«… Sois, ô poésie, mon riant asile,

                toi qui donnes le bonheur,

sois l’objet de mes tendres soins,

                le jardin où j’errerai doucement

                parmi mes fleurs toujours jeunes… »

 

§

                           

 HÖLDERLIN - Mon Domaine -

 Odes et Hymnes

 

souabe

 

***

  « C’est dans tes vallons que mon cœur s’est éveillé à la vie,

tes flots ont joué autour de moi,

et parmi les douces collines

qui te saluent au passage, ô voyageur, aucune ne m’est inconnue,

 

Sur leurs sommets, l’air du ciel, bien souvent,

a balayé le chagrin de ma servitude ; souvent, du fond de la vallée,

comme la vie pétille dans une coupe de joie,

j’ai vu s’exhaler l’esprit, montant de ton flot d’argent bleu.

 

Les sources des montagnes accouraient vers toi

et mon cœur avec elles, et tu nous emmenais

vers le Rhin paisible et majestueux,

vers ses villes et ses îles riantes. »

 

§ 

LE NECKAR – Poèmes de la Maturité, 1798-1800 –

Traduction /  Geneviève Bianquis