COMME UN POÈME  A SAGESSE 

 

Ce n'est pas à la Muse verte
qu'exalte la chevelure des vagues
ni aux  révélations de la tempête
mon exil
au ciel ivre
de visions 
et de terres lointaines
que j'accorde la consécration
l'aboutissement
de la voie
qui nous eût mûris

Mais à l'alme moisson
d'une alliance
au-delà des songes
auprès de mon âme
qui me fut essence des sens
instant de vérité
ultime parole
et je vis toujours     comme je vécus
la fulgurance
d'un adieu
la foi d'une rencontre

Aurions-nous été
si près
l'un de l'autre
de ce chant-océan
qui déjà nous distançait
Au silence du frisson
ton sourire
Sophie
Puis le visage habité
de la longue attente
à jamais
cela comme il tut
nos jeunes émois

Qui eût alors vaincu le doute
et ses maux d'amour
entés
si ce n'est le trouble gauche
tel un choeur qui se révèle
ivre de clarté
au souffle si doux
qui ranimait toutes les fois
l'issue d'une promesse
Ô sacrifice de nous
vain

Quelle sagesse
ô marin
à terre
quelle foi    promènes-tu    avec toi
L'illusion le délire
ce vertige s'évadent
de tes doigts lyriques
comme une pensée
au soleil éclot
rayonne
et pérégrine à la source
depuis l'océan

De toi de nous
de Lui
je nous ai rapprochés
tous les Trois
A nos bouches fébriles
qu'un soupir liait
d'entre ses boucles
de parfum
ne nous sommes-nous pas rejoints
embrassant une histoire
qui fait mal
aux mondes
et désespère d'espérer
le zéphyr messager

Et que ne t'aurais-je assez révélée là
l'onde magnifiée
de tout un regard
de ces mots si clairs
et si légers
qu'ils se passent de gestes
et se consument
tandis que le feu ne laisse de couver 
un coeur
de racines 

Quelle belle étreinte
que ce long baiser sans se toucher
par-delà la chair
en esprit
unitivement délivrait
deux êtres
destinés à s'être croisés
et qui se seraient manqués
autant qu'ils ne firent depuis
plus qu'Un
que le Tout
ultime et tangible entité

Livré que je demeure
à la petite mort
du sommeil  
je goûte longuement l'ombre de Morphée
au prélude de cette union onirique 
sans frein
où les menées du désir
s'effacent et laissent
sur l'azur
l'aura de l'unique  l'épure 
l'empreinte sapide
qui nous eût comblés
malgré toi
et qui à toujours  ici-bas  m'absenta de nous 

§ 

MARIN - A Sagesse, depuis la Folie, ma Muse - En toute première Écriture