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CAIRN  ___ AMER 

KERNAMER

!

 

 

Régression inéluctable

comme par enchantement  

 

Là repose le tribut sensible d'un coeur

qui s'abandonne à l'harmonie

 

Dans le plus vaste des silences

vers l'amer en allé

Il regagne le Large

S'impreigne de la  fascination

vitale du vide 

d'un jeu létal

 

 

On y eût abrité
comme un talisman
évoqué aussi le nom 
d'un petit port 
que bercent les mers 
si lointaines de mon coeur 
et de Bretagne
ces amers aux ardoises
diluviées
dévalant leurs pentes 
sous les galernes 
du solstice
où brasille l'aube 
d'un grand départ
le sourire radieux 
d'un fils de la Manche

j'en essuie encore 
les gifles de givre 
les morsures du sel
et de la sueur du labeur
depuis ces coups de temps 
qui auront rudement 
courbé tant de fois 
le port altier 
de mes jeunes chevauchées
A bord de tous les voiliers
j'entends j'entends
qui m'emporte toujours 
L'écho tonnant 
de la Côte Sauvage
des brisants et des écueils

La terre et ses couchants
Ne saignaient pas encore 
mais se donnaient la main 
en regagnant l'Iroise
de Frehel par les Héaux 
Mon dieu que l'imaginaire
des enfants petits et grands 
demeure fabuleux
Quand il s'ébaudit 
sur l'azur des ciels 
et du grand bleu
comme les hérauts 
de la délivrance proche 
Quel numineux vaisseau 
que la candeur
s'abandonnant au sein 
dans les bras apaisants 
de la mère étendue sur le sable

Je vois tout ce que ces pierres 
délivrent de mots
confient de maux 
crient à l'absence amère
ces pensées à la fois polies
rugueuses et grenues 
Que les rides du visage 
esquissent depuis l'amertume 
de la blanche écume
Et qu'effleure une larme 
chue de la harpe
dont la corde s'est brisée
comme un lien 
aux doigts de l'ultime caresse

 

Ô solitudes azurées
mémoire de nos jeux 
d'antan fredonnez 
à l'orée de l'éveil ce cantique
aux musiques mortes
embrasez les tendres clochers 
veillant tant de plaintes égarées 
dans la nuit obscure
qui rassemblent
au-delà du sursis
du long sommeil de la houle

 

Subtil équilibre 
Une alme présence
en délinée
éphémères quelques figements
à la silhouette
vacillante
les traits d'un port unique 
que la souvenance des vagues
accordent
Trace empreinte 
d'innocence 
le doute et la raison 
naufragent de concert 
si près de nos citadelles
Stèles osées que l'insouciance 
brandit sur l'ombre trans-portée
et par trop abyssale
d'une lueur qui m'eût distancé

Voici amies pèlerines 
les confidences 
d'un petit poucet
osant sur l'autel des cieux 
l'humble amer qui l'eût un instant 
révélé un peu plus près des étoiles 
avant que de sombrer
de jeter l'ancre 
avant que de s'élever
au-delà de la dernière pierre
de plus en plus léger
Aux confins de tout absolu (e )
vérité________________ philosophal (e )

§ 

MARIN - De Passage - Amers 

 

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