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DE MEMOIRE DE ROSE 

 

De mémoire de rose
On n'a vu mourir un jardinier
Si rien qu'une pause
Ne peut vous suffire
Madame, laissez
Le temps s'étirer
Et sans le maudire, patientez,
Laissez-vous glisser dans le vent léger
Patience, patientez.

Si l'amour s'envole
Ne t'en prends qu'à toi
Tu as fui l'école
Pour le lit d'un roi
Si sa voile blanche
N'est plus que brouillard
Te pends pas à la branche
Dès qu'il fera noir
Te pends pas à la branche
Dès qu'il fera noir, car

Garde tout au fond,
Tout au fond de toi
Un vide, un endroit
Derrière les fêtes
Où poser la tête
Dans le vent du soir
Bercer ces vieux rêves
Même s'il fait noir
Bercer ces vieux rêves
Même s'il fait noir, car !

§

 JULOS BEAUCARNE 

 

LE DEBOIRE 

 

 

Puis c’est l’heure et du temps qui passent
Un jour qui part, un jour qui vient,
Pour à tout faire de la place
Même à la peine et au chagrin,
Et yeux déjà qui portent larmes
Pour le déboire qu’on attend,
Et fierté ici qui désarme
Lors plaie de cœur et plaie d’argent.
Mais Dieu alors et qu’on le prie
Sous des bougies par à peu près,
Et Vous que l’on salue, Marie,
Pour conjurer les sorts mauvais,
C’est de tous les jours de la vie
Précaires, graves, soucieux,
Dans la maison qu’on s’est bâtie
Que l’on se sent devenir vieux ;
Et trois coups frappés à la porte,
Voici qu’il est entré l’huissier,
Et trois coups frappés à la porte
Que la septième est de regrets.