VENDREDI 18 FEVRIER 1944 - Entretien 35 avec Lili

Ce livre est le compte rendu d'une série d'événements qui ont eu lieu en Hongrie entre 1943 et 1944. Ce n'est ni fiction, ni journalisme, ni littérature. Le lecteur doit le prendre tel quel ou le laisser.

Je ne suis pas l'auteur des Dialogues.

Je suis le scribe des Dialogues

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 Gitta MALLASZ, à son arrivée en France 

 

 

_ Je m'adresse à toi. Écoute ma bien-aimée !

Je continue à parler du sourire.

Vous passez à côté de lui. Il est tellement connu !

Vous ignorez ce qu'il signifie.

 

LE SOURIRE EST PONT AU-DESSUS DE L'ANCIEN ABÎME.

Entre l'animal et ce qui est au-delà de l'animal, _ 

un abîme profond.

Le sourire est le pont.

Pas le rictus, ni le rire. Le sourire.

Le rire est le contraire des pleurs.

Le sourire n'a pas de contraire.

 

Écoute-bien ; mon serviteur !

Tu es " celle qui aide ".

La clef de tous tes actes, de ton travail, 

de ton enseignement, c'est le sourire. Essaie ! 

Mets tes protégés à l'épreuve

pour voir s'ils arrivent jusqu'au sourire intérieur, 

car ensuite leur façon de se mouvoir va changer.

Le sourire, c'est plus sûr

que n'importe quelle gymnastique.

SOURIRE _ PAROLE _ CRÉATION

SONT LES ATTRIBUTS DE L'HOMME.

Mais attention, car il y a aussi ricanement vide ! 

Vernis _ perfidie _ et hypocrisie. Hypocrisie ! 

LE SOURIRE EST LA PRIÈRE

DE CHAQUE PETITE CELLULE, de chacune, et elle monte jusqu'ici.

Geste horizontal au niveau de la bouche.

Le sourire élève au-dessus de tout .

C'est si simple ! Mais personne ne le connaît.

 

Avez-vous observé où vous en êtes

lorsque vous ne pouvez pas sourire ? 

Dans la boue, dans la boue gluante.

Jusqu'au cou, ou jusqu'au-dessus de la tête.

Connais-tu quelqu'un qui sourit réellement_dis ? 

Lili.  Je ne crois pas.

_ Le sourire : condition première !

Où en sommes-nous donc ? 

Des pitres, usurpant  le visage humain, 

qui est sacré, et qu'est-il advenu ? 

Un affreux amas de boue ! 

Un tas de chiffons fripés !

Un masque barbouillé ! 

Misérables ! Sans-Dieu ! 

Une seule issue: le sourire.

Et il n'est connu de personne.

Quand tu ouvres les yeux le matin, souris-moi !

Quoi que tu commences, avant tes cours, souris ! 

Que chacun apprenne et essaie le sourire !

Observe le vrai sourire : à quoi le reconnais-tu ? 

Les yeux n'y participent plus ;  seulement la bouche.

 

Demande, mon serviteur !

Lili.  _ Parle-moi de la main.

 _ La main signifie : être prêt.

L'outil est prêt. Prêt à servir.

La main s'ouvre.

Je donne ....

La main se referme comme une griffe... ou je prends.

La griffe est force animale.

La main ouverte est prête.

Une fois encore, sans que je m'en soie aperçue, j'ai les poings fermés. S'adressant à moi : 

Cela n'est pas encore prêt.

Chez toi, ce n'est pas envie ni avarice, 

Mais manque de confiance en toi-même.

Tu ne crois pas que c'est LUI 

qui donne à travers toi.

Tu ne crois pas que tu en es digne.

Sois prête ! La main sourit, elle aussi. Tout sourit.

S'adressant à nouveau à Lili : 

Demande ! 

Lili. _  A la place de " Que TA volonté soit faite ", 

pourquoi voulons-nous toujours faire notre volonté? 

_ Parce qe nous ignorons la Sienne.

Si vous pouviez voir SA volonté autour de vous, 

qui apparaît à travers nous, 

vous ne désireriez pas faire la vôtre.

SA volonté est plénitude.

Accomplissons SA volonté.

 

Maintenant, c'est la volonté de l'homme 

qui s'accomplit, et non la Sienne.

L'homme est le plus féroce des carnassiers.

Sa main est pire que la griffe d'un prédateur.

Il sera pris à celui qui prend, 

parce qu'il n'est pas digne d'avoir des mains : 

la main n'est pas destinée à prendre.

 

As-tu encore une question ? 

Lili. _ Comment pourrions-nous renforcer l'unité entre nous quatre ? 

_ En accomplissant votre tâche.

Notre tâche est le Monde Nouveau.

Que feriez-vous dans le Monde Nouveau  

pour le monde nouveau ? 

Sachez à quoi vous êtes destinés.

 

RECONNAÎTRE NOTRE TÂCHE, 

C'EST VOIR APPARAÎTRE

DANS SA PURETÉ VOTRE INDIVIDUALITÉ.

Alors vous saurez à quoi vous êtes destinés.

C'est la seule méthode ; 

tout le reste n'est que palliatif à la douleur, 

dont le nom est " trop " ou " pas assez ".

 

Je reste. Il n'y a que le mot qui s'éloigne, 

car il est enfant du temps.

 

§

DIALOGUE AVEC L'ANGE 

Un Document recueilli par  Gitta MALLASZ - 1943 / 1945

Pages 213 à 216 - Édition intégrale : Aubier 

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