MILEMA ARTE

Témoignages d'une Alchimie et d'une osmose Nature et Culture ,cet Espace voudrait être une Ode à la diversité ,à la Tolérance et au respect de la vie , des Différences ,l'exaltation des richesses du passé , des savoirs faire...

23 juin 2009

MES PENSEES VONT AUX POETES...

Mercedes Sosa

Lorca

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Les images naissent avec les mots, perlent au collier des pensées;  les mots coulent, cascatelles d'images au fil émerveillé des sens en déraisons. Ils inondent ensemble et en musique la rime fluide,ravie à la dureté des maux de l'existence, de tous les jours.

Et comme le magicien, poète d'un jour, d'un siècle, tu les changes en émaux damasquinés, trésors de l'enfance qui musent entre les lignes, jusqu'à  l’âge d'or de nos années qui s'accumulent et qui fleurissent comme les saisons.

Ils vont avec le poète, comme les souvenirs, visiter un nouveau monde de rêves où les douceurs de l'âme toujours s'y promènent aux confins des possibles, hélant l’imprévisible, l'improbable jusqu’aux dernières lueurs et l’ultime soupir exhalé en réminiscences.

C'est la beauté d'une fleur éclose, aux parfums de l'étreinte amoureuse ou le pampre au levant, comblant l'univers d'espérances qui accompagnent les saisons et les jours. L’évasion sapide au cœur du printemps s’étend en caresses de pétales soyeux, les notes aveugles et mélodieuses du baiser iront susurrer en nous l'émoi tremblé des mots qui se cherchent et se retrouvent au fond de deux êtres, au seuil douloureux du partir, d'une rencontre. J’oserai avec lui, encore une fois, un bonheur arrimé définitivement à la chaîne torsadée de l'alliance que l’on croyait rompue, un bonheur bu à la source intarissable du verbe et aux derniers lacets de l'ascension, à la source...

Le poète décline indéfiniment le charme et tous les atours de la femme aimée, dont le galant un instant se pâme, ou pour la vie, l’amoureux s’est perdu près d'un visage, contre un sourire ! J'aime ses délicatesses, ses largesses; il voit, auprès de son âme, je deviens aveugle et je devine tout!

Le poète est sans limites, il est l'avenir déjà bâti de toute conscience à naître, pense la conque, l’îlot encore inhabité dans l'océan de la vie et son histoire est un conte traversé de voyages, une aventure provoquée, un témoignage de vérités et de destins impossibles espérant au creux de l'invisible, au fil pensé, amoureux et délié des doigts de sa main vagabonde. Pleurerait-il en vain, à douleurs les fatalités vécues, ces bontés fustigées d'opprobres et de blasphèmes, ruisselant en larmes d'encre noire sur le parchemin rouge d’humanités encore et toujours à tuer?

Ses stances éclairées vont comme les bras ouverts dessiner le cours tendre de l'amitié, esquisser le vaste lit de la fraternité et n'ont de persuasion que la force des messages sans frontières, du chant revenu des ancêtres et des chaumières, l’éclat ocre des sables et l'horizon azuré de la mer qui décline avec le ciel!

Peintre, alchimiste des mots, il couvre d’aquarelles diaphanes et de lavis évanescents l’aube et la vesprée, illumine de mille feux, sans artifices la jour déchu d’obscurités sanglantes…

Le poète croit toujours en l'homme quand d'autres hommes le tuent et le délaissent ou ravagent subitement les rives de l'existence, méprisent le respect de la vie fracassée de silences, de complaisances investies en pouvoirs. L’homme accompli en poésie n’est qu’un seul, le poète s’inscrit dans la lignée du verbe et de l’esprit à travers les âges, voyant plus loin que l'horizon bas et gris des hommes.

 Et son absence est un aveu, un vide tumultueux, le cri vengeur de la révolte aux gibets nourris et justifiés d’idoles, de la mort piquée, lynchée d’injures, de vilénies prosternées de paraître.

Au Levant, dans le Ponant les pensées amarantes du  ciel rougeoyant lui disent l'oracle cruel et un siècle de sang, l'abandon et la déchirure des hommes fourvoyés en barbaries, noyés de solitudes, abîmés en dérélictions.

 J’envie ta liberté d’ailes blanches palpitant au royaume des anges, tu es l’oiseau qui de la foule s’élève et se détache puis revient comme le grain de sable se fondre à l’esprit immensurable du désert, comme la goutte d’eau de mer rendue à la neige immaculée des sommets, à la rivière.

 La misère et l’indigence sont tes ennemis, la souffrance des mondes déshérités, grevée des cruautés infligées à l’animal est ton calvaire.

Tu connais la mer répandue en vastités indomptables, infusée de toutes les étoiles brillant au chapelet de la foi éternelle et  psalmodies comme  tu chantes l’errance recommencée, la scansion des vagues et le retour à la vie, à l'amour. L’horizon  est des souhaits que tu nourris. Tu espères et devines encore, lis et relis les sillages gravés aux labours féconds du marin lancé à travers l'océan pour y révéler profondément le partage incessant que se font de la terre tous les hommes de bonnes volontés.

J’imagine le poète, artisan ou orfèvre qui arpente le temps et revient des années, des légendes et du mythe annoncer "l’avenir de l’homme". Il écrit à nouveau ce qui fut et qui pourrait –être, comme une utopie, un lendemain. Ne marie -t-il pas l’étoffe virginale de l’aube au vivant, louangeant le grand don de la nature à la pensée, enfin réconciliées? C'est pour garder au fond des âges la mémoire fertile de l’être, la tiédeur apaisante de l’éveil flottant en songes d’îles, la candeur et la simplicité des choses oubliées, que l’on dit passagères et futiles .

Le  poète demeure au temple, rassemble les sentiments égarés, à la porte des cieux, il est le révélateur de l’au-delà et de la grande énigme.

Il dévoile le jour à l'affut de l’instant et de ses nuits, de ses tourments, de ses angoisses, le siècle se fonde. Il est le bruissement de la feuille de vigne sous la tonnelle ensoleillée, le trille de l’oiseau au rivage retrouvé, la main touchée d’un regard après la longue absence, une larme amère qui fend un quai de gare, l’infinie tristesse de la déchirure, le cri broyé de la solitude...

Et d’un rien tu émerveilles, d’un tout,tu  modèles l’essence de chaque chose.

Alors la sagesse s’assied aux pieds de l’arbre, noueuse comme le chêne, le cèpe de vigne… Les sanglots du saule égrènent les mois, dispersés en gouttes, en bribes de maux dans le long fleuve et sur le sol de l’infortune.

Et s’il était un poète qui sommeille en chacun de nous pour dire la parole sacrée, faire le verbe de chaque jour, charpenter la promesse donnée prompte à édifier l’âme universelle?

 

CRISTIAN-GEORGES CAMPAGNAC

Aux tueurs de vies, à l’indifférence des jours

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