MARI BOINE 

 

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Comment ne pas avoir recours à l'évocation grandiloquente
Aux mots fantasques et empreints d'emphase   Lorsque vague 
L'esprit fasciné de l'émerveillement et du questionnement 
Incessants    A l'orée du Tout     de l'infime détail qui eût 
A lui seul illuminé la conscience et emballé la beauté


Faut-il raviver la mémoire de l'ange exilé qui se souvient 
Du paradis   Invoquer les ors oniriques de l'étoile Hölderlin 
Pour suivre le guide sur la voie polyphonique des champs lyriques 
Et des divines résonances  aux incantations multiples de la Nature
Rappeler Mallarmé immergé  au coeur d'une nuit d'Idumée


Ainsi trouver les justes termes d'une pensée au bord  de l'Eternel 
Il me suffit ici de dire   l'Univers en un seul lieu rassemblé
Lorsque les prairies de la mer  sur les rochers carmins  Et le tendre 
Des sables et  des moraines   étendent leur épais manteau de posidonies
Et d'entendre comme l'aveugle battre le pouls matriciel de l'océan
Comme l'écho de la plénitude emplit l'être d'une onde principielle


Le sel sur la dune réfringente confine au miracle du puits dans le désert
Où les gemmes d'eau claire caressent en miroîtant les confins de la soif 
D'un geste pulvéral dont l'insigne l'ablution étanchent les racines du ciel


En amont le maquis odoriférant des arbres à larges baies  fleure
Les songes du lointain Orient   ivres de fragrances et d'errances


L'enchantement court dans un silence d'aile et de pas feutrés
La grève moutonne dans les touffeurs  de l'été alenti et serein   

Là à nos pieds
Garde de ne pas fouler le bulbe et le bourgeon s'en revenant 
Des morsures du soleil et de l'embrun des vents étésiens

  La mer 
Etoilée scintille comme la Voie Lactée dans l'Univers brasille 
Le croissant de Lune manque à la prose qui eût ravi là-haut
Les transparences précoces d'un ciel que les cimes découpent

Il est en ces lieux de moires et de reflets le sanctuaire des choses
Qui  sans les nommer  jouent à se cacher et s'éveillent

Au diable la rhétorique et l'hyperbole quand le galbe et l'ellipse
En boucles concourent aux métamorphoses et rivalisent de fantaisies
L'instant se livre à la curiosité de l'unique en son ultime dessein
Je crois en la complétude d'une seule vie  éternellement passionnée

 

Le temps oscille et divague   il parfait le chaos chaque jour 
Recommençant le monde et les contours de l'horizon dionysien 

 

!

 

- En 1 ère Ecriture - Oui, à bord de la Folie, comme une nouvelle naissance  

!...

 

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Anémomorphose onirique, le temps d'un petit Univers ! Mais en fait, si nous nous en revenions de la fin, vers le commencement  ? Aurions-nous peut-être la chance de devenir éternel ! Superbe, ne trouvez-vous pas ? Cela ne vaut-il pas la peine de parier, une seconde Foi ...!