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Éclosent
au petit matin
qui m'emportent loin de la nuit
il y a déjà si longtemps
jusqu'au tout premier regard
Comme une rencontre
trois jeunes  visages
offrent leurs radieux sourires 
à toujours gravés
dans ma souvenance

Trois jonquilles se fraient
un chemin
en partance vers la candeur
des aînés
Trois petits soleil
d'entre les épines
mirages parmi les dunes
nous distancent
flottent comme le vent et le flot
rivent l'adieu   nomment une ombre
en silence  une  dernière fois

Soleils providentiels
à qui les découvre
et les révèle
en songeant
au réveil
à ce bouquet d'âmes
Numineux présent
que l'absence 
délivre depuis les combes
un lointain parfum de madeleine

Il me faut attendre
le prochain  printemps
combien de lunaisons
autant de lendemain
égrener le chant des passereaux
mais trois jonquilles
ici me sont présences
en esprit qui rayonnent
en choeur
par-delà l'aube et son  champs

Trois jonquilles
à la fois fruit et hasard
m'accordent une pensée
et nous lient
quant à la crainte de nous perdre
sitôt et pour un an encore
comme on meurt à ses trois petits enfants
A bord des ténèbres 
le chagrin sait attendre
et s'il nous absente
son philtre d'amour
à jamais demeure
claire goutte de rosée 

Vous dirai-je un jour
mes anges 
le cimetière aux verdiers
aux mésanges 
où se réfugiaient   mes pensées
Il y pousse désormais  
à l'amé de l'hiver
parmi les ronces lianes  
trois jonquilles
qui me parlent de serins

 

§

AU TEMPS PERDU / EN COURS 

 

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Crocus Montagne Corse