" L'homme approche plus rapidement par la grâce de la poésie du bord où le philosophe et le mathématicien tournent  le dos au silence " 

F. G LORCA


SONNET DE LA DOUCE PLAINTE

 

J'ai peur de perdre la merveille

de tes yeux de statue, et l'accent

que, pendant la nuit, pose sur ma joue

la rose solitaire de ton haleine.

 

J'ai peine à n'être en cette rive

qu'un tronc sans branches ; et ce qui me désole

est de ne pas avoir la fleur, pulpe ou argile,

pour le ver de ma souffrance.

 

Et si toi tu es mon trésor occulte,

si tu es ma croix, ma douleur mouillée,

si je suis le chien de ton domaine,

 

ne me laisse pas perdre ce que j'ai gagné

et décore les eaux de ton fleuve

avec des feuilles de mon automne désolé.

 

F. G LORCA

La Désillusion du Monde

Édition / Orphée

Pages : 117


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