Diana di l’Alba

Le  regard des montagnes, l’œil perçant des cimes posé sur la mer des étoiles immense et sans frontières…

Je vais vous parler de ce Groupe Culturel et Musical surgi il y a près de trente années des profondeurs d’un Peuple, du Peuple Corse et de son âme séculaires. Cette formation aux multiples talents qui porte la Voix, le Chant, la Musique jusqu’au bout du frisson, des doigts du guitariste, de l’artiste qui caresse la Cetera. Des instruments réhabilités, revenus d’un passé que l’on croyait éteint se mettent à vibrer, à trembler, à flûter comme la flamme à jamais revigorée de la diversité, errant dans les arcanes, les coulisses d’un temps qui nous a toujours été familier.
Entre les accents, les pans de musique Baroque, les airs festifs d'antan et du Quadrille, les voix emmenées en canons, en chœurs, en polyphonies, c’est toute l’île de Corse qui défile devant nous, s'empare d'un cœur fébrile et en attente. Le Groupe chante, nous dévoile les symboles inexpugnables de la liberté, celui de l'animal sauvage que l'on traque jusque dans sa tanière alors qu'il peine à survivre, tel le rebelle, la Patriote...

L ‘amour, tout comme l'attachement à la terre, la survivance des racines, de la langue, de l' histoire partagées et d’une Culture impérissable sont des thèmes si souvent repris.

  Le Groupe évoque aussi l’actualité, les incendies, les sévices terribles de la drogue qui meurtrissent la jeunesse, ce monde qui s’enfuit frénétique et intouchable pour l’homme reclus entre béton et écrans virtuels…
C’est aussi une ode à la poésie, à la mer et aux montagnes qui en révèlent souvent l’ineffable beauté, la nature inviolable. Les poètes sont à l’honneur qui voient le fruit de leur âme danser avec les accords dans un univers où la rime et la note cavalcadent, franchissent tous les cols, atteignent des sommets au-delà de tous les horizons palpables et sensuels
Oui, au-delà des limites de la terre, une Musique sans frontières, une Musique du Monde, un voyage ou une traversée à bord d’un vaisseau dont nous n’aurions pour rien au monde manquer l’embarquement .
Et je les regarde, je les envie aussi de porter le sentiment, le verbe et le message comme une caresse délicate et profonde, la tête penchée pour déposer un baiser sur les cordes de la guitare, de la Cetera, du violon, effleurant la scansion des vagues. Puis c'est un instrument - réminiscence du bâton de palabre - qui vient évoquer la mer, le chant des flots… Tantôt c’est une flûte oubliée, rudimentaire mais si mélodieuse et douce qui susurre comme la brise, l'aure, ou alors une toute petite mandoline qui emplit notre ciel de joie et nous étonne tant elle tient dans une seule main, comme un tout jeune enfant; une cousine de la Gaeta Galicienne surprend et qui nous emporte sur ces rythmes endiablés de la Ballade Irlandaise; des percussions aussi franches qu’elles ne se délivrent qu’avec les doigts et les paumes de la main, aux touchers presque sensuels du batteur qui suit la mélodie, l’emmène et la délivre, la délie.
Oui, ce soir là, j’ai vu mon Île voguer au-milieu des flots, de la mer prompte à la parer de toutes les beautés insensées et vraies, j’ai partagé avec ces hommes la Passion d’une Terre dont on reconnaît tous le Don de Dieu, une Île à aimer ensemble jusqu’au terme audible de la Voix clamée en Polyphonie, du Chant, du Cri, et de la Révolte lancée au-delà de toutes les Pieve, de toutes les vallées disjointes de nos modernités.
Puisse ce témoignage honorer ceux qui ornent et jalonnent nos vies, nous donnant ces repères presque enfouis ou menacés de disparition.

Diana di l’Alba,

j’écrivais il y a peu un texte parlant du Tumulte des Pierres, de la Mémoire, du Couvent de Piedicroce … Voici un espoir aux vastes champs d'étoiles qui scintillent et joignent leurs faisceaux de diamants... Qu’ils perlent au-dessus de nos vies, comme des notes claires, des pensées translucides! Ne fertilisent -t-elles pas les versants de nos saisons?
Et pour finir, je loue le chœur du Groupe Diana di l’Alba, ces envolées chaleureuses où la tessiture des voix n’aurait d’égales que les pensées de ces Artistes mues par un amour indéfectible, celui de leur Terre, une Amitié sans faille que le don, la pérennité et la fidélité nouent et enracinent aux vendanges comme un pieds de vigne.

J'ai entendu et écouté ces Artistes se confier à la Montagne, l'été, dans les clartés étoilées du Mois d'Août; leur chant n'en était que plus pur et cristallin. La roche et les abrupts m'ont retourné à l'écho vivant de la terre des Ancêtres

Ils étaient Treize, treize à chanter, à jouer et à échanger leurs instruments, à pousser les chœurs de la terre, de la mer et de l'âme des Peuples conviés dans le Grand Sud. Ils ont partagé le Repas de la Fraternité

A ringraziavi, Omi di ssa Tarra

Amicizzia è Fratiddanza

Cristian

20101009222140_2_