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Jésus de Nazareth, scène du chef d'oeuvre cinématographique de Franco Zéffirelli 

 

Une fresque, la Vie de Jésus, ses derniers jours notamment ! Alors que la Chaîne ARTE  nous éclaire sur la présence de Jésus à travers les Sourates et les Versets du  CORAN, voici un extrait de l'une des dernières parutions concernant le Prophète, le Messie, le Blasphémateur dont le Sanhédrin récusa fondamentalement le Message et la Légitimité.

Un Extrait qui eût à ce point quantifié les propensions de l'homme dominant, les procurateurs et leurs Séides qui parfont  le dogme en commuant, en travestissant  l'esprit de la Loi à l'aune de l'occupant ; 

Un Extrait qui finalement eût éclairé  les protagonistes de l'hypothétique supercherie ou de la manipulation de l'épisode de la  Crucifixion, laissant entendre par là que,  sur la Croix, un quidam aurait été substitué à Jésus, afin d'engendrer l'avenir que nous connaissons ! Tant d'interrogations, de mystères, d'approximations aussi quant à l'omission et à l'éviction des Évangiles Apocryphes et Protévangiles ...

Un livre qui se lit comme on boit à la source après une longue marche dans le désert de la solitude, de l'absence, de la déréliction ! L'homme, à toujours, à jamais abandonné à lui-même, au mutisme de l'azur, à l'incarnat d'un couchant, d'une aube se levant sur ces drapés de sang et de pourritures. Tout est comme providentiel et bon dès lors que l'homme parvient à renouer avec le message de paix, la parabole d'amour et d'espoir, le merveilleux, le fantastique de la prophétie, l'enfance du miracle.

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LES RAFFINEMENTS DE LA PITOYABLE DOMINANCE HUMAINE

 

 

( ... )   De l'autre côté de Jérusalem, dans la forteresse Antonia, la douzaine d'hommes des escadrons de la crucifixion  sont assis devant leur ientaculum, le repas  principal de la journée Il est probable qu'ils ne pourront pas revenir à la caserne pour le repas léger  de midi, le prandium, aussi savourent-ils leur grand bol de bouillie d'avoine. Souvent, on la sert avec du fromage et du miel pour la rendre encore plus consistante : elle doit fournir à ces hommes l'énergie nécessaire aux tâches difficiles qui les attendent. Du pain, de la mauvaise bière et du vin rouge sont posés sur la longue table communale.

Barabbas et ses acolytes, déjà condamnés à mort, sont détenus non loin de là, dans les donjons de pierre de la forteresse. Le moment venu, ils seront conduits dans la cour où on laisse constamment à disposition des petites colonnes de flagellation - verberatio, pour les Romains.

Au sommet de chaque colonne se trouve un anneau de métal. Chaque condamné est conduit dans  la cour les mains liées. Les bourreaux lui retirent ses vêtements et le forcent à s'agenouiller, avant d'attacher ses mains à l'anneau en métal, au-dessus de sa tête. Les poignets sont ensuite également attachés à l'anneau. Cela contraint le corps à rester dans la même position, et il devient absolument impossible de se contorsionner pour éviter  les coups de flagellum. Avant même le premier coup, on voit la victime commencer à contracter tous les muscles de son corps et serrer les dents en prévision de l'horrible douleur qui lui sera bientôt infligée.

L'art du bourreau ne réside pas dans la force avec laquelle il fouette, mais avec la dextérité avec laquelle il arrache à la chair les vrilles  de métal et d'os après chaque coup. C'est la maîtrise de cette technique qui inflige les plus sévères lésions.

Pour démontrer leur supériorité, les tueurs professionnels - qui sont pour l'heure en train de prendre  leur petit déjeuner tranquillement - s'efforcent d'aggriper plus fermement la poignée  en bois du flagellum et de porter les coups un peu plus fort que leurs collègues. S'ils exécutent un travail exceptionnel, ils peuvent faire apparaître les organes internes de la victime. Comme l'historien Eusèbe l'écrira au sujet de ce spectacle,"  les spectateurs étaient frappés de stupéfaction lorsqu'ils les voyaient, lacérés par les foutes au point que l'on apercevait les veines et les artères les plus profondes, et qu'apparaissaient les parties les plus cachées du corps, à la fois les entrailles et les membres.

Mais aussi atroce que puisse paraître l'épreuve de la flagellation, elle ne constitue que le début d'un long calvaire. Car le verberatio n'est qu'un simple prélude à la crucifixion. 

Les soldats terminent leur bol et se lèvent de table. Il est temps de se mettre au travail. Jésus, le condamné, est conduit au palais de Ponce Pilate  ( ... ) 

 

BILL O' REILLY  et MARTIN DUGARD 

JÉSUS, LES DERNIERS JOURS 

ED / Cherche Midi 

Pages 275 à 277