MILEMA ARTE

Témoignages d'une Alchimie et d'une osmose Nature et Culture ,cet Espace voudrait être une Ode à la diversité ,à la Tolérance et au respect de la vie , des Différences ,l'exaltation des richesses du passé , des savoirs faire...

29 octobre 2009

LA PETITE CHATTE GRISE....

Le Petit Ane Gris - Le Meilleur De - Hugues Aufray






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CIMG6243

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Elle venait tous les matins se blottir
Entre le grand bol fumant de chicorée café
Et mon cou encore tiède
Entre le lit et mes sommeils attablés
Elle prenait si peu de place
Me donnant à chaque gorgée
Une douce affection des caresses de velours
Ses pensées ronronnées du petit jour
Elle nous a quittés
De tout un faible miaulement appelés
Ce fut son adieu un nom un lieu de passage
Ce matin les oiseaux se cachent pour chanter
Je suis triste et la mer est trop loin
Elle demeura le petit âne gris
Une chanson de Hugues Aufray
Ce joyau pour l’enfant émerveillé
Un petit Prince et son Renard
Dont nous lui rappelions la mélodie le récit
Nous la sauvions un soir d’hiver
Du sort sombre
Qui attendent bien des chatons trouvés
Et c’est ainsi qu’elle berça
A la maison son univers fidèle
De jeux de complicités candides et d'éveils


Entourée des promesses de l'union
Inondée de caresses des balbutiements de l'amour
Apprivoisée  A toujours
Avec le temps des détresses confiées
Il la laissa pourtant
Un jour de maîtresse Chassée
Une saison de maison Froide D'abandon
La petite chatte grise est restée ici
L’enfant qu’il était n'est plus
Et l’a depuis abandonnée délaissée
Dans ces recoins de grandes personnes de fractures
Que l’indifférence ternit et enténèbre
Où saignent les blessures des jours jetés
Elle nous a laissé son petit corps
Emportant à jamais
Un souvenir léger de câlins et de liens
Qu’elle n’aurait su ni pu briser
Au seul prix du serment tenu

Avant de rendre son dernier souffle, elle vint contre ma poitrine et mon cou nous réchauffer une dernière fois, saisissant toute la douleur de nous quitter et laissant à la durée esseulée de tendres et silencieux émois.

Elle était " Petite Chaki "

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Cristian et la Petite Chatte Grise

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12 septembre 2009

INDIGNATION, COLERE, ATTEINTE AU RESPECT DE LA VIE...

Photos de l'Auteur, mises sur ce Site péniblement, comme tant d'autres qui heurtent , frappent, blessent et endeuillent la vie!

Cristian poste ces Photos, avec consternation, pour que cessent ces actes de barbarie, l'indifférence, l'indécence, pour que viennent enfin  " ces jours couleur d'orange et d'épaule nue " chers à L. Aragon!

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Renard_tu__3

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Nous n'oublions pas la souffrance

et la mort qui frappent

des Milliers d'Enfants, de Déshérités,

les Civils aussi Victimes

de conflits meurtriers et stupides.

...

Mais aujourd'hui, l'Article que Milema-Arte pose dans cet espace n'aura rien d'un Dauphin de Bois Flottés évoqué au fil des doigts imaginatifs de l'artisan, ni de ces fleurs de Montagne qui inondent Août et la clairière d'altitude au cœur de la sécheresse. Il ne s'agit pas non plus de l'un de ces envols vertigineux au-dessus des vagues où l'homme plane, retient son souffle pour mieux contempler et aimer la vie, embrasser d'un regard bleu " le Respect de la vie " . Je relis encore et toujours A. Schweitzer, Théodore Monod, Antoine de St Exupery, Albert Camus et tant autres esprits lumineux et rassurants... Mais je ne comprends pas l'intolérance, l'injustice, la cruauté immanente des hommes envers le règne animal, envers la vie qu'il qualifie d'inférieure, la maltraitant sans discernement ni ménagement, la vie ensanglantée au quotidien!

Je roule lentement, nous allons prendre notre repas de midi . Septembre s'isole et diffuse alentour une lumière amoindrie, presque pesante. Le ciel encombré donne enfin les premiers orages de l'été. Je pense profondément en empruntant la petite route de campagne qui m'emporte vers le foyer; le paysage est si familier, il s'endort et s'étire dans les champs roussis et couverts d'éteule,
de ces fourrages couleur feu, de lune, comme pourrait l'être la fourrure comblée de joie d'un Renard libre.
En arrivant sur un petit pont, bordé de deux murets de pierres taillées, j'aperçois un animal allongé, un petit Renard.
Posé sur sa pierre tumulaire tâchée de sang, il semble dormir, presque apaisé; il a souffert. J'appréhende le forfait, le crime animalier, je sais que ce petit être est mort brutalement !
Mais c'est avec stupeur que je découvre la turpitude de la macabre mise en scène où la mort est exaltée sauvagement. Mort ostensible, ostentatoire et lâche, blessure béante et saignante, répugnante comme les plus archaïques de nos structures cérébrales capables d'engendrer la barbarie, la sauvagerie de ces êtres innommables et indignes de la vie au royaume du genre humain agressif...
La gorge du petit animal, de ce petit être qui ravit les contes et les fables, les dessins animés, l'imaginaire fécond de nos enfances, est soutenu par des bois fourchus et acérés, le corps du Renard a été allongé, aplati sur le granite pour mieux exhiber l'horrible et large blessure, le trou morbide qui lui ravage le collier. Il a fallu au tueur tout le vice et la vilénie pour étudier et flanquer la dégradante posture de l' être inférieur banni, marqué du sceau des superstitions dépassées. Les croyances brandies aux sommets stupides de l'inintelligence et du sadisme s'affichent encore tristement de nos jours, à ciel ouvert, aux fonds des traditions, comme les perversités nécessaires d'un monde décadent, bardé d'œillères!
Je suis là, consterné, sans rien dire. Mon âme s'emballe, hurle en silence indignation et révolte. Mon incompréhension ricoche et me revient comme un hymne à la souffrance, à l'intolérance gonflée d'atavismes désopilants, simplets et de mauvais terroirs, une ode à la bêtise et à la méchanceté, un instinct indéfectible de dominance primaire.
Il n'y a qu'un pas entre de tels actes perpétrés contre l'animal et le crime justifié de piètres idoles, de basses fins hégémoniques.
J'entends le Petit Prince et le Renard, j'ai envie de pleurer comme on s'effondre devant le crime et l'opprobre à la vie. Je veux fuir de telles terres, je ne suis pas de ce monde!
J'ai osé ces photographies, sous tous les angles et froidement pour cracher avec mes yeux, avec le plus grand mépris sur de tels actes qui souillent notre voie, nos chemins, le sens unique et beau de l'existence.
Et même si la Nature devait porter, assumer elle aussi, les témoignages immanents d'une certaine cruauté envers les créatures plus faibles, l'homme s'est ici déchu, déchargé, accusé de toutes les plus iniques préméditations, pour l'éternité .
Il est des contrées où de telles images susciteraient une réaction immédiate de désapprobation et d'écœurement...
Ici, je sais, loin du Petit Prince et du Renard apprivoisé, loin de l'écrivain de Terre des Hommes, on bâtit des citadelles d'argent aux colonnes de papier mais on ne préserve pas l'âme, dépossédée peu à peu de toutes les sentinelles  fidèles à la vie, à l'amour et à la tolérance.

J'ai pris ce petit Renard aux couleurs de l'automne et des fougères chaudes des alpages, et je l'ai rendu à l'humus du sous-bois, aux bruissement tristes des feuilles de la forêt, aux murmures dolents de l'eau du ruisseau orphelin.

J'ai quitté la portion de route avec l'amère certitude de croiser chaque jour ce petit pont, où la mort a été lamentablement souillée et profanée. Une route, un chemin quotidien balafré et endeuillé de toutes les misères du monde.

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Renard_tu__2

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CRISTIAN-GEORGES CAMPAGNAC

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Un petit Renard est un Chien sauvage, un petit Loup, un Petit Fennec ou Renard du Désert. Il veut vivre, comme vous et moi, avec sa fratrie dans sa tanière; il se nourrit comme tous les animaux se nourrissent. La Nature à travers ses grands équilibres sait préserver et pérenniser la vie.
J'ai vu des Renards manger dans la main de l'homme, plus tendres et affectueux que le plus fidèle des Chiens ou Animal de Compagnie. Je les entends souvent rire ou crier dans la nuit étoilée et chaude de l'été. Parfois, un Renard surgit et s'enfuit en traversant une piste. L'Animal fait partie intégrante de notre voyage, il sait l'animer et le peupler, lui donner un sens et souvent il cède son âme et sa vie aux hommes nécessiteux.

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Renard_tu__1

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Photos de l'Auteur, mises sur ce Site péniblement, comme tant d'autres qui heurtent , frappent, blesssent et endeuillent la vie!

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13 juillet 2009

NELLY...

Nelly___4

NELLY,

Trois ans et stérilisée, vient de quitter l'Île de Corse pour le Continent, Grenoble. Avant d'être adoptée, elle réside maintenant  dans une famille d'accueil,  mettant fin à des mois d'errance et de solitude.
Si vous voulez l'adopter, nous joindre ou contacter

l'Association  SOS DECHARGE,

dont les Coordonnées figurent dans les articles précédents, dans la catégorie : " nos Compagnons de voyage "/

CLIQUEZ EN DESSOUS SUR LA CATÉGORIE

Combien d'êtres humains, d'animaux souffrent chaque minute? La vie, c'est tout simplement, avec des gestes simples et tendres, évincer ensemble toutes ces souffrances, ou du moins ne pas les provoquer ou en être les auteurs!!!

CRISTIAN

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04 juillet 2009

ADOPTIONS, CORSE DU SUD, SUITE...

Fifille

Fifille_2

" Fifille ", au volant du vieux C15 - elle est montée sans crainte, pour la première fois - qui se souvient de son ancienne famille, elle revit ici, avec un réalisme étonnant,  une scène familière; je vois dans ce regard lointain l'acte lâche et cruel de l'abandon, toute la tristesse des liens brisés à jamais... Sa proximité me touche et m'interpelle quand elle me devance et attire vers moi sa merveilleuse progéniture si bien soignée.

Poup_e

" Poupée" , en convalescence à la maison, attend avec Fifille une adoption définitive ... Elle est tatouée, stérilisée et surtout très affectueuse.

Ces êtres ont dans le regard toute la profondeur du cœur, de la fidélité et de la reconnaissance. Quelques heures passées en leur compagnie et c'est une autre monde qui s'ouvre. Un repas partagé, des  ébats et quelques mines d'affection suffisent à créer des liens indéfectibles.

La chienne noire, dont l'ombre traîne au sol sur les traces géométriques et parallèles de l'indifférence, raconte tristement l'errance esseulée. la terre surchauffée, reflète ses mamelles de louve; il fait très chaud, sa démarche est pesante. Elle a eu une portée de dix chiots;  Six ont déjà été adoptés! Il en reste QUATRE, qu'elle allaite et garde de très près... Elle m'a octroyé sa confiance, et je lui rends au centuple ce témoignage qui est aussi pur que chacun de ces petits chiots.
Ils sont adorables, noirs et caramels et partagent ensemble la vie sauvage dans une tanière de toute beauté, au milieu des myrtes, au bord de la mer. Et quand vient le soir, dans la moiteur de la brise marine et les pourpres du ciel, je voudrais, rien qu'un instant partager la cène authentique couronnée d'étoiles, le regard tourné vers la croix du Sud.

À travers le taillis de la nature énorme

Flairant l'éternité de son museau difforme

Là, dans l'ombre, à tes pieds, ton chien voit Dieu

.

VICTOR HUGO

Mais je me ravise aussitôt, l'errance, la vie vagabonde sont comme les jeunes années, elles ne peuvent plus durer ni s'éterniser; le danger veille, les prédateurs sont partout, très nombreux, animés ou métalliques... Il faut un toit pour les amis des hommes, pour ces êtres qui une vie durant accompagnent et soutiennent la cécité, la solitude, la vieillesse et le fils  malade de l'homme.
Passer à côté de l'affection, de l'amour de nos compagnons d'aventure, en détourner l'attention du pied, c'est se priver durement d'un pan de vies. C'est aussi se masquer les yeux du cœur face aux questions majeures que l'existence dépose sur notre chemin.

Je me retourne, j'entends des aboiements, une plainte, qui montent des rivages surpeuplés, on dérange la portée; la chienne affolée, court et dissuade, ne sait plus être ce qu'elle fut parmi nous.

Elle habite au milieu de quelques îlots de nature aseptisée, souillée. Elle décline la fuite, la peur, la soumission parfois et l'angoisse... Sa silhouette efflanqué dit toute la promission d'une mère pour ses chiots qu'elle balance et qui la déséquilibre à chaque foulée vitale que l'été ébranle.

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Petits_coeurs_2

Petits_coeurs_1

Un aperçu des chiots à donner, métissés Labrador - 1 mois et demi - Ces animaux sont abandonnés et leur adoption s'accompagne d'une procédure par Association ( Vaccination, "puçage" pour les petits, stérilisation pour les mères et dossier de traçabilité ) .

Se rendre sur le Site de Martine:

protection canine extrême sud corse


TEL : 06 20 80 33 43



ou


CRISTIAN


TEL  :   04 95 74 25 18 


En soirée, après 20 h ou sur portable


06 29 89 64 21

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03 juillet 2009

ADOPTIONS, CORSE DU SUD...

Petits_coeurs_3


Je suis une très gentille chienne; on m'a abandonnée il à plus d'un an sur un parking du bord de mer, sur une Île très belle, où les charmes se sont changés en enfer!!!
J'ai eu des petits, on me les a tués. Alors, pour ne pas être seule, j'ai recommencé et là, j'ai rencontré des gens, bons pour moi! ils ont compris que des bébés chiots sont aussi des bébés comme tous les bébés.
Beaucoup de mes derniers petits ont déjà été adoptés,

il en reste encore cinq!!!

Ils vivent terrés dans le maquis, petits mâles et femelles de

5 à 6 semaines,

croisés Labrador, couleur noire et caramel, à croquer...

.

Je vous présente ici, l'aînée, qui bientôt rejoindra une famille d'accueil.

Et quand ses QUATRE AUTRES PETITS FRÈRES ET SŒURS seront casés, ne m'oubliez-pas, je suis aussi un cœur fidèle à prendre.

Martine, Cristian et Caroline, se sont occupés de moi, mais si je suis encore promise à l'errance, je suis enfin stérilisée, je ne veux plus abandonner mes progénitures aux saisons meurtrières, celles des joies des humains aux bords de la mer...

Petits_coeurs_2

Alors voici les renseignements qui vous mèneront à NOUS/

-  Les auteurs du Site: 04 95 74 25 18 , en SOIRÉE, APRÈS 20 H

- SOS DÉCHARGE.ORG

protection canine extrême sud corse


UNE ASSOCIATION TRÈS EFFICACE EN CORSE DU SUD, SUR PORTO VECCHIO/

TEL: 06 20 80 33 43

E-MAIL / 

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29 juin 2009

LA CHIENNE ABANDONEE et SES DIX CHIOTS...

Port_e


Sous la ramée de myrtes en fleurs et odorante, j'ai découvert une portée de dix petits chiots. J'ai aussi appris que la mère, depuis plus d'un mois, les allaitait. Ils s'éveillent aux jours et à la vie sur un tapis d’herbes couchées, de chaumes blonds étendus de sommeil et lissés de caresses.

Dans l’ombre et la fraîcheur matutinales, il règne au sein de cet abri une douce et tendre chaleur maternelle au goût du lait de printemps, partagée par la grande fratrie et bue aux mamelles généreuses de la mère qui se livre de toute son oblongue maigreur; elle donne, elle prodigue ces philtres d’amour essentiels et précieux liant entre eux des songes d'existences cachés sur la terre. J'ai partagé un moment l'intimité de leur cache, à même le sol humide et l'humus.

Le soleil se faufile entre le lentisque et le myrte, distillant le parfum suave de milliers de pétales. Chaque corolle tombe, averse de pistils innombrables qui s’étirent en instants d’aube, en rais de lumières blanches comme les racines du ciel dès le lever du soleil.

Des galeries sillonnent allègrement, le bosquet rafraîchi, labyrinthe sauvage et familier déjà investi par les jeux insouciants de ces petites créatures cocasses et joyeuses, s’amusant à se cacher ou à s’effrayer d'un rien.

Je découvre ici l’ébauche dépouillée d’un bonheur éternel auquel on voudrait encore croire. Mais peu à peu, la tristesse des heures qui leur sont maintenant comptées gagne et emplit mes yeux embués, mon regard ému de compagnon du hasard; je m’attends au pire en ce matin du monde aux goûts amers des humanités multiples et aveugles qui vont les condamner à jamais, à partir.

L’été dernier, la mère avait été abandonnée aux seuils de l’opulence et de l’épure savante parties en convalescence de longues maladies urbaines… Au milieu de la foule et des concentrations d’automobiles, le criminel s’est défait de son fardeau dans l’abject fatras des vacances ensoleillées et d'une frénésie d’instants grignotés, que seules la mort et la lâcheté consomment à petit feu au bord des routes, sur le quais des ports, enfin là où il est aisé de se cacher pour y perpétrer les forfaits de l'enfer ...

Fille- Mère de l’errance, semblable à toutes les délaissées, la chienne porte toujours dans le regard la reconnaissance de tout ce qui fut bon pour elle, ayant oublié des hommes leur traîtrise au cœur insensé de pierre.

Elle erre depuis avec les mois, de maisons en voitures, devant les tables garnies de victuailles aux soirs d’abondance et s’en rentre à la tombée du jour abreuver la portée du nectar des cieux au bord de la mer. Et quand elle a honoré sa voie, comblé sa noble et belle légende, quand les petits sont rassasiés, elle veille allongée, délivrée, sûrement heureuse sur leurs ébats à l'entrée du foyer verdoyant, à l'orée de la nuit.

Une année s’est écoulée, la saison approche ; il est des bonnes âmes qui viennent, aux mimiques compassées, s’attendrir auprès des petits chiens " sdf ", qui les prennent à la journée avec eux sur la plage, pour un caprice d’adulte de plus, puis les reposent dans leur niche naturelle le soir venu ; la mère s’occupe de sa progéniture, les chiots sont propres et sains, leur pelage est  lustré, peigné  d’attentions attendrissantes. Ils se montrent alertes et pleins de cautèle au détour du buisson, au bord du moindre danger... Ils amusent et distraient les cours citadines expatriées!


Les propos décousus et sans suite fusent et se perdent en prétéritions.

" C'est rassurant, on peut alors repartir tranquille...", nous confie - t- on !

Deux élus auront la vie sauve. Pour le premier, il aura fallu toute la sensibilité et l’affection non verbales, répandues en gestes universels de maman pour vaincre les réticences et gagner enfin la compassion d’un époux à la faveur d’un enfant enclin à tous les partages.

Le second est adopté immédiatement par un jeune saisonnier embauché sur le site,qui fond en larmes!

C’est ainsi que les jours vont, sans crainte des lendemains sombres et spasmodiques de la faim, de la souffrance jusqu'au bout de la cruauté. Dans bien des endroits, le chien n’est considéré qu’en ligne de mire des deux canons superposés du fusil criminel, des canons juxtaposés de la bêtise et du sang! Il pèse son lot de gibiers rapportés le dimanche, remportant dans le devoir consenti et quelques jours d’ébats sanglants, de brèves cavalcades de libertés mesurées, loin de la niche en tôle chauffée à blanc et des dizaines de maillons de chaîne raccourcie.

Ce matin, après maints tracas et soucis, il faut décider vite du sort de la famille très nombreuse et de la mère. Le temps presse, les dangers se multiplient aux portes de l’été, elle s’affaiblit, nourrie avec parcimonie ou de temps à autres au bon vouloir d’âmes rares et sensibles. les chiots vont s'éloigner, se perdre alentours. Voués à la mort certaine, par balle ou d’épuisement, de soif ou écrasés sur les routes encombrées de la saison, ces petits chiens, devenus vite adultes seront livrés à eux –mêmes, aux seuls larcins près des ordures et sauvagement réprimés dans les hauts lieux de l’aisance saisonnière où vient mourir un peu plus la mer à chaque marée .

L’adoption est aléatoire, incertaine, les vacances ne s’y prêtent pas - elles sont aux désespoirs de l'animal - et on ne sait s’il sera possible de trouver une attache définitive pour chaque chiot.

Une décision, dure et affligeante s'impose à nous, l’euthanasie ! La mère sera stérilisée et remise à l’errance en ces lieux qui lui sont familiers. Je viendrai la voir et la nourrir aussi souvent que possible. Elle est si bonne et me rappelle une autre chienne que nous avions adoptée il y plus de dix ans, après qu'on lui eût brisé la patte d'un coup terrible de chevrotine. Elle a vécu amputée de sa patte arrière au milieux des enfants et de nombreux amis chats, avant de s'éteindre des suites de sa mortelle blessure...

Mais pour tous ces petits êtres qui tout à l’heure ne seront plus, arrachés à leur bonheur de fourrures, de chair et de sang mêlés, d’affection léchée et débordante, je ne peux plus contenir mon sanglot ; il m’emporte et me fait mal, plus mal que la mort, aussi mal que la souffrance de l’enfant mal nourri et que la vie injustement déshéritée.

Les inactifs railleront l'accès déplacé de sensiblerie ou d'état d'âme! C'est sans importance...

Au petit matin, je les ai retrouvés, ils sont venus un à un autour de moi, il m’ont caressé de tout leur petit museau plissé qui n'aura pu que téter et glapir, reconnaître celui qui est bon pour eux; ils m’ont entouré, ceint d’amitiés originelles et de toutes les confiances gratifiantes de l'humilité. Je demeure dans la tanière, accroupi ou à genoux, le front contre terre, dans l’innocence impossible de nos âges adultes, de notre temps avare et sélectif, trop souvent compulsif. Je n’ose plus un geste, il faut se rendre à l’évidence, cette situation suppure et nous revient infectée de l’acte vil d’un abandon ; elle se dégrade et se répand comme la pandémie et la famine.

Quelques minutes plus tard, la petite camionnette que je conduis au vétérinaire abrite la moitié tremblée de la fratrie blottie au creux des sièges et des tissus où ils retrouvent ensemble un peu de douceur. Il me semble conduire un corbillard aux rideaux baissés sur toutes les forfaitures salissant cet instant de calvaire, je sens peser sur moi les vertiges et la meurtrissure silencieuse de la trahison . Je les emporte ailleurs, ils sont déjà dans mon chagrin et ma peine. Je suis talé, meurtri. Je vois mal la route, je n’entends plus les moteurs, ma peine s’est emballée et leur frisson est maintenant celui du ciel ; le sentent-ils ? Je ne vois pas la différence qu’il pourrait y avoir entre ces petits chiots et le fils de l’homme et quand bien même, il y en aurait, cela changerait-il quelque chose? Ce sont des vies qui veulent vivre parmi d'autres vies!!! Elles ont été mises sur ma route pour qu'elles ne rencontrent pas les affres et les cotissures de la déshérence animale.

Mais je sais qu’au milieu de ces milliers d’êtres humains venus goûter aux plaisirs, aux joies estivales de la nature, au plus profond de l’hiver, il en est un qui incline le cœur sur le devenir barré de ces dix petits destins d’existence aux allures sordides de géhennes. Il en est un, qui avec tant d’autres, récusent au quotidien l’empire de la souffrance et l’emprise insoutenable de la maltraitance aux portes de l’excès et des indifférences.

Les refuges débordent et refusent de nouvelles entrées d’animaux, les associations sont débordées et leurs responsables s'effondrent devant la consternante réalité. Il faut arrêter le cours maudit de l’infortune animale, c’est aussi à ce prix que l’on entreverra peut-être la fin de toutes les blessures du monde.

Aujourd’hui, je suis triste, demain, il me faut trouver le courage d’aller chercher les autres petits enfants du maquis. Je ne serai pas tout seul, j'emporterai avec moi la mère de ces lutins, de ses peluches animées de joies afin que plus jamais elle n'enfante l'inutile aux royaumes asservis et aveugles des  hommes. Je sais que j’aurai mal, mal aux gens et aux mondes de ces siècles qui infusent de partout l’opprobre et la pourriture, qui se vautrent et se cachent derrière les artifices bas et déplorablement mortels de la matière commuée en crise de billets, en ferrailles et en béton, jalousement gardés comme les petits privilèges de nantis au bord de l'eau bleue.



La misère comme la souffrance sont sans frontières, elle frappent aux cages des hommes et des animaux qui ne peuvent la discuter!

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CRISTIAN-GEORGES  CAMPAGNAC

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NB , je n'ai pas gravé cette scène admirable de vies maternelles, j'en garde au fond de moi la profonde blessure. La photo de l'article est tirée des archives du web images.

Nous avons 25 chats, dont les 3/4 ont été stérilisés et deux chiens adoptés. A chaque fois que l'occasion se présente, nous contactons les Associations afin d'obtenir une aide remarquable.

Mais le plus dur reste l'état déplorable de certains agissements de nos congénères humains, de ces mœurs qui nous plongent au fond du trou et contre les quels nous ne pouvons rien si ce n'est le talion!!!



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07 mai 2009

ESPACE VITAL...

 

Touby

 

 

 

Cette information me conduit à penser, à imaginer une glaciation, une sécheresse subite, faisant de la planète cette " île aux chiens abandonnés " ... Pensez- vous que les six milliards d'êtres humains, privés de nourriture et de tout autre moyens de subsistance agiraient autrement?

 


Alors me diriez- vous de l'Homme aux Chiens, face aux déterminismes des espèces, ne sommes-nous pas tous égaux !!!

C'est un problème de conscience et de devenir imminent.

 

 

Alerte info

 

 

 


 

 Malaisie: 300 chiens s'entre-dévorent sur deux îles

 

 

 

(...°°) Plus de 300 chiens errants abandonnés sur deux îles inhabitées de l'ouest de la Malaisie se sont entre-dévorés après avoir survécu pendant des semaines sans nourriture, a affirmé jeudi une association locale de défense des animaux.

 

 

Des habitants de Pulau Ketam, village de pêcheurs situé sur une autre île au large de l'Etat du Selangor, sur la côte ouest de l'archipel, avaient attrapé les chiens le mois dernier et les avaient emmenés sur les îles couvertes de mangroves en pensant que les animaux se nourriraient en chassant la faune sauvage, ont-ils expliqué. Ils ne supportaient plus que les rues soient jonchées de crottes et les enfants parfois mordus.

 

Une équipe de la Société de prévention de la cruauté envers les animaux du Selangor s'est rendue lundi sur l'île de Pulau Selat Kering où elle a trouvé plusieurs chiens émaciés "rassemblés et penchés sur quelque chose: ils se repaissaient avidement des restes d'un autre chien", selon le communiqué de la SPCA. "Non loin, une chienne affaiblie hurlait alors que plusieurs chiens tentaient de la mordre."

 

Les bénévoles de l'association ont dans un premier temps récupéré deux chiens et laissé de la nourriture pour les autres, selon une responsable de la SPCA, Jacinta Johnson. Environ 200 des chiens errants auraient survécu. L'association va essayer de porter secours aux autres chiens, s'il en reste, sur l'autre île, Pulau Tengah.

 

Les militants de la SPCA ont persuadé les villageois de Pulau Ketam de ne plus abandonner ainsi des chiens errants et envisagent de lancer une campagne de stérilisation et de déplacement de ces animaux pour répondre au problème que pose la population estimée à 2.000 chiens errants, a précisé la SPCA. AP (...)

 

Sources Infos Internet

Alba

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09 avril 2009

L'ENFANT ET L'ANIMAL, POUR MILA !

Le_renard_et_l_Enfant


ET POUR TOUS LES ENFANTS QUI NE CONNAISSENT PAS LE BONHEUR DE S'ENDORMIR TOUT CONTRE LA VÉRITÉ D'UN PETIT ÊTRE , A QUI ON SE CONFIE, AVEC LEQUEL ON SE RASSURE SANS MENTIR, ON APPREND SI TÔT A AIMER SANS DÉTOUR.

 

  A CES ADULTES QUI ABANDONNENT LES ANIMAUX SUR LE BORD DES ROUTES, POUR CEUX QUI LES CHASSENT DE LEUR GIRON, DEVANT LEUR PROGÉNITURE , AFIN DE LEUR APPRENDRE, EN PROFONDEUR, LES VOIES DE L'INDIFFÉRENCE ET DE LA PRIMAUTÉ HUMAINE ...

AUX NATIONS QUI MASSACRENT LES DAUPHINS ET AUTRES CÉTACÉS MERVEILLEUX, ET A CELLES AUSSI QUI SE REPAISSENT DE VEAUX ET D'AGNEAUX, DE CABRIS, DE SAFARIS DE CHASSES SANGLANTES ET CRUELLES POUR RICHES... AUX MONOTHÉISMES QUI CONSACRENT LE CULTE DE LA NATURE NOURRICIÈRE ET ÉTERNELLEMENT PRODIGUE , SANS ÉGARDS NI DÉFÉRENCE  POUR LE RÈGNE ANIMAL ET VÉGÉTAL

AUX MÉDECINES- TRADITIONNELLES ET MODERNES-  QUI CONTINUENT DE SOIGNER L'HOMME, EXCLUSIVEMENT SUR LA SOUFFRANCE INSUPPORTABLE DES ANIMAUX, SANS EN ATTÉNUER AU MOINS LES DOULEURS INACCEPTABLES, ET CES INTERMINABLES CAPTIVITÉS.

 

C' EST VRAI, L'ANIMAL, C'EST TELLEMENT PLUS FACILE EN PELUCHE OU DANS L'ASSIETTE, BIEN SAIGNANT!

LA VIANDE ANIMALE, EST UN " habitus " CULTUREL, CERTAINEMENT PAS UNE ABSOLUE NÉCESSITÉ !

 

J'AIME LE PETIT PRINCE, C' EST UN LIVRE DE CHEVET ; CE LIVRE, PLUS QUE TOUT AUTRE, M'ENSEIGNE AU QUOTIDIEN LE SENS DES MOTS, LA FORCE DU VERBE DÉPOUILLÉ ET SIMPLE, SI LOIN DES CONVENANCES ET DES VUES DE L'ÂGE...

QUAND LE MONDE POURRA-T-IL NOUS APPRIVOISER, CRÉER DE VRAIS LIENS?

LES LIENS DE LA PAROLE DONNÉE, CEUX DE LA PAROLE TENUE...


 


 

Chapitre XXI

 

C'est alors qu'apparut le renard.

- Bonjour, dit le renard.

- Bonjour, répondit poliment Le Petit Prince, qui se tourna mais ne vit rien.

 

 

- Je suis là, dit la voix, sous le pommier.

- Qui es-tu? dit Le Petit Prince. Tu es bien joli...

- Je suis un renard, dit le renard.

- Viens jouer avec moi, lui proposa Le Petit Prince. Je suis tellement triste...

- Je ne puis pas jouer avec toi, dit le renard. Je ne suis pas apprivoisé

- Ah! Pardon, fit Le Petit Prince.

Mais après réflexion, il ajouta :

- Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?

- Tu n'es pas d'ici, dit le renard, que cherches-tu?

- Je cherche les hommes, dit Le Petit Prince. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?

- Les hommes, dit le renard, ils ont des fusils et ils chassent. C'est bien gênant! Il élèvent aussi des poules. C'est leur seul intérêt. Tu cherches des poules?

 

- Non, dit le petit prince. Je cherche des amis. Qu'est-ce que signifie "apprivoiser"?

- C'est une chose trop oubliée, dit le renard. Ça signifie "Créer des liens..."

- Créer des liens?

- Bien sûr, dit le renard. Tu n'es encore pour moi qu'un petit garçon tout semblable à cent mille petits garçons. Et je n'ai pas besoin de toi. Et tu n'a pas besoin de moi non plus. Je ne suis pour toi qu'un renard semblable à cent mille renards. Mais, si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre. Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde...

- Je commence à comprendre, dit Le Petit Prince. Il y a une fleur... je crois qu'elle m'a apprivoisé...

- C'est possible, dit le renard. On voit sur la Terre toutes sortes de choses...

- Oh! ce n'est pas sur la Terre, dit Le Petit Prince.

 

Le renard parut très intrigué :

- Sur une autre planète ?

- Oui.

- Il y a des chasseurs sur cette planète-là ?

- Non.

- Ça, c'est intéressant! Et des poules ?

- Non.

- Rien n'est parfait, soupira le renard.

Mais le renard revint à son idée :

- Ma vie est monotone. Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc un peu. Mais si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terre. Le tien m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde! Tu vois, là-bas, les champs de blé? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c'est triste! Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'aura apprivoisé! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...

Le renard se tut et regarda longtemps Le Petit Prince :

- S'il te plaît... apprivoise-moi! dit-il.

- Je veux bien, répondit Le Petit Prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.

- On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise-moi!

- Que faut-il faire? dit Le Petit Prince.

- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'œil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais, chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...

Le lendemain revint Le Petit Prince.

 

 

- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. À quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquiéterai; je découvrirai le prix du bonheur! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'habiller le cœur... il faut des rites.

- Qu'est-ce qu'un rite? dit Le Petit Prince.

- C'est quelque chose trop oublié, dit le renard. C'est ce qui fait qu'un jour est différent des autres jours, une heure, des autres heures. Il y a un rite, par exemple, chez mes chasseurs. Ils dansent le jeudi avec les filles du village. Alors le jeudi est jour merveilleux! Je vais me promener jusqu'à la vigne. Si les chasseurs dansaient n'importe quand, les jours se ressembleraient tous, et je n'aurait point de vacances.

 


 

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :

- Ah! dit le renard... je pleurerai.

- C'est ta faute, dit Le Petit Prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...

- Bien sûr, dit le renard.

- Mais tu vas pleurer! dit Le Petit Prince.

- Bien sûr, dit le renard.

- Alors tu n'y gagnes rien!

- J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

Puis il ajouta :

- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d'un secret.

Le Petit Prince s'en fut revoir les roses.

- Vous n'êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n'êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisées et vous n'avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n'était qu'un renard semblable à cent mille autres. Mais j'en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses étaient gênées.

- Vous êtes belles mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu'elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c'est elle que j'ai arrosée. Puisque c'est elle que j'ai abritée par le paravent. Puisque c'est elle dont j'ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c'est elle que j'ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c'est ma rose.

Et il revint vers le renard :

- Adieu, dit-il...

- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux.

- L'essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

- C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

- C'est le temps que j'ai perdu pour ma rose... fit le petit prince, afin de se souvenir.

- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l'oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose...

- Je suis responsable de ma rose... répéta Le Petit Prince, afin de se souvenir.


ANTOINE DE ST EXUPERY

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03 septembre 2008

L'HOMME ET L 'ANIMAL....


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GECKO



Édifiant passage des Mémoires


"...Cette année 1883, soumis à mes vagabondes destinées, la Saint-François me trouve errant. J'aperçois au bord du chemin une croix, elle s'élève dans un bouquet d'arbres qui laisse tomber en silence, sur l 'Homme-Dieu crucifié, quelques feuilles mortes. Vingt-Sept ans en arrière, j'ai passé la Saint-François au pied du véritable Golgotha.
Mon patron aussi visita le Saint tombeau. François d'Assise, fondateurs des ordres mendiants, fit faire, en vertu de cette institution, un pas considérable à l 'Évangile, et qu'on a point assez remarqué : Il acheva d'introduire le peuple dans la religion;  en revêtant le pauvre d'une robe de moine, il força le monde à la charité, il releva le mendiant aux yeux du riche, et dans une milice chrétienne prolétaire il établit le modèle de cette fraternité qui sera l 'accomplissement de cette partie politique du christianisme non encore développé, et sans laquelle il n'y aura jamais de liberté et de justice complète sur la terre.

Mon patron étendait cette tendresse fraternelle aux animaux mêmes sur lesquels il paraîtrait avoir reconquis par son innocence l 'empire que l 'homme exerçait sur eux avant sa chute; il leur parlait comme s 'ils l 'eussent entendu; il leur  donnait le nom de frères  et de sœurs. Près de Baveno, comme il passait, une multitude d'oiseaux s'assemblèrent autour de lui; il les salua et leur dit : " mes frères ailés, aimez et louez Dieu, car il vous a vêtus de plumes et vous a donné le pouvoir de voler dans le ciel".  Les oiseaux du lac de Rieti le suivaient. Il était dans la joie quand il rencontrait des troupeaux de moutons; il en avait une grande compassion:  " Mes frères, leur disait-il, venez à moi." Il rachetait quelque fois avec ses habits une brebis que l 'on conduisait au boucher;
Il se souvenait de l 'agneau très-doux, immolé pour le salut des hommes.une cigale habitait une branche de figuier près de sa porte à la Portiuncule ( Oratoire de Saint-François, près d'Assise ), il l 'appelait; elle venait se reposer sur sa main et lui disait: " Ma sœur la cigale,chante le Dieu ton créateur. "
Il en usa de même avec un rossignol et fut vaincu au concert par l 'oiseau qu'il bénit, et qui s'envola après sa victoire.  Il était obligé de faire reporter au loin dans les bois les petits animaux sauvages qui accouraient à lui et cherchaient un abri dans son sein. Quand il voulait prier le matin, il ordonnait le silence aux hirondelles, et elles se taisaient. Un jeune homme allait vendre à Sienne des tourterelles; le serviteur de Dieu le pria de les lui donner, afin qu'on ne tuât pas ces colombes qui, dans l 'Écriture, sont le symbole de l 'innocence et de la candeur. Le Saint les emporta à son couvent de Ravacciano; il planta son bâton à la porte du monastère; le bâton se changea en un grand chêne vert; le Saint y laissa aller les tourterelles et leur commanda d'y bâtir leur nid, ce qu'elles firent pendant plusieurs années.
François mourant voulut sortir du monde nu comme il y était entré; il demanda que son corps dépouillé fût enterré dans le lieu où l'on exécutait les criminels, en imitation du Christ qu'il avait pris pour modèle. Il dicta un testament tout spirituel, car il n'avait à léguer à ses frères que la pauvreté et la paix: une Sainte femme le mit au tombeau.
J'ai reçu de mon patron la pauvreté, l 'amour des petits et  des humbles, la compassion pour les animaux; mais mon bâton stérile ne se changera point en chêne vert pour les protéger.

... Le soir, à travers les ormes branchus de mon boulevard, j'aperçus les réverbères agités, dont la lumière demi-éteinte vacillait comme la petite lampe de ma vie... "

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MEMOIRES D'OUTRE-TOMBE, TOME III, PAGES 655/656/657
F.R de CHATEAUBRIAND

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20 septembre 2007

PENSEES EN MER ...


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perle_heph

Respect de la vie

« Nous naviguions lentement à contre-courant, cherchant notre voie, non sans peine, parmi les bancs de sable. C'était la saison sèche. Assis sur le pont d'une des remorques, indifférent à ce qui m'entourait je faisais efforts pour saisir cette notion élémentaire et universelle de l'éthique que ne nous livre aucune philosophie. Noircissant page après page, je n'avais d'autre dessein que de fixer mon esprit sur ce problème qui toujours se dérobait. Deux jours passèrent. Au soir du troisième, alors que nous avancions dans la lumière du soleil couchant, en dispersant au passage une bande d'hippopotames, soudain m'apparurent, sans que je les eusse pressentis ou cherchés, les mots « Respect de la vie ». »

« Je suis vie qui veut vivre parmi d'autres vies qui veulent vivre. »

ALBERT SCHWEITZER

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Pens_es_en_mer_b

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Je t’aime au lever du soleil

Je t'aime  au couchant

A l’aube de la nuit 

Au crépuscule d’un jour à vivre

Tu me libères vers d'autres mondes

Je t’aime aussi quand tu es cuivrée

D'or et étamée

Ô mer d’argent, lamée

Offerte aux bourrasques

A l’astre lumineux si doux

Exauce mes voeux

Au zénith, à la féerie

Des noces d’hiver

Eclaboussées de ciels! 

Le jour revenu

Je ne redeviens qu’une parenthèse

Un détail, un matricule,un code

Barré

Cette insignifiance soumise

A la fange sociétale

Livrée à l’institution "in-numen"

Avare d'horizons , de desseins

Percluse de conformismes

Là où je me débats

Sans ramper

Sans lécher!

Je dédie ces pensées, écrites en mer

A l'Océan

Sur un parchemin sacré

A ce paradis d’étoiles diurnes

Cieux des jours

Ô mer!

Aux Marins, à tes compagnons

D’aventures heureuses et amoureuses

Charitables

A ces hommes qui refusent

Le triomphe du sang

Le Culte du trophée

L’assassinat gratuit

La dominance

Perpétrés par un monde dévoyé

Contre ton univers éthéré

L'éclosion originelle

Des différences

Niées, occises

Au firmament du faste et du lucre

A ceux qui vivent l' essence

La liberté

Sans la souiller ni la consommer

Sans caprice, avec dignité

Fustigeant la moquerie, l'opprobre

Envers l’Albatros maladroit 

Les meurtres des cétacés

Je fustige, je dénigre

Ces gens-là, qui endeuillent

Avec suffisance, l'assurance du fric

La rigidité et la foidure du métal

La fidélité des coryphènes

Le couple de dauphins

Epris de grand Large

La magnificence de l’espadon voilier

Du Marlin bleu aux ailes déployées...

La vie, la diversité

Dans ses ultimes et fatales  convulsions

Lacèrent l'Océan

Dans leur lente agonie

Splendeurs saignées

Sur l’autel de la plaisance

Des  jeux indignes

Leur fin de vie

Se monnaie et se parie

Dans  les trémails de la bêtise organisée

Institutionalisée

Officialisée

Ampoulée de vantardises

Au bouts des tridents

Des harpons meurtriers, acérés

L' Homme martèle le glas

du Règne marin

Pendu et jeté  en pâture

A l'image

A l'ignorance

Aux titres et aux records

A qui pensera le moins

Triste, consternante vision

De la vie, de la mort

Oscillantes, déchues

Sous le joug des potences morales

Ecrasées et pressées

Sous le pied conquérant, ensanglanté

Du crime et de l 'inique cruauté

Je reviens à toi mon essentielle

Voilà que mon aile

Voile de mariée

Te caresse et nous emporte

Avec le Levant, le Ponant et l’Aquilon

De l’aurore au déclin du jour

Du chagrin vers l'espérance

Je sais qu’à chaque onde

Qu’à chaque lame

Tu me livreras aux  mille levers

Aux mille couchers d’un soleil

Solitaire et bas

Je reçevrai encore et toujours

Au point du jour

La  tiédeur de ses rayons

Le béryl  de tes vagues,

Ô mer !

Planète peuplée de tant d' horizons

Tu es la scène où dansent les astres

Valsent tant d’orbes

S’endorment les jours radieux

Où caracolent la vie fluide

Merveilleusement bleue

Comme le temps

d'être un enfant

Emerveillable

Que suis-je dans le ballet de l'onde

Des sillages enivrants ?

Un homme, cet  abîme de dénigrements 

Cet amphibien, déserteur et renégat

Oublieux de nos forfaits

Le primate déchu, un tyran

Exsangue de ses substrats

L’ Usurpateur des mondes qui l’ont enfanté

La créature hybride, conquérante

De tous les espaces, de toutes les espèces

Ecartelée entre la connaissance

Et l’ignorance

La morale et le profit

L’esclave des puissants que la foule élève

A des fins contre nature

Dans l’indifférence et le mutisme

Face aux pogroms

Du grand livre de la vie

Serais-je de ce monde  ?

NON !

.

CRISTIAN  ORTOLI – Pensées en mer , année 2007.

Pensees_en_mer

                                    

                                                                                                      

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