04 juillet 2009
ADOPTIONS, CORSE DU SUD, SUITE...


" Fifille ", au volant du vieux C15 - elle est montée sans crainte, pour la première fois - qui se souvient de son ancienne famille, elle revit ici, avec un réalisme étonnant, une scène familière; je vois dans ce regard lointain l'acte lâche et cruel de l'abandon, toute la tristesse des liens brisés à jamais... Sa proximité me touche et m'interpelle quand elle me devance et attire vers moi sa merveilleuse progéniture si bien soignée.
" Poupée" , en convalescence à la maison, attend avec Fifille une adoption définitive ... Elle est tatouée, stérilisée et surtout très affectueuse.
Ces êtres ont dans le regard toute la profondeur du cœur, de la fidélité et de la reconnaissance. Quelques heures passées en leur compagnie et c'est une autre monde qui s'ouvre. Un repas partagé, des ébats et quelques mines d'affection suffisent à créer des liens indéfectibles.
La chienne noire, dont l'ombre traîne au sol sur les traces géométriques et parallèles de l'indifférence, raconte tristement l'errance esseulée. la terre surchauffée, reflète ses mamelles de louve; il fait très chaud, sa démarche est pesante. Elle a eu une portée de dix chiots; Six ont déjà été adoptés! Il en reste QUATRE, qu'elle allaite et garde de très près... Elle m'a octroyé sa confiance, et je lui rends au centuple ce témoignage qui est aussi pur que chacun de ces petits chiots.
Ils sont adorables, noirs et caramels et partagent ensemble la vie sauvage dans une tanière de toute beauté, au milieu des myrtes, au bord de la mer. Et quand vient le soir, dans la moiteur de la brise marine et les pourpres du ciel, je voudrais, rien qu'un instant partager la cène authentique couronnée d'étoiles, le regard tourné vers la croix du Sud.
À travers le taillis de la nature énorme
Flairant l'éternité de son museau difforme
Là, dans l'ombre, à tes pieds, ton chien voit Dieu
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VICTOR HUGO
Mais je me ravise aussitôt, l'errance, la vie vagabonde sont comme les jeunes années, elles ne peuvent plus durer ni s'éterniser; le danger veille, les prédateurs sont partout, très nombreux, animés ou métalliques... Il faut un toit pour les amis des hommes, pour ces êtres qui une vie durant accompagnent et soutiennent la cécité, la solitude, la vieillesse et le fils malade de l'homme.
Passer à côté de l'affection, de l'amour de nos compagnons d'aventure, en détourner l'attention du pied, c'est se priver durement d'un pan de vies. C'est aussi se masquer les yeux du cœur face aux questions majeures que l'existence dépose sur notre chemin.
Je me retourne, j'entends des aboiements, une plainte, qui montent des rivages surpeuplés, on dérange la portée; la chienne affolée, court et dissuade, ne sait plus être ce qu'elle fut parmi nous.
Elle habite au milieu de quelques îlots de nature aseptisée, souillée. Elle décline la fuite, la peur, la soumission parfois et l'angoisse... Sa silhouette efflanqué dit toute la promission d'une mère pour ses chiots qu'elle balance et qui la déséquilibre à chaque foulée vitale que l'été ébranle.
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Un aperçu des chiots à donner, métissés Labrador - 1 mois et demi - Ces animaux sont abandonnés et leur adoption s'accompagne d'une procédure par Association ( Vaccination, "puçage" pour les petits, stérilisation pour les mères et dossier de traçabilité ) .
Se rendre sur le Site de Martine:
protection canine extrême sud corse
TEL : 06 20 80 33 43
ou
CRISTIAN
TEL : 04 95 74 25 18
En soirée, après 20 h ou sur portable
06 29 89 64 21
03 juillet 2009
AU TEMPS QUI PASSE....
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Les années passent, défilent et rien n'arrête leur course folle; puisse la mer, compagne fidèle des solitudes et des grands jours réconcilier l'homme et la vérité, bercés d'ondes et de pulsations vitales
AU TEMPS
Il n'est d'autres richesses
Que les jeunes années
Cueillies à la corolle aux moires des vagues
Délires d'un envol
Qui m'append aux étoiles
Folies qui emportent
Au-là des vents mes dérades
Là où les pensées et les songes
N'arpentent pas encore le crépuscule
Glissent sur les souvenirs
J'aime cet univers sans limites
Fluide et sans contours
Aux parfums exaltés d'évasion
De créations et de partage
J'envie le cours affranchi de l'instant
Et je veux le saisir au fil de l'eau de mer
Des nuages vagues à l'âme des cieux
Libre de toutes les entraves de la fuite et de la peur
Où les mots ne sont jamais trahis
Trop arrimés qu'il sont à l'ultime voyage
Bercés des flots inondés de soleil
La voix pousse le cantique des sens de l'émotion
Force l'espérance à l'étrave des passions
A la foi éternelle dont je suis fidèle
Aux seuils des mondes du partir
Le temps n'aura plus d'âge
Le chant des baleines habite l'océan
Qui n'en retient toujours que l'écho la joie
Et nous comble de désirs
de rêves vivants.
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C. G CAMPAGNAC
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ADOPTIONS, CORSE DU SUD...

Je suis une très gentille chienne; on m'a abandonnée il à plus d'un an sur un parking du bord de mer, sur une Île très belle, où les charmes se sont changés en enfer!!!
J'ai eu des petits, on me les a tués. Alors, pour ne pas être seule, j'ai recommencé et là, j'ai rencontré des gens, bons pour moi! ils ont compris que des bébés chiots sont aussi des bébés comme tous les bébés.
Beaucoup de mes derniers petits ont déjà été adoptés,
il en reste encore cinq!!!
Ils vivent terrés dans le maquis, petits mâles et femelles de
5 à 6 semaines,
croisés Labrador, couleur noire et caramel, à croquer...
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Je vous présente ici, l'aînée, qui bientôt rejoindra une famille d'accueil.
Et quand ses QUATRE AUTRES PETITS FRÈRES ET SŒURS seront casés, ne m'oubliez-pas, je suis aussi un cœur fidèle à prendre.
Martine, Cristian et Caroline, se sont occupés de moi, mais si je suis encore promise à l'errance, je suis enfin stérilisée, je ne veux plus abandonner mes progénitures aux saisons meurtrières, celles des joies des humains aux bords de la mer...
Alors voici les renseignements qui vous mèneront à NOUS/
- Les auteurs du Site: 04 95 74 25 18 , en SOIRÉE, APRÈS 20 H
- SOS DÉCHARGE.ORG
protection canine extrême sud corse
UNE ASSOCIATION TRÈS EFFICACE EN CORSE DU SUD, SUR PORTO VECCHIO/
TEL: 06 20 80 33 43
E-MAIL /
sos.decharge@orange.fr
29 juin 2009
CANTE JONDO...
A propos du " cante jondo "
"C'est profond, véritablement profond,
plus encore que tous les puits et toutes les mers qui entourent le monde, beaucoup plus profond que le coeur actuel qui le crée et que la voix qui le chante, parce qu'il est presque infini. Il vient des races gitanes, traversant le cimetière des années et les frondes des vents fanés. Il vient des premières larmes et du premier baiser.»
"Es hondo, verdaderamente hondo, más que todos los pozos y todos los mares que rodean el mundo, mucho más hondo que el corazón actual que lo crea y la voz que lo canta, porque es casi infinito. Viene de razas gitanas, atravesando el cementerio de los años y las frondas de los vientos marchitos. Viene del primer llanto y del primer beso...»
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FEDERICO GARCIA LORCA
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LA CHIENNE ABANDONEE et SES DIX CHIOTS...
Sous la ramée de myrtes en fleurs et odorante, j'ai découvert une portée de dix petits chiots. J'ai aussi appris que la mère, depuis plus d'un mois, les allaitait. Ils s'éveillent aux jours et à la vie sur un tapis d’herbes couchées, de chaumes blonds étendus de sommeil et lissés de caresses.
Dans l’ombre et la fraîcheur matutinales, il règne au sein de cet abri une douce et tendre chaleur maternelle au goût du lait de printemps, partagée par la grande fratrie et bue aux mamelles généreuses de la mère qui se livre de toute son oblongue maigreur; elle donne, elle prodigue ces philtres d’amour essentiels et précieux liant entre eux des songes d'existences cachés sur la terre. J'ai partagé un moment l'intimité de leur cache, à même le sol humide et l'humus.
Le soleil se faufile entre le lentisque et le myrte, distillant le parfum suave de milliers de pétales. Chaque corolle tombe, averse de pistils innombrables qui s’étirent en instants d’aube, en rais de lumières blanches comme les racines du ciel dès le lever du soleil.
Des galeries sillonnent allègrement, le bosquet rafraîchi, labyrinthe sauvage et familier déjà investi par les jeux insouciants de ces petites créatures cocasses et joyeuses, s’amusant à se cacher ou à s’effrayer d'un rien.
Je découvre ici l’ébauche dépouillée d’un bonheur éternel auquel on voudrait encore croire. Mais peu à peu, la tristesse des heures qui leur sont maintenant comptées gagne et emplit mes yeux embués, mon regard ému de compagnon du hasard; je m’attends au pire en ce matin du monde aux goûts amers des humanités multiples et aveugles qui vont les condamner à jamais, à partir.
L’été dernier, la mère avait été abandonnée aux seuils de l’opulence et de l’épure savante parties en convalescence de longues maladies urbaines… Au milieu de la foule et des concentrations d’automobiles, le criminel s’est défait de son fardeau dans l’abject fatras des vacances ensoleillées et d'une frénésie d’instants grignotés, que seules la mort et la lâcheté consomment à petit feu au bord des routes, sur le quais des ports, enfin là où il est aisé de se cacher pour y perpétrer les forfaits de l'enfer ...
Fille- Mère de l’errance, semblable à toutes les délaissées, la chienne porte toujours dans le regard la reconnaissance de tout ce qui fut bon pour elle, ayant oublié des hommes leur traîtrise au cœur insensé de pierre.
Elle erre depuis avec les mois, de maisons en voitures, devant les tables garnies de victuailles aux soirs d’abondance et s’en rentre à la tombée du jour abreuver la portée du nectar des cieux au bord de la mer. Et quand elle a honoré sa voie, comblé sa noble et belle légende, quand les petits sont rassasiés, elle veille allongée, délivrée, sûrement heureuse sur leurs ébats à l'entrée du foyer verdoyant, à l'orée de la nuit.
Une année s’est écoulée, la saison approche ; il est des bonnes âmes qui viennent, aux mimiques compassées, s’attendrir auprès des petits chiens " sdf ", qui les prennent à la journée avec eux sur la plage, pour un caprice d’adulte de plus, puis les reposent dans leur niche naturelle le soir venu ; la mère s’occupe de sa progéniture, les chiots sont propres et sains, leur pelage est lustré, peigné d’attentions attendrissantes. Ils se montrent alertes et pleins de cautèle au détour du buisson, au bord du moindre danger... Ils amusent et distraient les cours citadines expatriées!
Les propos décousus et sans suite fusent et se perdent en prétéritions.
" C'est rassurant, on peut alors repartir tranquille...", nous confie - t- on !
Deux élus auront la vie sauve. Pour le premier, il aura fallu toute la sensibilité et l’affection non verbales, répandues en gestes universels de maman pour vaincre les réticences et gagner enfin la compassion d’un époux à la faveur d’un enfant enclin à tous les partages.
Le second est adopté immédiatement par un jeune saisonnier embauché sur le site,qui fond en larmes!
C’est ainsi que les jours vont, sans crainte des lendemains sombres et spasmodiques de la faim, de la souffrance jusqu'au bout de la cruauté. Dans bien des endroits, le chien n’est considéré qu’en ligne de mire des deux canons superposés du fusil criminel, des canons juxtaposés de la bêtise et du sang! Il pèse son lot de gibiers rapportés le dimanche, remportant dans le devoir consenti et quelques jours d’ébats sanglants, de brèves cavalcades de libertés mesurées, loin de la niche en tôle chauffée à blanc et des dizaines de maillons de chaîne raccourcie.
Ce matin, après maints tracas et soucis, il faut décider vite du sort de la famille très nombreuse et de la mère. Le temps presse, les dangers se multiplient aux portes de l’été, elle s’affaiblit, nourrie avec parcimonie ou de temps à autres au bon vouloir d’âmes rares et sensibles. les chiots vont s'éloigner, se perdre alentours. Voués à la mort certaine, par balle ou d’épuisement, de soif ou écrasés sur les routes encombrées de la saison, ces petits chiens, devenus vite adultes seront livrés à eux –mêmes, aux seuls larcins près des ordures et sauvagement réprimés dans les hauts lieux de l’aisance saisonnière où vient mourir un peu plus la mer à chaque marée .
L’adoption est aléatoire, incertaine, les vacances ne s’y prêtent pas - elles sont aux désespoirs de l'animal - et on ne sait s’il sera possible de trouver une attache définitive pour chaque chiot.
Une décision, dure et affligeante s'impose à nous, l’euthanasie ! La mère sera stérilisée et remise à l’errance en ces lieux qui lui sont familiers. Je viendrai la voir et la nourrir aussi souvent que possible. Elle est si bonne et me rappelle une autre chienne que nous avions adoptée il y plus de dix ans, après qu'on lui eût brisé la patte d'un coup terrible de chevrotine. Elle a vécu amputée de sa patte arrière au milieux des enfants et de nombreux amis chats, avant de s'éteindre des suites de sa mortelle blessure...
Mais pour tous ces petits êtres qui tout à l’heure ne seront plus, arrachés à leur bonheur de fourrures, de chair et de sang mêlés, d’affection léchée et débordante, je ne peux plus contenir mon sanglot ; il m’emporte et me fait mal, plus mal que la mort, aussi mal que la souffrance de l’enfant mal nourri et que la vie injustement déshéritée.
Les inactifs railleront l'accès déplacé de sensiblerie ou d'état d'âme! C'est sans importance...
Au petit matin, je les ai retrouvés, ils sont venus un à un autour de moi, il m’ont caressé de tout leur petit museau plissé qui n'aura pu que téter et glapir, reconnaître celui qui est bon pour eux; ils m’ont entouré, ceint d’amitiés originelles et de toutes les confiances gratifiantes de l'humilité. Je demeure dans la tanière, accroupi ou à genoux, le front contre terre, dans l’innocence impossible de nos âges adultes, de notre temps avare et sélectif, trop souvent compulsif. Je n’ose plus un geste, il faut se rendre à l’évidence, cette situation suppure et nous revient infectée de l’acte vil d’un abandon ; elle se dégrade et se répand comme la pandémie et la famine.
Quelques minutes plus tard, la petite camionnette que je conduis au vétérinaire abrite la moitié tremblée de la fratrie blottie au creux des sièges et des tissus où ils retrouvent ensemble un peu de douceur. Il me semble conduire un corbillard aux rideaux baissés sur toutes les forfaitures salissant cet instant de calvaire, je sens peser sur moi les vertiges et la meurtrissure silencieuse de la trahison . Je les emporte ailleurs, ils sont déjà dans mon chagrin et ma peine. Je suis talé, meurtri. Je vois mal la route, je n’entends plus les moteurs, ma peine s’est emballée et leur frisson est maintenant celui du ciel ; le sentent-ils ? Je ne vois pas la différence qu’il pourrait y avoir entre ces petits chiots et le fils de l’homme et quand bien même, il y en aurait, cela changerait-il quelque chose? Ce sont des vies qui veulent vivre parmi d'autres vies!!! Elles ont été mises sur ma route pour qu'elles ne rencontrent pas les affres et les cotissures de la déshérence animale.
Mais je sais qu’au milieu de ces milliers d’êtres humains venus goûter aux plaisirs, aux joies estivales de la nature, au plus profond de l’hiver, il en est un qui incline le cœur sur le devenir barré de ces dix petits destins d’existence aux allures sordides de géhennes. Il en est un, qui avec tant d’autres, récusent au quotidien l’empire de la souffrance et l’emprise insoutenable de la maltraitance aux portes de l’excès et des indifférences.
Les refuges débordent et refusent de nouvelles entrées d’animaux, les associations sont débordées et leurs responsables s'effondrent devant la consternante réalité. Il faut arrêter le cours maudit de l’infortune animale, c’est aussi à ce prix que l’on entreverra peut-être la fin de toutes les blessures du monde.
Aujourd’hui, je suis triste, demain, il me faut trouver le courage d’aller chercher les autres petits enfants du maquis. Je ne serai pas tout seul, j'emporterai avec moi la mère de ces lutins, de ses peluches animées de joies afin que plus jamais elle n'enfante l'inutile aux royaumes asservis et aveugles des hommes. Je sais que j’aurai mal, mal aux gens et aux mondes de ces siècles qui infusent de partout l’opprobre et la pourriture, qui se vautrent et se cachent derrière les artifices bas et déplorablement mortels de la matière commuée en crise de billets, en ferrailles et en béton, jalousement gardés comme les petits privilèges de nantis au bord de l'eau bleue.
La misère comme la souffrance sont sans frontières, elle frappent aux cages des hommes et des animaux qui ne peuvent la discuter!
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CRISTIAN-GEORGES CAMPAGNAC
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NB , je n'ai pas gravé cette scène admirable de vies maternelles, j'en garde au fond de moi la profonde blessure. La photo de l'article est tirée des archives du web images.
Nous avons 25 chats, dont les 3/4 ont été stérilisés et deux chiens adoptés. A chaque fois que l'occasion se présente, nous contactons les Associations afin d'obtenir une aide remarquable.
Mais le plus dur reste l'état déplorable de certains agissements de nos congénères humains, de ces mœurs qui nous plongent au fond du trou et contre les quels nous ne pouvons rien si ce n'est le talion!!!
24 juin 2009
EPILOGUE, LOUIS ARAGON...
Découvrez Jean Ferrat!
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Je me tiens sur le seuil de la vie et de la mort les yeux baissés les mais vides
Et la mer dont j'entends le bruit est une mer qui ne rend jamais ses noyés
Et l'on va disperser mon âme après moi vendre à l'encan mes rêves broyés voilà déjà que mes paroles sèchent comme une feuille à ma lèvre humide
J'écrirai ces vers à bras grands ouverts qu'on sente mon cœur quatre fois y battre
Quitte à en en mourir je dépasserai ma gorges et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu'on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu'il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre
J'ai choisi de donner à mes vers cette envergure de crucifixion
Et qu'en tombe au hasard la chance n'importe où sur moi le couteau des césures
Il me faut bien à la fin des fins atteindre une mesure à ma démesure
Pour à la taille de la réalité faire un manteau de mes fictions
Cette vie aura passée comme un grand château triste que tous les vents traversent
Les courants d'air claquent les portes et pourtant aucune chambre n'est fermée
Il s'y assied des inconnus pauvres et las qui sait pourquoi certains armés
Les herbes ont poussé dans les fossés si bien qu'on ne peut plus baisser la herse
Dans cette demeure en tout cas anciens ou nouveaux nous ne sommes pas chez nous
Personne à coup sûr ne sait ce qui le mène ici tout peut-être n'est qu'un songe
Certains ont froid d'autres ont faim la plupart des gens ont un secret qui les ronge
De temps en temps passent des rois sans visage On se met devant eux à genoux
Quand j'étais jeune on me racontait que bientôt viendrait la victoire des anges
Ah comme j'y ai cru comme j'y ai cru puis voilà que je suis devenu vieux
Le temps des jeunes gens leur est une mèche toujours retombant dans les yeux
Et ce qui l'en reste aux vieillards est trop lourd et trop court que pour eux le vent change
Ils s'interrogent sur l'essentiel sur ce qui vaut encore qu'on s'y voue
Ils voient le peu qu'ils ont fait parcourant ce chantier monstrueux qu'ils abandonnent
L'ombre préférée à la proie ô pauvre gens l'avenir qui n'est à personne
Petits qui jouez dans la rue enfants quelle pitié sans borne j'ai de vous
Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
Vous aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris
Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix
Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le plis des habitudes
Bien sûr vous me direz que c'est toujours comme cela mais justement
Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans l'engrenage
Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage
Est-ce qu'on peut avoir le droit au désespoir le droit de s'arrêter un moment
Et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire
Rappelez-vous que nous avons aussi connu cela que d'autres sont montés
Arracher le drapeau de servitude à l'Acropole et qu'on les a jetés
Eux et leur gloire encore haletants dans la fosse commune de l'histoire
Songez qu'on arrête jamais de se battre et qu'avoir vaincu n'est trois fois rien
Et que tout est remis en cause du moment que l'homme de l'homme est comptable
Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d'épouvantables
Car il n'est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien
Vous passerez par où nous passâmes naguère en vous je lis à livre ouvert
J'entends ce cœur qui bat en vous comme un cœur me semble-t-il en moi battait
Vous l'userez je sais comment et comment cette chose en vous s'éteint se tait
Comment l'automne se défarde et le silence autour d'une rose d'hiver
Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant
En face pour savoir triompher Le chant n'est pas moins beau quand il décline
Il faut savoir ailleurs l'entendre qui renait comme l'écho dans les collines
Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l'ensemble des chants
Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu'une voix se taise
Sachez-le toujours le chœur profond reprend la phrase interrompue
Du moment que jusqu'au bout de lui-même le chanteur a fait ce qu'il a pu
Qu'importe si chemin faisant vous allez m'abandonner comme une hypothèse
Je vous laisse à mon tour comme le danseur qui se lève une dernière fois
Ne lui reprochez pas dans ses yeux s'il trahit déjà ce qu'il porte en lui d'ombre
Je ne peux plus vous faire d'autres cadeaux que ceux de cette lumière sombre
Hommes de demains soufflez sur les charbons
A vous dire ce que je vois
LOUIS ARAGON
LES POÈTES
Tiré de l'Ouvrage: Mille et cent ans de Poèsie Française
Ed: Robert Laffon
Pages 1607-1608-1609
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23 juin 2009
MES PENSEES VONT AUX POETES...
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Les images naissent avec les mots, perlent au collier des pensées; les mots coulent, cascatelles d'images au fil émerveillé des sens en déraisons. Ils inondent ensemble et en musique la rime fluide,ravie à la dureté des maux de l'existence.
Et comme le magicien, poète d'un jour, d'un siècle, tu les changes en émaux
damasquinés, trésors de l'enfance qui musent entre les lignes, jusqu'à l’âge d'or de nos années qui s'accumulent et qui fleurissent comme les saisons.
Ils
vont avec le poète, comme les souvenirs, visiter un nouveau monde de rêves où les douceurs de l'âme toujours s'y promènent aux confins des possibles, hélant l’imprévisible, l'improbable
jusqu’aux dernières lueurs et l’ultime soupir exhalé en réminiscences.
C'est
la beauté d'une fleur éclose, aux parfums de l'étreinte amoureuse ou le pampre au levant,
comblant l'univers d'espérances qui accompagnent les saisons et les jours. L’évasion
sapide au cœur du printemps s’étend en caresses de pétales soyeux, les notes aveugles
et mélodieuses du baiser iront susurrer en nous l'émoi tremblé des mots
qui se cherchent et se retrouvent au fond de deux êtres, au seuil douloureux du
partir, d'une rencontre. J’oserai avec lui, encore une fois, un bonheur arrimé définitivement à la chaîne torsadée de l'alliance que l’on
croyait rompue, un bonheur bu à la source intarissable du verbe et aux derniers
lacets de l'ascension...
Le
poète décline indéfiniment le charme et tous les atours de la femme aimée, dont le
galant un instant se pâme, ou pour la vie, l’amoureux s’est perdu près d'un
visage, contre un sourire !
Le
poète est sans limites, il est l'avenir déjà bâti de toute conscience à naître, pense la conque, l’îlot encore inhabité dans l'océan de la vie et son
histoire est un conte traversé de voyages, une aventure provoquée, un
témoignage de vérités et des destins impossibles au creux de l'invisible,
au terme pensé et délié des doigts de sa main vagabonde. Pleurerait-il en vain, à douleurs les fatalités vécues, fustigées d'opprobres et de blasphèmes, ruisselant
en larmes d'encre noire sur le parchemin rouge d’humanités encore et toujours à tuer?
Ses
phrases éclairées vont comme les bras ouverts dessiner le cours tendre de
l'amitié, le vaste lit de la fraternité et n'ont de persuasion que la force des
messages sans frontières, du chant revenu des ancêtres et des chaumières,
l’éclat ocre des sables et l'horizon azuré de la mer qui décline avec le ciel!
Peintre,
alchimiste des mots, il couvre d’aquarelles diaphanes et de lavis évanescents
l’aube et la vesprée, illumine de mille feux, sans artifices la nuit
déchue d’obscurités…
Le poète croit toujours en l'homme quand d'autres hommes le tuent et le délaissent ou
ravagent subitement les rives de l'existence, le respect de la vie fracassée de
silences, de complaisances investies en pouvoirs. L’homme accompli en poésie n’est qu’un
seul, le poète s’inscrit dans la lignée du verbe et de l’esprit à
travers les âges, voyant plus loin que l'horizon.
Et son absence est un aveu, un vide
tumultueux, le cri vengeur de la révolte aux gibets nourris et justifiés
d’idoles, la mort piquée, lynchée d’injures, de vilénies prosternées.
Au
Levant, dans le ponant les esquisses amarante du ciel rougeoyant lui disent l'oracle cruel et
un siècle de sang, l'abandon et la déchirure des hommes fourvoyés en barbaries,
noyés de solitudes, abîmés en dérélictions.
J’envie ta liberté d’ailes blanches palpitant au
royaume des anges, tu es l’oiseau qui de la foule s’élève et se détache puis
revient comme le grain de sable se fondre à l’esprit immensurable du désert,
comme la goutte d’eau de mer rendue à la neige immaculée des sommets.
La misère et l’indigence sont tes ennemis, la souffrance des mondes déshérités, grevée
des cruautés infligées à l’animal est ton calvaire.
Il
connaît la mer répandue en vastité indomptable, infusée de toutes les étoiles brillant
au chapelet de la foi éternelle et psalmodie comme il chante
l’errance recommencée, la scansion des vagues et le retour à la vie, à l'amour.
Vers l’horizon des souhaits, espère et devine encore, lit et relit les
sillages gravés aux labours féconds du marin lancé à travers l'océan pour y
révéler profondément le partage incessant que se font de la terre tous les
hommes de bonne volonté.
J’imagine
le poète, artisan ou orfèvre qui arpente le temps et revient des années, des
légendes et du mythe annoncer l’avenir de l’homme. Il écrit à nouveau ce qui
fut et qui pourrait –être, comme une utopie, un lendemain. Ne marie -t-il pas l’étoffe virginale de l’aube au vivant, louangeant
le grand don de la nature à la pensée, enfin réconciliées? C'est pour garder au fond des
âges la mémoire fertile de l’être, la tiédeur apaisante de l’éveil flottant en
songes d’îles, la candeur et la simplicité des choses oubliées, que l’on dit
passagères et futiles .
Le poète demeure au temple, rassemble les sentiments égarés, à la porte des cieux, il est le révélateur de
l’au-delà et de la grande énigme.
Il dévoile le jour à l'affut de l’instant et de ses nuits le siècle se fonde, il est le bruissement de la
feuille de vigne sous la tonnelle ensoleillée, le trille de l’oiseau au rivage
retrouvé, la main touchée d’un regard après la longue absence, une larme amère
qui fend un quai de gare, l’infinie tristesse de la déchirure, le cri broyé de
la solitude... Et d’un rien tu émerveilles, d’un tout,tu modèles l’essence de
chaque chose.
Alors
la sagesse s’assied aux pieds de l’arbre, noueuse comme le chêne, le cèpe de
vigne… Les sanglots du saule égrènent les mois, dispersés en gouttes, en bribes
de maux dans le long fleuve et sur le sol de l’infortune.
Et
s’il était un poète qui sommeille en chacun de nous pour dire la parole sacrée,
faire le verbe de chaque jour, charpenter la promesse donnée prompte à édifier
l’âme universelle?
CRISTIAN-GEORGES
CAMPAGNAC
Aux
tueurs de vies, à l’indifférence des jours
22 juin 2009
HOME OU LA PLANETE BLEUE ....
LE FILM, cliquez et visionnez
HOME - un film de Yann Arthus-Bertrand
Regardons cette bande annonce
Un Film remarquable
des messages poignants
disons-nous bien, qu'amener
le béton les déchets la roue
vomir l'anarchie
et l'opulence dans la mer
tuer le temps dans les airs
c'est d'abord penser l'homme
petit et cupide
et omettre la nature immense
qu'on ne cesse de blesser mortellement
partout dans le monde
Jusque dans ses moindres recoins
des fosses marines
aux plus hauts sommets
Le sauvetage de la planète
passe par le respect
de l'environnement
à tous les niveaux de
l'organisation humaine
de l'individu aux modèles
mondialisés de société...
Chaque geste, chaque attention
compte maintenant
Nous en avons les moyens
c'est un vrai et noble défi !!!
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Un changement de civilisation s'amorce avec l'avènement d'un tel chef d'œuvre cinématographique; au-dessus des hémicycles, des conférences avares, il ne touchera peut-être pas les mondes de pauvreté, oubliés mais plutôt nos sociétés d'opulence et de gaspillage.
L'issue de la planète est autant dans les urnes que dans chaque petit geste disséminés au quotidien, aux quatre coins de la planète.
Les décideurs et les politiques de ce monde ont désormais les cartes en mains, il est encore temps d'inverser la machine infernale, pesons de tout le poids de nos préoccupations et de nos soucis pour que revienne le règne et l'harmonie de l'homme - nature !
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" qui cueille une fleur,
dérange une étoile " !!!
Mais aussi, je souhaiterais, comme m'en informait un internaute, interpeller toutes les compétences d'une telle logistique pour savoir ce qu'une réalisation de cette ampleur a pu coûter, dégager comme chiffre d'affaire ?
A n'en point douter, des sommes faramineuses. Elles l'auront été grâce aux talents conjugués de la technologie mais aussi d'un savoir-faire professionnel.
Mais il demeure, que ces images splendides sont celles de la Planète, de ce patrimoine mondial de l'humanité et plus encore de nombreux pays en voie de développement inlassablement survolés pour les besoins du film.
Milema-Arte aurait souhaité qu'une partie de ces retombées financières qui vont être colossales aillent abonder nombre de projets d'actions humanitaires :
d'aide à la culture, à l'équipement en milieu rural, d'actions contre la faim et la pauvreté, de réalisation de dispensaires, d'écoles et d'hopitaux ,de traitement et d'adduction d'eau potable et agricole, etc ...
De lutte aussi contre les pollutions ou le traitement des déchets, pour les énergies renouvelables!
enfin, UN acte de gratitude envers le Sud qui a fait la richesse du Nord depuis l'hypothétique découverte du " Nouveau Monde "
EN 1492 !!!
Cristian
16 juin 2009
L'EMOI DE LA VALLEE ...
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Les oiseaux se souviennent et reviennent pour chanter l'avenir du passé, comme le vieillard assis au bord de sa vie
L' ÉMOI DE LA VALLÉE
Les
oiseaux s'emparent dès l’aurore de cette journée généreuse de Juin. Ils
ravissent l’air parfumé des vallons et la nature de leur chant multiple, de
joies et d'insouciances. J’assiste, admiratif, à la noria et aux va et vient de ces couples aimants, abreuvant le nid tandis que l'oisillon frémit dans la complaisance et la tendresse des jours. Je longe les champs
fauchés humant l'éteule encore odorante, visite pénible où la langueur de ce matin à part, marche sur les pas épuisés d’un siècle
presque conquis, d’une existence proche qui a brûlé comme un feu de paille.
Mes pas
sont rapides, heurtés, je ne suis plus en paix, arrimé à jamais à une histoire
qui fut et ne reviendra plus, à ce torrent qui a coulé en d’insaisissables et
imprévisibles méandres..
Je marche vers le passé
et l’avenir labouré des jours semés, engrangeant les années mortes aux pieds des vignes délaissées.
Les villages blottis à flancs de montagnes, au creux de la mémoire tiède de l'olivier et de l'arbre à pain, sous la voûte lumineuse des mêmes cieux, sont restés ce qu’ils ont toujours été, ces refuges colorés précautionneusement disséminés entre les collines et les monts, regardant le soleil et défiant les vents aux meilleurs moments des mois de l’année.
La brise mélodieuse toujours s'y promène entre les allées, sous la frondaison.
Aux premières lueurs du soleil levant,
ils roussissent, ils s'embrasent, semblant revenir ensemble des derniers feux de la vie pastorale.
On y découvre encore l’antre familier et attachant des quatre saisons, jonché
de tous les petits riens rivés aux savoirs, aux usages laborieux dans l'avenière. Je respire toute la générosité et la diversité
des terroirs, qui s'en sont enfuis.
Je poursuis mon chemin,
les chiens s’éloignent et se perdent en aboiements esseulés, mes pas vont à l’amble de
la faucille au milieu des calicots, des coiffes, de la bure et de la haire, les faux et le métal fourbis iront à bout de bras
combler la grange et le troupeau. J'admire l'enfant et le père liant la gerbe mûre, le champ parle et murmure ses rêves agrestes. Le premier quartier de lune décline, j'entends rire et palpiter l'été; la meuble épaisse et dorée s'arrondit déjà, évocations sapides de la grande tablée et de la cène autour du foyer. Les bœufs sont impassibles et paissent à côté des attelages, tous dévoués qu’ils sont aux
primeurs de la terre, avant le dernier effort et l'ultime peine du jour.
Je m’en retourne de cette époque égarée et du silence auroral de la profonde vallée quand je découvre maintenant
les pavés de foins aux formes désespérantes de régularité et tout aussi géométriques. Je me lasse de la monotonie et de l’intransigeance des
machines, de la frénésie et de la voracité de la roue et du moteur. Un homme vient à
bout du fourrage, il n'y a plus de moissonneur ; l’herbe, la fleur sauvage et le foin ont expiré, en un seul jour grimé du carcan de la fuite du temps et de la trahison de l'adage. Toutes
les senteurs ravies aux mois jeunes et au retour à la vie laissent dans le grand
champ ravagé et défleuri les souvenirs inertes et ficelés de la fenaison et des moissons.
Un bruit machinal, intransigeant, lancinant et malodorant recouvre une époque, une ère disparue,
inondant tous les horizons d’un vacarme de fumée et d’explosions; c'est le tocsin et la marche funèbre qui remontent des bourgs effrénés.
Alors je suis le cours
désaffecté de l’oubli, laissant en amont l’entrain de la vallée, vivant le
décours et l'invasion implacable des hangars, de la tôle, lacérant les collines.
La ville s’éparpille en
désordre et gagne en solitudes resserrées, cloisonnées à la faveur du béton et du barbelé,
tous les vieux villages accrochés aux coteaux. Elle s’élève comme un mur, une
marée venue de la mer traversant les rivières, bannissant la transhumance et
étouffant le souffle frais des montagnes tombé en clartés d’aube, parfumé des
essences de pins.
Le soleil vient de se
lever lançant à l’assaut des cimes et de l’adret ses rais orangers et
replongeant l’ubac dans le clair-obscur de la nuit rebelle. Dans la lente
révolution de la terre autour du soleil, entre zénith et nadir, l’astre de
vie revient de nos nuits avec tout l’or brassé de la vallée respirant l’épi et le
verger, rafraîchie à la source du fruit, resplendissante au panier blonds des récoltes.
Dans quelques heures, la vallée chauffée à blanc aura perdu la transparence et la candeur furtive du frisson, du petit matin.
Mes pas résonnent, je déraisonne au bord de la route qui tue, qui foule le temps. Je lui parle tout bas; où est-il, que fait-il ? Serait-ce lui qui guide mes pensées ou conduit au fil de mes pas pesants la dernière errance vers les feux de la Saint Jean et Juin qui jaunit, qui s’assèche déjà … Une profusion d’images, de scènes gambadent et s’éteignent comme les collines vers les sommets escarpés, sur le parchemin froissé de nos liens lentement brisés. Comme un livre que l’on ne voudrait jamais refermer, comme une dernière page lue et relue, maintes fois tournée pour rester encore un peu avec lui, je dis l’émoi de la vallée, je raconte les mois qu'elle abrite, maintenant et à jamais prisonniers d'une grande maison triste…
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Cristian, à Jean
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12 juin 2009
ENCOIGNURE, PERSPECTIVES, LIGNES...
Voici quelques détails de l'encoignure de la coiffeuse présentée en amont sur le site, avec la petite étagère de coin et le tiroir en bois flottés qui se loge dessous, les équerres, le petit taquet sur le côté, futur support d'un abat-jour tous bois des flots ...
Les fonds de tiroirs sont en contre plaqué marine d'acajou et flottés!










































