plume2111

 

« Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. »

Arthur Rimbaud, Lettre du voyant : « Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. »



 

Entrer en poésie, c'est aussi dire un peu
ce qui ne se voit pas toujours, aisément, se livrer
nûment aux mondes qui nous entourent ;
Probable réaction salutaire, catharsis
pris tel que je demeure dans le tumulte
de l'existence qui absente et distance
de soi, de toute essence, irrémédiablement ...
L'indifférence, le sentiment d'ostracisme
perçus alentour grimeraient-ils le sens
des saisons, des années passées à se déprendre
des liens que l'on se forge éperdument,
à tort ou à travers, en quête de reconnaissance ?
Mais de la  poésie, sur la voie-voix   de la re-connaissane,
vers plus de lumière et de transparence,
entre maintes dénégations et l'envers des mots usés ...

Et puis, il y a la dérive, la déroute, le repli.
Le regard plongeant dans la psyché de la vie
dont rien ne saurait plus refléter la logique
la raison de perdurer, visage à l'orée de la folie...
Rivages que l'on s'accorde sans freins
pour une fois, affranchi du cloaque, des clans viles, 
du sens commun dressés comme tout un seul chef.
Il sourd alors comme un soupçon de pensée,
de sagesse, ces vérités que cache ou galvaude
l'allégeance de gré, malgré soi, au rêve de vol
social, là où en définitive le Monde unique
fait mal, encore plus mal aux autres mondes soumis
mais aussi à l'intime du coeur et du don
tant de fois méprisés, bafoués, humiliés !...
Le silence est d'or. Fulgurantes apparences d'une arme
dont les aveux valent de sordides gages
et dont il convient toujours de prendre garde,
de se méfier comme du chancre.
Entrer en poésie c'est aussi apprendre
à  penser  adieu

!