Grand gel et soleil, oh, merveille !

Tu dors toujours, charmante amie __

il est temps, belle, éveille-toi :

ouvre tes yeux, indolemment fermés,

cours au-devant de l'aurore des neiges,

apparais étoile du Nord !

 

Hier soir la tempête mauvaise

couvrait de nuées le ciel bas

et la lune, tâche blême,

était jaune sur fond noir,

tu étais d'humeur chagrine,

cours à la fenêtre et vois :

 

Sous un ciel de nouveau bleu

la neige étale au soleil

ses beaux tapis scintillants,

seuls sont noirs les bois sans feuilles,

le sapin givré est vert

le ruisseau luit sous la glace.

 

Notre chambre s'illumine

D'une teinte ambrée. Le poêle,

joyeux, fait craquer ses bûches.

On peut rêver près de l'âtre

ou, si tu veux, faisons mettre

au traîneau la jument brune,

 

filons sur la neige vierge,

amie, et laissons courir

à son gré la jument vive

pour revoir les champs déserts,

les bois naguère touffus

et certains rivages chers.



3 - XI - 1829

Traduction : L. Martinez

Poèsie / Gallimard

 

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Rencontre avec

André MARKOWICZ


http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20111118.OBS4850/c-est-pouchkine-qu-il-ressuscite.html 


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