GUERRE_VIETNAM_NAPALM_

Guerres du Vietnam, Apocalyse Now, The End, Us and Them, tout cela vacille, s'embrume dans ma souvenance, s'égare comme les notes du chant que la mort embrase dès le berceau

 

 

J'écoute Morrison
en boucles
Gilmour
presque serein
si près de mon enfance
lointainement
dont la Musique des Floyd
sourd encore intarissable
Ainsi la source cristalline
dévale le bois d'arolles
Ainsi de son regard souriant
où je vis une Île et ses transes

Et je m'arrime à ces accords
comme on espère encore
un port
un rivage    le ruisseau 
qui mène à Océan
où revenir sans jamais se déprendre
de mon grand amour
par trop bercés d'espérances que nous fûmes
Je laisse à ces léthéennes errances
le soin d'ouvrir bien grandes
ces fenêtres où le ciel et la mer s'évadent
et s'abreuvent de jeunes intuitions

Quels mirages   quels harmoniques divins
me ramènent aux premières lueurs
d'un épais baiser
d'une caresse
de nos myriades d'étoiles 
Fulgurance sous les  ciels de l'Equateur
que rien ne pouvait alors grimer

La Musique donne toujours  
comme une moisson un printemps
et de ces choeurs musant
allant
fils-harmoniques du champs pacifique
renaît dans mon coeur
ce que Être doit au-delà de tout
du sens dû
à la vérité
à la parole donnée
chaque jour qui l'attend

Le Message et le Verbe
unitivement
ne s'offrent-ils pas sans compter
lorsque vient le partage
que les hommes de Terre
se font de la paix et de la fraternité
d'une promesse que l'on tient
aux enfants en chantant
Ô déshérités
de toutes les Terres-Humaines 

D'entre le sommeil
les songes pourtant
volent au vent
de prodigues migrations
Cela n'est plus un rêve une utopie
mais la preuve tangible
dont j'effleure les contours
si tant est qu'il demeure
en l'homme un myste ou un crist 
qui somnole à l'orée de la nuit
lorsqu'il ignore de trop s'ignorer    ne sachant plus  que mourir 

Comme une supplique
l'ultime appel
avant que de partir et de tout recommencer
voici quelque prière profonde
un plain-chant
vrai
aux maux de tous les mots
dont les mondes meurtris
souffrent tant de   fossés béants

Mais j'écoute Jim et David
qui nous ramènent d'un âge
déjà maudit
des souilles du napalm et de l'atome
où nous espérions
de ces univers funestement dorés
qu'ils n'eussent à jamais plus abreuvé la souffrance
qu'ils fussent à l'abri de la déraison
et des certitudes lucratives des armes

Il flue de ces mélodies
comme un doux parfum  de pré-vert 
le lointain écho de nos ris
une main dans sa chevelure
qui en épouse les ondes
candides et belles à la fois
le ruisseau des larmes
qui nous eût pour toujours ondoyés
un fleuve d'innocence
tout un poème à Lou
Un jour tendre   couleur d'orange
où réécrire en bleu
ton nom    Liberté  
sans que la guitare sanglote
dans les mains  trahies de Lorca 
et de tous les poètes assassinés

!

TRANSES-LUCIDES