, le soleil dardait
des rayons blancs aux reflets acier.
Qu'entreprendre d'autre sinon
dresser une tente improvisée aux côtés de l'esquif
providentiel, entre la lourde coque inclinée
sur son flanc galbé et les bords d'une vieille toile
de coton déchirée, maintenue par quelques bâtons
plantés dans le sable crissant, brûlant.
La nuit, une moustiquaire percée tentait de
prévenir les attaques des insectes voraces, des crabes ; espèces rares,
mutant au gré des saisons, de l'intensité des touffeurs
pesantes qu'exhalait la mangrove toute proche.
Pendant le sommeil, à la faveur d'une légère brise de terre,
les fours à poissons fumaient les chairs blanches
du dernier butin, soigneusement découpées en de larges filets,
lentement, jusqu'au lever du soleil.
Tant que la brise ne renversait pas, les senteurs
de la cuisson aiguisaient sans frein l'appétit féroce
des intrépides. Le village y  veillait, tout proche, rassurant.

Les péripéties dansent dans ma souvenance ;
où suis-je, qui suis-je, de quoi demain sera-t-il fait,
pourquoi ici, maintenant, seuls au-delà
des rivages du Gabon, vulnérables et
immortels à la fois. Nous aurions osé, risqué la mise
de l'émotion, de la mort, d'un espace-temps
dont il nous semblait parfois contrôler les flux
d'une énergie surnaturelle, indéfinissable ?
On se pose tant de questions à cet âge, en mer,
lors de cette transition primordiale qui de l'innocence
à la réalité est sensée ouvrir les bonnes portes !
Et c'est avec les années, le recul, le manque, la punition,
cette absence qui distance, que mûrit et s'organise
la frontière entre l'imaginaire et le réel, un pont qui
de l'un à l'autre permet de rêver sa vie,
avant que de la perdre un peu en se rangeant,
en se raisonnant à l'abri des lumières de la grande ville,
par trop de promesses galvaudées.

Tout est-il déjà écrit qui me vît avant, explorer les scènes
d'une autre dimension dont j'eusse été le promis ?
En aurait-il été ainsi, après mon retour du Gabon,
là où j'ai certainement laissé mon âme, suspendu
entre une histoire et sa probable genèse, le dénouement
inscrit quelque part, qui se doit d'être ou de mourir,
avec moi, en quittant ces havres qui furent les nôtres ?

Un masque Mpongwé, une poupée africaine :
quintessence des arts premiers ! Mystères de la sylve
 immensurable, de la mémoire
ici encore si vivante, prépondérante !
Une pirogue, la forêt dense et sa haute canopée,
tant d'essences musquées aux grains carmins et
ocres, le bois omniprésent, les milliers d'oiseaux multicolores
dont certains parlent si bien,
que l'on capture et vend jusqu'à leur disparition !
Le regard de ces femmes et de ses hommes vêtus de toutes
les couleurs de l'arc-en-ciel,
les marchés aux poissons et les criées mémorables,
délicieusement animées, les fabuleux palabres devant les étals,
le rire intarissable des pêcheurs, je ne laisse plus
de rappeler à moi ces moments de dents blanches, de sourires  et de pagnes bigarrés 
d'une rare intensité, d'échanges, de partages.
Car il faut bien aussi vous dire que nous étions
de la grand-messe de l'Océan et de l'Estuaire
en vendant notre poisson ! Prix battant toute concurrence.

Il importait plus que tout de réamorcer le prochain
séjour en mer. Renouveler les crins épais, hameçons et
filins de bas de ligne, l'imposant lot d'aloses,
ces réserves d'appâts que nous emportions
dans une glacière remplie de pains de glace pilée,
le mélange pour le moteur et la nourriture pour
deux ou trois jours à emporter, le pétrole de la lampe
tempête, unique fanal à bord qui eût prévenu l'abordage !....
Ainsi, respectueusement de calquer les préparatifs
en fonction de l'alternance des marées,
des périodes de chaque lunaison, de la saison sèche ou des pluies.

Les réserves de carburant embarquées limitaient
le rayon d'action, épargnant la raison, le bon sens.
Nous serions-nous aventurés très loin, Port-Gentil, peut-être ?
Si la pirogue avait été plus spacieuse :  certainement ...
Pour y avoir si souvent pensé, combien étions-nous déçus de renoncer au périple,
dépassés par les contingences matérielles, les exigences
de l'aventure sans concessions ni compromis qui
pressaient le départ.

Elle s'appelait : " PONGARA ", elle était bleue et rouge,
très belle, comme les ballons, les petites voitures
des enfants. Nous l'aimions.
A l'avant, le guide avait installé un brise-lames
qui lui donnait une fière allure et l'élançait sur l'eau.
De ce poste, on observait, on scrutait l'antre obscur de l'Estuaire
sans être giflé par les embruns, durant la course folle
de la petite embarcation traditionnelle  lancé vers l'horizon brouillé des chaleurs.
Il était impérieux de prévenir toute collision
avec les grumes qui se détachaient des charrois de bois
lâchés en amont du fleuve par les forestiers,
qui dévalaient le large Kango, à la rencontre de l'Océan.
De nuit comme de jour, la vigilance était de mise, s'imposait...

Une Pirogue, une figurine gabonaise qui lui eût aussi valu
statut de mascotte, de porte-bonheur à bord !
Figuration, gri-gri Fang, sûrement, Bapounou ou Batéké,
Mpongoués ? ...
Nous étions jeunes. Âmes généreuses qui se livraient
aux fruits des rencontres, de la toute première passion,
entre une nature originelle et le socle commun
des valeurs humaines que les villageois transmettaient
sans aucune retenue. Tant d'ethnies de la mer et des îles
que les vents joignaient, regroupées autour de villages
aussi propres que beaux, adornés de filets multicolores. Tout y évoquait le labeur
et l'accomplissement de l'essentielle simplicité.
Ainsi, chaque détail avait sa place dans la complétude et l'harmonie
d'un dessein impérissable et chaleureux dont nous étions accords...

 


Je vous le dis encore une fois, à vous qui me lisez ici:
j'aurai écouté, aux confins de ce pays de légendes, le bois qui chante,
le murmure de la source courant sous l'humus épais
des forêts, le silence inquiétant des marigots,
la complaintes des piroguiers
traversant un bras de l'Ogooué,
à Lambaréné,
qui louaient encore les miracles d'un vieux Docteur
épris de vie, de respect de la vie,
investi entre humanisme et mystique. Révélations
d'un exil prodigue et bon à la fois.
Magie de l'Océan et des marées
que la lagune invite, au coeur de la mangrove flamboyante.
Et quand il nous était donné la chance
de croiser le quotidien des pécheurs,
leur village posés sur un croissant d'astre étincelant,
éminemment conçu et entretenu. 
Que d'émotions rejoignaient alors  les langueurs
de l' infinie beauté, tant de solennités !
Un essaim de pirogues égayaient le couchant.
L'Océan nous apparaissait derrière le filigrane des filets.
L'ombre de l'artisan  tissant encore et toujours la chaîne et la trame
de ces jours intemporels

 

...

Pour vous, ce petit texte en guise de modeste nouvelle,
près de ma pirogue, sous le regard énigmatique de la forêt,
de la petite amuluette, désormais fétiches !
Quant au chant de l'Océan,
il m'est encore et parfois donné la joie de le parcourir
avec les puffins, les dauphins, autant qu'il m'en prend l'envie
séduisante de croiser, de mettre le cap sur la Croix du Sud, au terme de la route.

A bord d'une enfance africaine, avec mon Ami, ce brin d'éternité, 

souvenirs

dont je vous offre l'humble et modeste évocation,
avec le coeur des petits nomades - aventuriers que nous
étions ! Deux petits objets que le destin rassemble et lie à l'âme du rêve ...

§

MARIN DE TOUJOURS

En toute première Ecriture et à suivre ..!

Corrigé à 18h30 + ce 27.11.2016 23 h, encore à revoir, sans certitude, aucune ! L'école et trop loin,  " ce qui est important est invisble pour les yeux " ! alors des fautes ... à bord de la pirogue !

 

DSC04759

Ci-dessous, Otor, dans la Pirogue, notre ami et aide de bord très précieux ; il savait nous mitonner de bonnes soupes de poissons. En fait, du rouge fraîchement péché, du Pili pour relever la cuisson dans de l'eau de mer ...  !

C'est Pongara ... Arrivée à la Pointe DENIS, il y a 43 ans ! La Lampe tempête, le brise-lames devant, la glacière au premier plan ; peinte en bleu / vert , à l'intérieur et, rouge / Bleu sur la coque. Juste devant, le cordon lagunaire ; plus loin, l'entrée de la mangrove. Mer calme. 

Arriv_e_sur_Pongara

Posté par MILEMA_ARTE à 15:39 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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LOIN DU BONHEUR !... M. HOUELLEBECQ

 

JURGA_SCULPTURE_

http://jurgasculpteur.blogspot.fr/

 

Par la mort du plus pur

Toute joie est invalidée

La poitrine est comme évidée,

Et l'oeil en tout conna^t l'obscur.

 

Il faut quelques secondes

pour effacer un monde.

M.H

Un ouvrage remarquable, d'une profondeur et d'une sensiblité qui parfois font mal... Milema_Arte

 

LOIN DU BONHEUR 

Être dans un  état qui s'apparente au désespoir, sans pouvoir cependant y accéder.

Une vie à la fois compliquée et sans intérêt.

Non relié au monde.

Paysages inutiles du silence.

Un amour. Un seul. Violent et définitif. Brisé

Le monde est désenchanté.

Tout ce qui a la nature de l'apparition, cela a la nature de la cessation. Oui. Et alors ?  Je l'ai aimée. Je l'aime. Dès la première seconde cet amour était parfait, complet. On ne peut pas vraiment dire que l'amour apparaisse ; plutôt, il se manifeste. Si l'on croit à la réincarnation, le phénomène devient explicable. Joie de retrouver quelqu'un qu'on a déjà rencontré, qu'on a toujours rencontré, à jamais, dans une infinité d'incarnations antérieures. Si l'on y croit pas, c'est un mystère.

Je ne crois pas à la réincarnation. Ou, plutôt, je ne veux pas le savoir.

Perdre l'amour, c'est aussi se perdre soi-même. La personnalité s'efface. On  n'a même plus envie, on n'envisage même plus d'avoir une personnalité. On n'est plus, au sens strict, qu'une souffrance.

C'est également selon des modalités différentes, perdre le monde. Le lien se casse tout de suite, dès les premières secondes. L'univers est d'abord étranger. Puis, peu à pu, il devient hostile. Lui aussi est souffrance. Il n'y a plus que souffrance.

Et on espère toujours.

La connaissance n'apporte pas la souffrance. Elle en serait bien incapable. Elle est, exactement, insignifiante. Pour les mêmes raisons, elle ne peut apporter le bonheur. Tout ce qu'elle peut apporter, c'est un certain soulagement. Et ce soulagement, d'abord très faible, devient peu à peu nul.

En conclusion, je n'ai pu découvrir aucune raison de rechercher la connaissance.

Impossibilité soudaine _  et apparemment définitive _ de  s'intéresser à une quelconque question politique.

Tout ce qui n'est pas purement affectif devient insignifiant. Adieux à la raison. Plus de tête. Plus qu'un coeur.

§

Michel HOUELLEBECQ

POESIE

Configuration du Dernier Rivage

Pages 357 à 359 - Ed /  J'ai Lu